SUISSE - On est loin des centaines de morts des chantiers du XIXe siècle. Mais les chiffres restent brutaux. Un rapport publié aujourd'hui dira si les mesures adoptées en 2005 ont porté leurs fruits. Le nombre d'accidents mortels sur les chantiers diminue, mais il y a encore des progrès à faire.
La construction d'ouvrages monumentaux ne se paie pas seulement en espèces sonnantes et trébuchantes. Elle a aussi son prix en vies humaines. Même au XXIe siècle, la main-d'œuvre continue de payer son tribut aux chantiers pharaoniques. Ceux des NLFA (Nouvelles lignes ferroviaires alpines), au Lötschberg et au Gothard, ont déjà fait pas moins de onze victimes depuis 1998 - la dernière remontant à février 2005.
Les accidents sont souvent spectaculaires. Et ce n'est probablement pas fini, puisque le tunnel de base du Gothard ne sera pas inauguré avant 2015. Tout récemment encore, fin avril, un mineur italien s'est grièvement blessé à la tête en chutant.
En Suisse, entre quarante et cinquante personnes perdent chaque année la vie dans des accidents de chantier. Sans compter les décès dûs à des maladies professionnelles comme la silicose.
Certes, d'énormes progrès ont été faits depuis l'époque des percements des tunnels ferroviaires du Gothard et du Simplon, à la fin du XIXe siècle (lire encadré). Mais la fréquence des accidents sur les chantiers souterrains reste 25% supérieure à la moyenne des accidents dans le bâtiment.
Au début 2005, suite à plusieurs décès, le syndicat Unia avait interpellé la Délégation de surveillance du parlement pour les NLFA (DSN), exigeant des mesures afin de perfectionner la prévention et la protection de la santé des travailleurs. En 2002, une grève avait été menée pour améliorer la qualité de l'air et la température au Lötschberg.
La DSN a estimé que les systèmes de sécurité étaient en parfait état de fonctionnement, et souligné la fréquence des accidents moins importante aux NLFA que sur les autres chantiers de construction de tunnels. Des mesures étaient toutefois annoncées. Le rapport d'activité 2005 de la DSN, présenté aujourd'hui, doit tirer un premier bilan.
«Un mort sur un chantier, c'est toujours un mort de trop», déplore Anne Rubin, porte-parole d'Unia. Mais pour Martin Fehle, vice-directeur de la Société suisse des entrepreneurs (SSE), il faut relativiser: «Par rapport au nombre de morts sur la route, 50 victimes par an sur les chantiers, ce n'est rien.»

Ouvriers dans le tunnel de base du Gothard - En sept ans, les Nouvelles lignes ferroviaires alpines (NLFA) ont tué onze fois...
Enseveli sous les gravats
Au début de l'an dernier, deux ouvriers italiens sont écrasés par un wagon à Bodio, suite à un déraillement sur la voie parallèle. L'un d'eux était sur le point d'être père. Deux semaines plus tard, un mécanicien haut-valaisan est écrasé par une grue à Rarogne en Valais.
Les circonstances des accidents sur les NLFA sont à la mesure de ces chantiers: spectaculaires, brutales et parfois inhabituelles. Quant aux victimes, elles viennent des quatre coins du monde.
En 2004, un Autrichien est écrasé contre la paroi du tunnel du Lötschberg par une chargeuse sur pneus de 35 tonnes. En 2001, un Sud-Africain est enseveli sous des gravats au fond du puits d'accès du chantier du Gotthard à Sedrun.
Un an auparavant, au même endroit, un Allemand était tué net par la chute d'une perceuse de forage dans le puits, profond de 800 mètres, rappelons-le. Accident similaire, un autre mineur Sud-Africain est décédé assommé par la chute d'une barre de fer à Sedrun.
En guise de premier épisode de cette macabre série, l'Histoire retiendra sans doute le sort d'un Yougoslave avalé par une bétonneuse à Frutigen, en 1995 déjà.
Enseveli sous les gravats
Au début de l'an dernier, deux ouvriers italiens sont écrasés par un wagon à Bodio, suite à un déraillement sur la voie parallèle. L'un d'eux était sur le point d'être père. Deux semaines plus tard, un mécanicien haut-valaisan est écrasé par une grue à Rarogne en Valais.
Les circonstances des accidents sur les NLFA sont à la mesure de ces chantiers: spectaculaires, brutales et parfois inhabituelles. Quant aux victimes, elles viennent des quatre coins du monde.
En 2004, un Autrichien est écrasé contre la paroi du tunnel du Lötschberg par une chargeuse sur pneus de 35 tonnes. En 2001, un Sud-Africain est enseveli sous des gravats au fond du puits d'accès du chantier du Gotthard à Sedrun.
Un an auparavant, au même endroit, un Allemand était tué net par la chute d'une perceuse de forage dans le puits, profond de 800 mètres, rappelons-le. Accident similaire, un autre mineur Sud-Africain est décédé assommé par la chute d'une barre de fer à Sedrun.
En guise de premier épisode de cette macabre série, l'Histoire retiendra sans doute le sort d'un Yougoslave avalé par une bétonneuse à Frutigen, en 1995 déjà.
Une personne sur cinq accidentée
Syndicats et patrons considèrent que le partenariat pour la prévention dans le gros œuvre fonctionne bien. Le permis de grutier est désormais obligatoire dans toute la Suisse, de même que le port du casque. La politique de sécurité varie d'une boîte à l'autre. Les syndicats ne relâchent pas la pression et préparent de nouvelles revendications.
«Le nombre d'accidents de chantiers diminue, même s'il reste des progrès à faire», constate Roger Parvex, conseiller en sécurité à la Suva et secrétaire du Cercle genevois de prévention. Selon lui, la prise de conscience remonte au début des années 90. «Il y a vingt ans, une personne sur trois avait un accident par an. Aujourd'hui c'est une personne sur 5.
A Genève, où existe un système d'inspection des chantiers efficace, il y a entre 10% et 15% d'accidents en moins que sur le plan national.» Peut-on espérer arriver un jour à zéro mort sur les chantiers? «Bien sûr, il faut viser cet objectif, convient Roger Parvex. Mais on n'est jamais à l'abri d'une glissade ou d'une mauvaise chute…
Près de 200 décès en 1882
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Le percement du tunnel ferroviaire du Gothard (1872-1882) par l'ingénieur genevois Louis Favre a coûté la vie à près de 200 personnes. Louis Favre lui-même mourut «d'apoplexie» sur le chantier.
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Les travaux du tunnel du Simplon (1898-1905) ont fait 58 victimes.
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Quelque 15 ouvriers sont morts lors de la construction du barrage de la Grande-Dixence (1951-1962).
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En 1965, 88 ouvriers travaillant sur le barrage de Mattmark sont morts suite à l'effondrement d'un glacier.
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En 2004, en Suisse, sur 51 420 accidents dans le secteur de la construction, 50 ont été mortels.
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Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), il y a chaque année 270 millions d'accidents du travail dans le monde, dont 350 000 sont mortels.
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Les maladies professionnelles et les accidents du travail coûtent chaque année plus de mille milliards de dollars, soit l'équivalent de 4% de l'ensemble des PNB de tous les pays de la planète.
Une personne sur cinq accidentée
«Le nombre d'accidents de chantiers diminue, même s'il reste des progrès à faire», constate Roger Parvex, conseiller en sécurité à la Suva et secrétaire du Cercle genevois de prévention. Selon lui, la prise de conscience remonte au début des années 90. «Il y a vingt ans, une personne sur trois avait un accident par an. Aujourd'hui c'est une personne sur 5.
A Genève, où existe un système d'inspection des chantiers efficace, il y a entre 10% et 15% d'accidents en moins que sur le plan national.» Peut-on espérer arriver un jour à zéro mort sur les chantiers? «Bien sûr, il faut viser cet objectif, convient Roger Parvex. Mais on n'est jamais à l'abri d'une glissade ou d'une mauvaise chute…
Près de 200 décès en 1882
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Le percement du tunnel ferroviaire du Gothard (1872-1882) par l'ingénieur genevois Louis Favre a coûté la vie à près de 200 personnes. Louis Favre lui-même mourut «d'apoplexie» sur le chantier.
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Les travaux du tunnel du Simplon (1898-1905) ont fait 58 victimes.
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Quelque 15 ouvriers sont morts lors de la construction du barrage de la Grande-Dixence (1951-1962).
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En 1965, 88 ouvriers travaillant sur le barrage de Mattmark sont morts suite à l'effondrement d'un glacier.
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En 2004, en Suisse, sur 51 420 accidents dans le secteur de la construction, 50 ont été mortels.
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Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), il y a chaque année 270 millions d'accidents du travail dans le monde, dont 350 000 sont mortels.
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Les maladies professionnelles et les accidents du travail coûtent chaque année plus de mille milliards de dollars, soit l'équivalent de 4% de l'ensemble des PNB de tous les pays de la planète.
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du classement des infrastructures de transports terrestres du (décret n° 95-21 du 9 janvier 1995), 




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