FRANCE - Cette fois, l'affaire est pliée : si les usagers de la SNCF avaient encore l'espoir d'un service normal pour ce 21 novembre, quatre des huit fédérations de cheminots (CGT, SUD Rail, FO, Fgaac) ont coupé court à ce rêve et annoncé mardi le dépôt d'un préavis de grève nationale reconductible à partir de lundi soir, après l'échec des réunions de concertation initiées depuis jeudi dernier par la direction de la SNCF. Ce conflit contre la "privatisation rampante" de l'entreprise ferroviaire sera donc le sixième conflit social depuis le début de l'année et débutera à partir de 20H00.
Dans leur préavis, la CGT, FO et SUD-Rail ont posé quinze revendications, dont la revalorisation des salaires et pensions et l'embauchage au statut de 1.000 cheminots supplémentaires. Les synbdicats demandententre autres "l'arrêt de la précarité" et réitèrent leur "refus de la notation au mérite".
Pour eux, la direction "façonne" un remodelage de l'entreprise SNCF à coups de réorganisations, restructurations, fusions et filialisations. Ils demandent que la SNCF reste "l'opérateur exclusif pour les trafics régionaux", conserve le monopole de l'entretien et de l'exploitation "de toutes les infrastructures ferroviaires" et "maintienne toutes les relations transversales et radiales".
De son côté, la Fgaac (agents de conduite) a déposé seule un préavis pour la même période et sur des critères spécifiques au métier de conducteur. L'Unsa, 3ème syndicat avec 14% de représentativité, refuse pour sa part de participer à ce mouvement notamment en raison du "contexte national" lié à cette situation d'exception, a indiqué à l'AFP son secrétaire général Eric Tourneboeuf.
La CFTC et la CFDT ont également refusé de se joindre à des syndicats qui ont dénoncé l'accord d'intéressement à la SNCF, rappellent-elles. "Que penser de l'impact d'un tel mouvement sur l'opinion publique, compte tenu du climat social dégradé et insécuritaire touchant ces derniers temps tout le pays ?", s'est interrogé la CFE-CGC.La perspective des élections professionnelles, en mars, attisent souvent les ardeurs revendicatives, ont rappelé certains.
La direction de la SNCF a indiqué qu'elle informera les usagers à partir de jeudi et communiquera son plan de transport vendredi.
Lors des précédents conflits de janvier, mars, juin et octobre, les grèves à l'appel de plusieurs syndicats (de 4 à 7) avaient mobilisé de 26% à 37% de cheminots, selon la direction. Dès la première menace de ce nouveau mouvement, cette dernière avait initié jeudi - pour la première fois -, une démarche de "concertation immédiate" avec tous les syndicats de cheminots.
Le président Louis Gallois, puis son ministre de tutelle, Dominique Perben (Transports) et le Premier ministre en personne, Dominique de Villepin, sont tour à tour montés au créneau pour démentir tout projet de privatisation. M. Gallois a tenté de rassurer les cheminots en indiquant porter le recrutement de 4.300 à 4.500 agents dans l'année et en avançant à janvier les négociations salariales... mais rien n'y a fait.
Soulignant qu'un conflit à la SNCF peut remettre en cause le déroulement du plan fret et casser la dynamique des voyageurs qui est actuellement remarquable, il a aussi tenté de lever les inquiétudes des 17.000 conducteurs en organisant une table ronde mardi. Il a promis de repartir à "la conquête du marché du fret dès 2006", s'affirmant désireux de maintenir le caractère intégré de la SNCF.
Mais les syndicats n'ont pas été convaincus et la réunion s'est soldée par un échec, a résumé le secrétaire général de la Fgaac William La Rocca. Refus du dialogue, sectarisme... c'est donc une fois de plus les usagers qui paieront l'intransigeance des syndicats...un grand merci à eux.

Commandement N°37 : A la SNCF un jour de grève, pour un pigeon, tu passeras...