Outre la France, leader mondial dans ce domaine, des pays comme l'Italie, le Japon, l'Espagne ou l'Allemagne exploitent des lignes ferroviaires à grande vitesse, parcourues à au moins 200km/h.
Les prémices de la grande vitesse sur rail remontent aux années 30, en Italie. Traditionnellement, les lignes y suivaient les fonds de vallée, pour ne pas devoir affronter de rampes (pentes) trop sévères. Le principal inconvénient de ce type de tracé est de comporter beaucoup de courbes serrées, qui sont autant d'obstacles à la vitesse.
Mises en service en 1934 (Milan-Bologne-Florence) et 1935 (Rome-Naples), les "direttissima" innovaient par un tracé plus direct, excluant passages à niveau et trafic fret local. Des rames automotrices électriques y circulaient à plus de 110km/h de moyenne, avec des pointes à 160km/h, vitesse extraordinaire pour l'époque. L'Italie compte aujourd'hui quelque 560km de lignes à grande vitesse, avec des sections à 300km/h entre Rome-Naples et Turin-Novara.
Les trains pendulaires, qui s'inclinent dans les courbes, ont permis d'atteindre 200 à 220km/h sur des voies existantes. Au-dessus de cette vitesse, la construction de lignes ou tronçons spéciaux est nécessaire.
La première ligne à grande vitesse totalement nouvelle a été construite au Japon, à l'occasion des Jeux Olympiques de 1964. Les premiers Shinkansen, circulant sur une voie au standard mondial (écartement des rails de 1,43m) incompatible avec le reste du réseau japonais (1,06m), roulaient en croisière à 210km/h entre Tokyo et Osaka, dans l'ouest du pays. C'était alors un record inégalé. Le réseau s'est depuis étoffé (2.304km), avec des parcours jusqu'à 300km/h.
En Europe, la première ligne à grande vitesse a été mise en service en 1981 entre Paris et Lyon (LGV Sud-Est). La dernière en date, la LGV Est-européenne (300km), mettra Paris à 2h20 de Strasbourg à partir du 10 juin prochain, avec des TGV circulant à 320km/h. Elle portera à 1.800km le total de lignes à grande vitesse en France.
L'Allemagne dispose de son côté de près de 1.300km de LGV. L'ICE (InterCityExpress), homologue allemand du TGV français, a lui aussi besoin de voies spécialement conçues pour atteindre sa vitesse maximale, mais peut utiliser, comme le TGV, des voies classiques à des vitesses moins élevées. Il diffère du TGV par sa conception: il est composé de voitures indépendantes attelées, et non pas en rame articulée. Les ICE-3 de dernière génération rouleront à 320km/h sur la LGV-Est, assurant des liaisons entre Francfort et Paris-Est.
L'Espagne développe également de façon substantielle son réseau, depuis la mise en service en 1992 de la ligne Madrid-Séville, avec des trains AVE dérivés du TGV Atlantique. Le réseau espagnol (300km/h) compte aujourd'hui quelque 1.043km.
En Grande-Bretagne, une ligne à grande vitesse (300km/h) relie le tunnel sous la Manche à Fawkham Junction, dans le Kent au sud-est de Londres, tandis qu'une section en construction permettra à partir de novembre 2007 de gagner vingt minutes sur le temps de parcours entre Paris et Londres (2h15, contre 2h35 actuellement). Des trains à propulsion diesel HST roulent par ailleurs depuis les années 70 à 200-220km/h sur certaines lignes du Royaume-Uni. Ils doivent être prochainement remplacés par du matériel à propulsion thermique moins polluant.
Le marché des trains à grande vitesse dans le monde est estimé à 1.000 rames dans les 15 prochaines années, avec de nouveaux débouchés possibles en Chine ou en Argentine. Alstom, constructeur du TGV français, a vendu 560 rames, dont 103 exportées en Espagne (AVE), Belgique, Grande-Bretagne et Pays-Bas (Thalys, Eurostar) et en Corée du Sud, pour la ligne Séoul-Pusan.

Le marché des trains à grande vitesse dans le monde est estimé à 1.000 rames dans les 15 prochaines années : Certains ne vont donc pas chômer ! "Et avec l'ICE, là, vous me mettrez également une douzaine de Duplex et 3-4 Eurostar..."