FRANCE - C'est sans doute d'abord pour gagner du temps que Seco-Rail, filiale de l'entreprise Colas, grand spécialiste mondial de la construction de routes, a commencé à faire circuler ses propres trains de marchandises sur ses propres voies. La chose est possible depuis que la SNCF a perdu le monopole du transport de fret.
Entre les carrières de St-Varent, dans les Deux-Sèvres et Saumur circulent 22 wagons de granulats, c'est-à-dire 1360 tonnes de matériau à chaque voyage, autrement dit l'équivalent de 50 camions sur les routes. Ce granulat, extrait des nombreuses carrières du nord des Deux-Sèvres est destiné à la construction de routes dans l'Ile-de-France.
Néanmoins, on ne s'improvise pas "opérateur" ferroviaire sans une solide assise financière ! Ainsi, il faut construire les lignes, acheter les motrices et former les conducteurs. Actuellement chez Seco-Rail, 26 locomotives sont en cours de livraison et on va créer 30 emplois de conducteurs. Une affaire qui ne devrait pas trop dépayser dans la région de Thouars dont la vocation ferroviaire est fameuse.
Sur le montant des investissements le groupe reste discret, mais des experts estiment le montant à environ 60 millions d' €. L'entreprise y trouvera néanmoins sans doute son compte, tant en gain de temps qu'en prix de revient, car ces derniers temps, les tarifs SNCF auraient eu, dit-on, tendance à augmenter. Cette dernière, de son côté, fait contre mauvaise fortune bon cœur, car, a-t-elle remarqué, les "nouveaux entrants" ne se sont attaqués qu'à des marchés à faible valeur ajoutée.

Depuis que la SNCF n'a plus le monopole du trafic de marchandises, des entreprises se sont lancées dans l'aventure. L'investissement de départ est, semble-t-il, très lourd mais les entreprises entendent y trouver leur compte... Quant à la SNCF, elle fait contre mauvaise fortune bon cœur et remarque que jusqu'à présent les "nouveaux entrants" s'attaquent à des marchés à faible valeur ajoutée. Reste à savoir pour combien de temps...