SUISSE - Le président du conseil d'administration des CFF démissionne. Thierry Lalive d'Epinay a annoncé mardi son départ
pour la fin de l'année, après dix ans à la tête de l'ex-régie. Un règne marqué par le succès de Rail 2000 mais aussi les déficits de CFF Cargo.
M. Lalive d'Epinay aura été le premier président du conseil d'administration de la société CFF SA, créée dans le cadre de la réforme des chemins de fer de 1999. Au cours de ces neuf années, les
CFF ont augmenté leurs prestations en trafic voyageurs et marchandises en même temps que le nombre de leur collaborateurs diminuait, rappellent les CFF dans un communiqué.
L'un des grands dossiers de M. Lalive d'Epinay, qui aura 64 ans en décembre, a été la réalisation de Rail 2000 et dans ce cadre le passage réussi au nouvel horaire le 12 décembre 2004. Il a aussi
contribué à l'introduction du système de sécurité ETCS et à la modernisation du matériel roulant, soulignent les CFF. Le président démissionnaire, qui a annoncé ces dernières semaines sa
décision au Conseil fédéral, entend avant son départ encore contribuer "énergiquement" à assainir la caisse de pensions des CFF et à redresser CFF Cargo, deux dossiers qui grèvent toujours les
comptes des CFF.
Une affirmation qui fait bondir les syndicats. En annonçant son retrait quelques jours avant la publication des résultats de la "task force CFF Cargo", avec les suppressions et réorganisations
que cela implique, M. Lalive d'Epinay refuse d'en porter la responsabilité, critique le Syndicat du personnel des transports (SEV). Cette attitude du "après moi le déluge" est d'ailleurs une
marque de fabrique de sa présidence, ajoute le SEV.Et d'enfoncer le clou en affirmant que ni M. Lalive d'Epinay ni Benedikt Weibel et Daniel Nordmann, anciens patrons des CFF et de CFF Cargo,
n'ont réussi à positionner le trafic marchandises afin de lui garantir un développement durable. "Le personnel paie en revanche depuis des années le prix de ces défaillances", écrit le SEV dans
son communiqué.
Pour Bernhard Schmidt, responsable du secteur des transports publics au syndicat transfair, le président démissionnaire aura de la peine à trouver des solutions satisfaisantes pour la caisse de
pensions et CFF Cargo d'ici décembre. M. Lalive d'Epinay a toujours été un peu dans l'ombre de Benedikt Weibel et n'a pas vraiment réalisé de grandes choses, selon M. Schmidt.
Du côté du ministre de tutelle des CFF, Moritz Leuenberger, on remercie M. Lalive d'Epinay pour son travail accompli en faveur des CFF et du service public. Mais il a encore beaucoup de tâches
devant lui cette année, déclare le porte-parole du Département des transports en référence à la caisse de pensions et à CFF Cargo.
La succession de M. Lalive d'Epinay a été lancée. "En annonçant suffisamment tôt mon retrait, je veux laisser assez de temps pour la recherche d'un remplaçant approprié", déclare le Zurichois
dans le communiqué des CFF. Son successeur doit être nommé par le Conseil fédéral.
Le SEV demande en tout cas à ce que le gouvernement, par son choix, reconnaisse le rôle de service public des CFF, aussi bien dans le trafic voyageurs et marchandises que dans le domaine des
infrastructures. Pour transfair, le futur président devra mieux prendre en considération les partenaires sociaux et écouter leurs préoccupations.

Libérable : Thierry Lalive d'Epinay, le président du conseil d'administration des CFF, démissionne et a annoncé mardi son départ pour la fin de l'année. "Ben
ouais... je me casse des CFF; Mais avant de faire les cartons, je vais lancer une réforme pour assainir la caisse de pensions des CFF et une autre pour redresser CFF Cargo. ça va
faire un de ces foins..."






