Samedi 28 janvier 2006

 FRANCE - Réseau Ferré de France mettra en service, lundi 30 janvier 2006, le central sous-station Est France de Pagny-sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle). Sa mission sera de gérer et surveiller les installations électriques à haute tension alimentant les caténaires pour la traction des trains sur l’ensemble des lignes ferroviaires du grand Est de la France.

Cet équipement, installé dans un bâtiment neuf construit le long des voies ferrées à Pagny-sur-Moselle, supervisera à terme l'alimentation en électricité de 4 000 km de caténaires équipant les lignes électrifiées de l’Est, ainsi que la totalité de la ligne à grande vitesse Est européenne en cours de construction.

Le central sous-station de Pagny-sur-Moselle sera le plus important équipement de ce type en France, tant par le nombre de postes de traction électrique exploités (environ 260) que par l’ampleur de la zone géographique couverte. À l'intérieur de sa salle de commande de 300 m2, et face à un tableau de contrôle optique de 18 mètres de long sur 4 mètres de haut, 16 agents régulateurs de la SNCF, travaillant en 3/8, auront pour mission de gérer, surveiller et assurer en permanence le fonctionnement du système électrique fournissant l'énergie aux trains.

Après plus de six mois d'essais intenses réalisés par l'Établissement Équipement SNCF de Nancy/Bar-le-Duc, sous la maîtrise d’ouvrage de Réseau Ferré de France, le nouveau central sous-station remplacera à compter du 30 janvier prochain celui de Nancy datant des années 1960. A partir du printemps et jusqu’à la fin de l’année, il prendra progressivement en charge les installations de la LGV Est européenne pour les phases d’essai préalables à la mise en service commerciale de la ligne nouvelle. En juin 2006, il se substituera au central sous-station de Metz, et remplacera partiellement les centraux de Strasbourg en septembre 2006 et de Paris-Est en septembre 2007.

Réseau Ferré de France a investi 8 millions d'euros dans la construction et l'équipement du central sous-station Est France de Pagny-sur-Moselle pour les besoins des lignes classiques.

  

Mise en service  le lundi 30 janvier 2006 du central sous-station Est France de Pagny-sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle) -  le projet avance un peu plus chaque jour...

par RFF publié dans : REPORTAGE
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Lundi 23 janvier 2006

 FRANCE - Réseau Ferré de France aime les grenouilles vertes et leurs copines rousses...  Ni au beurre ni à l'échalote, mais heureuses comme des poissons dans l'eau. RFF aime aussi les crapauds sonneurs à ventre jaune et les salamandres tachetées (là... chacun son choix !), les tritons alpestres et leurs cousins palmés. RFF a donc décidé de les sauver. Non de la poêle, mais de la ligne ferroviaire à grande vitesse.

La LGV, dont les travaux doivent commencer au début de l'été, menace en effet ces sympathiques et préhistoriques petites bêtes. Elle coupe en plusieurs endroits les trajets rituels qu'elles effectuent au sortir de leur hibernation dans les sous-sols forestiers, pour rejoindre leur mare de naissance où elles convolent pour se perpétuer.

Les bureaux d'études spécialisés à qui RFF a demandé d'effectuer l'étude d'impact de l'enquête publique de la LGV « ont fait des repérages et des comptages, de jour comme de nuit, afin de répertorier les sites méritant d'être conservés », explique Anne Petit, responsable environnement à la direction régionale de RFF. Ces bureaux d'études ont « préconisé de nouvelles mares sur les axes de déplacements coupés ».

Afin de célébrer cette bonne nouvelle, RFF a invité la presse au lancement des travaux de la première mare au lieu-dit le ëCreux aux Grenouilles en forêt de Cubrial où deux mares doivent être réhabilitées. Sept nouvelles mares sont prévues sur le tronçon B (Voray-Saulnot) : trois à Rougemont, deux à Buthier et deux à Cubrial.

Les batraciens plongeront-ils dans la première mare croisée au cours de leur périple nuptial ? C'est ce qu'espère RFF qui doit respecter la protection dont ils bénéficient, le crapaud sonneur à ventre jaune étant par exemple couvert par une directive européenne. « On fera un comptage et un inventaire dans les années qui viennent pour voir si les mares sont utilisées », dit Anne Petit. Soulignant que RFF a tiré les leçons de ses précédents chantiers, elle se félicite que, là, on a agi « en amont des travaux ».

Valéry Mathey, conseiller municipal de Cubrial dont il préside l'association de chasse, en a volontiers pris acte, sans enthousiasme excessif. « Nous avions des inquiétudes pour l'eau, la faune, le bruit... Commencer par un réaménagement écologique est un bon signe, mais nous redoutons toujours le bruit ». Son collègue Pierre Guerrin est satisfait du passage à gibier au-dessus de la voie : « On a 240 ha de forêt, la LGV en prend 20... » Elle passera aussi sur un remblai atteignant 9 m par endroits, interdit aux amphibiens par un grillage...

 

Ce coup de projecteur sur les mares à grenouilles n'est pas loin d'être une opération de séduction de RFF. « Ces travaux environnementaux sont un point fort de communication », confirme Anne Petit.

"Ahhhhhhhhh le Bonheur d'être un batracien... faire trempette et ne rien foutre de sa journée, regarder les trains passer.... et bénéficier de la protection de RFF"

par L'Est Républicain publié dans : REPORTAGE
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Vendredi 20 janvier 2006

 FRANCE - Depuis deux ans, Josiane Baud dirige la région SNCF à Dijon (Côte d'Or, Saône-et-Loire, Haute-Saône, Jura et Doubs sauf Montbéliard). 7.000 cheminots y travaillent. Chaque jour, 25.000 voyageurs prennent le train à Dijon, 6.000 à Besançon. Josiane Baud a présenté ses voeux aux cheminots bisontins. Entretien :

 

- Il est beaucoup question d'insécurité dans les trains. Qu'en est-il en Franche-Comté et Bourgogne ?

- Pas d'incident grave en 2005. Mais nous avons dû gérer une situation difficile en septembre. Dans le cadre de la semaine des transports publics, le conseil régional de Bourgogne offrait des trajets à un euro. A ce tarif-là, ça n'a plus de sens, d'ailleurs nombre de voyageurs n'ont même pas acheté leurs billets. Une bande d'une quinzaine de jeunes de Chalons-sur-Saône a semé la pagaille dans un train, les gens avaient peur, l'ordre a été rétabli grâce à l'intervention de gendarmes et de policiers. Nous ne renouvellerons pas ce genre d'expérience. Avec le conseil régional de Franche-Comté, les tarifs promotionnels sont à 5 euros. Il n'est pas bon de descendre plus bas.

- Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'une police ferroviaire sur tout le territoire. Combien d'agents dans la région ?

- Il est trop tôt pour le dire. Ces agents viendront épauler notre propre service de sécurité, la surveillance générale, qui compte une quarantaine d'agents sur notre région SNCF. Mais il s'agit de cheminots, pas de policiers. Leur rôle est plutôt préventif, ils ne sont pas assermentés.

- Aux cheminots bisontins, vous avez parlé d'un bilan 2005 « extrêmement positif ». Plus précisément ?

- Eh bien notre région a reçu la note maximale de notre direction nationale en matière de sécurité de circulation. L'an dernier nous n'avons pas connu d'accidents. La meilleure note possible, c'est 1, la plus mauvaise, 6. En 2003, nous étions à 4. Et donc à 1 en 2005. Ce qui n'était jamais arrivé, à aucune région.

En ce qui concerne la régularité de nos trains, nous sommes meilleurs que la moyenne nationale, qui est honorable. Cette régularité est par exemple de 96 % sur les TER de Franche-Comté.

- Cette année verra le lancement du chantier du TGV Rhin-Rhône. Comment êtes-vous impliquée ?

- C'est RFF qui a la maîtrise d'ouvrage et construira la ligne. Mais Réseau ferré de France nous a confié l'exploitation de la base de travaux de Lure-Villersexel, qui servira en quelque sorte de QG au chantier. Nous gérons aussi le dossier des deux nouvelles gares à créer, à Meroux près de Belfort et Auxon près de Besançon. Nous préparons d'autres travaux importants : le poste d'aiguillage à grand rayon d'action de Dijon, le raccordement de Perrigny, en Côte-d'Or toujours, de façon à ce que les TGV puissent se diriger vers le Sud par les voies classiques en évitant le triage de Gevrey.

- Après les nombreuses grèves de 2005, comment percevez-vous le climat social ?

- Il nous faut passer d'une culture d'affrontement à une culture de compromis. Il me semble que celle-ci gagne du terrain. Nous avons connu 6 grèves nationales en 2005, c'est beaucoup. Mais l'autre fait marquant l'an dernier, c'est qu'elles ont été moins suivies. La dernière, en novembre, l'a été par environ 20 % des personnels dans notre région.

- Les voyageurs se plaignent toujours de ne pas être tenus au courant en cas d'incidents durant un trajet. Les comprenez-vous ?

- Oui, je suis tout à fait consciente que l'information est le domaine dans lequel nous avons le plus d'efforts à faire.

Josiane Baud ne veut plus des billets de train à un euro proposés (exceptionnellement) par le conseil régional de Bourgogne. Trop d’incidents.

par L'Est Républicain publié dans : REPORTAGE
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Mercredi 18 janvier 2006

 ALLEMAGNE - C'est l'un des plus gros chantiers d'Allemagne. Cela devait aussi être l'un des projets les plus emblématiques de la «république de Berlin». Un symbole de l'Allemagne réunifiée. Un projet capable de redonner à Berlin son statut de capitale de la Mitteleuropa. Il y a quinze ans, le mur de Berlin serpentait dans ce no man's land. En mai prochain, 1270 trains et 240 000 passagers s'arrêteront tous les jours dans ce qui sera la plus grande gare d'Europe.

De loin, la Lehrter Bahnhof, la nouvelle gare de Berlin qui doit entrer en fonction le 28 mai après dix ans de travaux, ressemble à un énorme serpent de verre. Il faut s'approcher de l'édifice pour prendre la mesure de son gigantisme. En hauteur, 321 mètres de voies aériennes réservées aux trains circulant entre l'est et l'ouest, Moscou-Paris et retour. En sous-sol, huit voies réparties sur 430 mètres desservent les destinations nord-sud, Copenhague-Rome. Sous la halle centrale, 54 escalators et 34 ascenseurs les relient les unes aux autres.

La Lehrter Bahnhof en travaux - elle a hérité son nom en souvenir de la gare qui assurait à cet endroit, avant guerre, la liaison Berlin-Lehrte, une bourgade située près de Hanovre et qui fut partiellement détruite par les bombardements en 1943, puis laissée à l'abandon en raison de sa proximité entre les zones est et ouest de Berlin. La nouvelle gare portera aussi le titre de «Hauptbahnhof», c'est-à-dire «gare centrale».

 

Evalué à 700 millions d'euros, le projet phare de l'après-réunification s'avère pourtant totalement démesuré. Annoncé comme la future «cathédrale du transport moderne», le bâtiment risque de faire autant d'effet sur le voyageur que le sous-sol de la gare RER des Halles, à Paris. Car en dix ans le rêve de grandeur s'est émietté, victime d'une crise économique sans précédent et du malaise de la société allemande, qui peine désormais à se projeter dans l'avenir. Prétextant que «la Deutsche Bahn a commandé une gare, et pas un monument», Hartmut Mehdorn, le PDG de la DB AG, a sérieusement amputé l'ouvrage. A tel point que l'architecte de la Lehrter Bahnhof, Meinhard von Gerkan, a fini par porter plainte devant le tribunal de Berlin pour «atteinte au droit de propriété intellectuelle». Un procès inédit dont la première manche, le 22 novembre dernier, a été ultramédiatisée. Les juges devront décider «au nom du peuple» si la SNCF allemande a outrepassé son rôle de maître d'ouvrage en procédant à ce que le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung a qualifié de «vandalisme architectural».

Mais le douloureux accouchement de la gare centrale de Berlin n'est pas une simple querelle d'ego. «Une gare n'est pas un simple bâtiment public, c'est une vitrine de la démocratie», s'emporte Meinhard von Gerkan. Ce grand monsieur à la crinière blanche, né en 1935 à Riga, orphelin à 11 ans, et fondateur de Gerkan, Marg & Partner (GMP), l'un des bureaux d'architectes les plus en vue d'Allemagne, ne prétend pas appartenir à la catégorie «artiste» comme un Frank O. Gehry. Il s'inscrit dans la plus pure tradition allemande du bâtisseur ingénieur, sur le modèle de Peter Behrens, qui construisit en 1904 une halle pour l'entreprise AEG, devenue un modèle pour le mouvement Bauhaus.

Hauptbahnhof - Lehrter Bahnhof

Une cathédrale de verre consacrée au transport moderne, et des dimensions à la hauteur de son  coût : vertigineuses !

Internationalement reconnu, von Gerkan a construit l'aéroport Tegel à Berlin et remodelé nombre de gares en Allemagne. Il avait a priori toutes les qualités requises pour s'entendre avec le patron de la Deutsche Bahn. Ingénieur dans l'âme, Hartmut Mehdorn a été chargé par Gerhard Schröder en 1999 d'assainir l'entreprise ferroviaire pour la mettre sur la voie du privé. Elu cette semaine «Berlinois le plus lamentable de l'année 2005», le bulldozer Mehdorn n'a aucune fibre esthétique. Il a brutalement décidé que le plafond de la gigantesque halle nord-sud de la nouvelle gare, une salle de 430 mètres supportée par de fins pilastres de 12 mètres de hauteur, devait être «plat, pratique et pas cher». Le plafond avait été conçu comme une voûte de cathédrale gothique, il ressemblera au toit d'une vulgaire station de métro.

Gerkan avait déjà mal digéré la précédente «amputation» de son projet : estimant que les travaux n'avançaient pas assez vite, et que la gare risquait de ne pas être terminée à temps pour le Mondial de foot, Hartmut Mehdorn a imposé à l'architecte de raccourcir de 110 mètres le toit de verre surplombant la halle aérienne, ce qui obligera les première classe des ICE (TGV allemands) à sortir de leur wagon sous la pluie. «Cette plaisanterie a coûté à la Deutsche Bahn 55 millions d'euros supplémentaires parce que le premier toit était déjà commandé et terminé, tempête l'architecte. La statique de l'ensemble étant totalement modifiée, il a fallu en recommander un autre.»

 

Hauptbahnhof - Lehrter Bahnhof

Coupe transversale de la future gare : En hauteur, 321 mètres de voies aériennes réservées aux trains circulant entre l'est et l'ouest, Moscou-Paris et retour. En sous-sol, huit voies réparties sur 430 mètres desservent les destinations nord-sud, Copenhague-Rome

C'est bien la preuve que «l'argent n'est pas un argument», estime le grand historien d'art Horst Bredekamp, auteur d'un article assassin sur le sujet. «C'est justement dans les périodes de grandes difficultés économiques qu'il faut le plus investir dans la culture». Horst Bredekamp voit dans la déconstruction de la gare centrale un très mauvais présage pour l'avenir de l'Allemagne. «Cela montre que le gouvernement et des grandes institutions comme la Deutsche Bahn ont abandonné toute volonté de s'inscrire dans l'histoire et de laisser des traces pour les générations futures.» Par leur action, poursuit-il, Gerhard Schröder et Hartmut Mehdorn ont participé à l'affaiblissement de la perception du «moi allemand». «Il y a des périodes où le poids du passé est plus fort que d'autres, précise l'historien. En ce moment, ce poids est tellement lourd qu'il entrave toute possibilité de se projeter dans l'avenir.»

 

L'automutilation de la Deutsche Bahn en est un exemple frappant. D'autant qu'elle s'inscrit dans une série d'épisodes qui tous démontrent à quel point la génération au pouvoir sous le gouvernement rouge-vert de Gerhard Schröder a raté les rendez-vous architecturaux qui auraient permis de donner au nouveau Berlin une image à la hauteur de ses ambitions. Parmi les autres architectes que les dirigeants de la nouvelle Allemagne ont déçus, Axel Schultes et Charlotte Frank, les concepteurs de la nouvelle chancellerie. La résidence du chancelier, surnommée la «machine à laver» par les Berlinois, se tient solitaire dans son champ alors que l'idée des deux bâtisseurs était d'ériger un forum des citoyens entre la chancellerie et la maison des députés, située en vis-à-vis, pour symboliser le dialogue entre l'exécutif et le législatif, mais aussi le rapprochement est-ouest. Ce dernier acte architectural a été interrompu à la dernière minute, privant l'ensemble de tout son sens. La coupole de verre du Reichstag, siège du Parlement unifié d'Allemagne, a failli connaître un sort identique. En 1992, les députés s'étaient prononcés contre sa construction parce qu'elle leur rappelait trop l'autoritarisme de l'ère impériale qui avait permis l'accession d'Hitler au pouvoir. Il a fallu que deux historiens de renom s'en mêlent pour que sir Norman Foster puisse construire son escargot de verre, reconnu aujourd'hui, aussi bien par les anciens citoyens ouest-allemands que par ceux de l'Est, comme le symbole le plus fort de l'enracinement de la démocratie en Allemagne.

Maximize!   Maximize!

10 ans de travaux, des structures gigantesques... et une mise en service annoncée pour le 28 mai prochain.

Le projet de la nouvelle gare, qui doit remplacer la vieille gare de Zoo devenue trop exiguë, a été entériné en 1993 sous Helmut Kohl, à une époque où l'économie était encore florissante. «Si c'était à refaire, nous serions beaucoup plus modeste», insistait Harmut Mehdorn en novembre. Il s'agissait alors de faire sortir de terre un nouveau quartier et de modifier la géographie de la ville. D'un seul coup, le centre de gravité aurait basculé de la Potsdamer Platz, totalement reconstruite dans les années 90, à l'Invalidenstrasse, au nord de la ville. Au milieu, le Tiergarten, le poumon vert de la capitale allemande, et surtout le quartier gouvernemental, implanté dans le coude de la rivière Spree.

Dans une autre ville, cette panoplie architecturale aurait peut-être suscité un boom économique. Mais pas à Berlin, capitale d'un pays fédéral, qui a construit toute son identité d'après guerre contre un centralisme jugé partiellement responsable des dérives du IIIe Reich. Si Berlin est devenu l'une des capitales culturelles les plus intéressantes d'Europe, elle n'a pas réussi à devenir une capitale économique. Siemens, dont le siège était avant guerre à Berlin, est resté à Munich. Aujourd'hui, la ville-Etat de Berlin, capitale de la Grande Allemagne, est au bord de la faillite, avec 60 milliards d'euros de dettes au compteur 2005. Habitué à vivre sous perfusion depuis l'époque où il n'était qu'un îlot au milieu de l'ex-RDA, Berlin a également trempé dans des affaires financières qui ont plombé ses comptes. Jadis si prospère, le reste du pays, confronté à la crise, ne lui est d'aucun secours. Les investisseurs ont donc abandonné, pour l'instant, l'idée de s'implanter autour de la nouvelle gare. Il y a déjà à Berlin assez de bureaux vides. Trop de magasins peu fréquentés. Suffisamment d'appartements. Beaucoup de nouveaux hôtels.

 

Maximize!

Une gare aux dimensions titanesques, mais également un projet partiellement amputé de certaines réalisations car trop chères et/ou trop démesurées  : Du coup, l'architecte tire la gueule et le patron de la DB en appelle à un certain réalisme...

Ainsi la gare centrale de Berlin ne sera-t-elle pas ce qu'elle aurait dû être : le symbole de cette nouvelle Europe démocratique dont les citoyens peuvent désormais circuler librement. Gerhard Schröder n'avait pas assez d'ascendant sur son chef de gare. Ou pas assez de conscience historique. Contrairement à Helmut Kohl, qui a donné le coup d'envoi du nouveau quartier gouvernemental, et entériné le monument pour les Juifs assassinés d'Europe, l'ancien chancelier n'aura, en sept années de règne, laissé aucune trace architecturale. Juste un gazoduc germano-russe, enfoui dans la mer du Nord. Au regard de l'histoire de l'Allemagne et de Berlin, c'est assez maigre.

par Libération.fr publié dans : REPORTAGE
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Mardi 17 janvier 2006

 BELGIQUE - A gauche du ceinturon, une paire de menottes. A droite, un pepperspray (diffuseur de poivre) sanglé dans un étui de cuir. A n'utiliser qu'en dernier recours, c'est-à-dire en cas de légitime défense. Depuis le 1erdécembre dernier, en vertu d'une mesure provisoire qui leur attribue certaines compétences, 80 agents de la SNCB (anciens officiers de police) faisant partie de Securail (service de sécurité interne à la société de chemin de fer belge) patrouillent dans les gares et les trains munis de ces moyens de contrainte. Aucun d'entre eux n'a encore dû dégainer le spray, ni utiliser les menottes. A terme, après avoir suivi la formation ad hoc, 240 collègues rejoindront Securail.

Chef du service de sécurité de la SNCB, Hendrik Vanderkimpen explique que la centrale a enregistré, en 2005, 30000 appels du personnel pour signaler un incident: refus de payer ou de s'identifier, agression verbale, vandalisme, accident, trafic de drogue, acte violent... Pour les neuf premiers mois de l'année, on a, par exemple, répertorié 141 agressions physiques sur agents, explique-t-il.

Les problèmes se produisent le plus souvent dans les gares ou à leurs abords immédiats, plus rarement dans un train en marche. Le cas échéant, ce sont les grandes lignes (de Bruxelles vers Anvers, Charleroi, Liège...) qui cristallisent les incidents, et singulièrement le tronçon Bruxelles / Nivelles. «Les gares sont devenues des complexes très importants où d'autres activités que le transport de voyageurs se développent. Nous intervenons le plus rapidement possible», enchaîne le commissaire divisionnaire Pierre Jacobs, patron de la police fédérale des chemins de fer. Soit dans les cinq minutes qui suivent l'appel dans les 10 gares qui comptent un commissariat.

"La police reste la première compétente pour assurer la sécurité", rappelle le ministre VLD de l'Intérieur, Patrick Dewael. Mais on ne peut pas mettre des policiers dans chaque train. D'où l'idée de créer un cadre légal pour les services de sécurité propres aux diverses sociétés de transport en commun.

Vendredi dernier, le gouvernement fédéral approuvait un arrêté royal confirmant les compétences attribuées provisoirement à Securail et les étendant aux autres sociétés de transport public. Les agents reçoivent ainsi la possibilité de retenir les malfaiteurs et d'immobiliser les violents en attendant l'arrivée de la police dans un délai maximum de 30 minutes.

Intéressée, la STIB (transports publics bruxellois) prévoit de créer un tel service dès l'automne prochain, au départ de son service Sûreté et contrôle. Les Tec (en Wallonie) et «De Lijn» (en Flandre) n'ont pas encore marqué leur intérêt, indiquait lundi le ministre Dewael.

Les services de sécurité des sociétés de transport remplissent en premier lieu une fonction de prévention, insiste le ministre. Ils ne peuvent utiliser le spray et les menottes qu'en situation de légitime défense et en cas de violence.

Il y aura un contrôle approfondi sur l'emploi de ces mesures de contrainte, indique encore le ministre de l'Intérieur. Pour le secrétaire d'Etat aux Entreprises publiques, Bruno Tuybens (SP.A), la seule présence des agents Securail, qui ont un uniforme distinct, contribue au sentiment de sécurité des passagers et du personnel de la SNCB.

Les sociétés de transport public disposent désormais d'un cadre légal pour créer un service de sécurité en Belgique. A la SNCB, 80 agents Securail sont déjà en service.

par La Libre Belgique publié dans : REPORTAGE
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Mardi 17 janvier 2006

 FRANCE - A 07H51 ce lundi, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a pris place à  Toulon dans le TER 17430, pour lancer sa police ferroviaire depuis ce train, théâtre le 1er janvier d'incidents qui avaient suscité une vive émotion en France.

Les 2.450 policiers et gendarmes qui la composeront, ne seront "pas sur les quais, mais dans les trains, au plus proche des usagers", a expliqué le ministre de l'intérieur, en présence du président de la SNCF Louis Gallois.

Après les agressions de voyageurs par des jeunes de retour du réveillon, Nicolas Sarkozy avait annoncé la généralisation de cette police, qui existe déjà  en Ile-de-France et dans les agglomérations lilloise, lyonnaise et marseillaise. "Ces agressions ont choqué les Français parce que les transports en commun, c'est la vie quotidienne. Et le rôle d'un ministre de l'Intérieur, c'est de s'occuper de la vie quotidienne", a-t-il affirmé devant des usagers surpris de le voir débarquer dans leur train.

Sur les 200 à  250 patrouilles quotidiennes prévues, il y en aura "une quarantaine dans votre région", leur promet-il.

- "Très difficile ce train. Très difficile à  cette heure-ci. Le soir à  22H00, pareil", souffle une femme.

- "Je viens justement pour ça", répond le ministre qui s'enquiert auprès d'une autre, sur le quai bondé de la gare Saint-Charles à  Marseille: "Vous n'avez pas de craintes dans ce train?". "Aujourd'hui ça va", répond-elle, mi-figue mi-raisin.

"Vers les 21H00, il n'y a pas beaucoup de monde, et les jeunes, ils passent. Si vous vous endormez et ben le sac, pfuitt...", lui raconte un quinquagénaire. Et les services de sécurité? "On les voit jamais".

- "Franchement, je vous assure que vous allez les voir. Il faut que les voyous sachent qu'il y a un risque. Parce que le problème, c'est qu'ils pensaient qu'il n'y avait pas de risque", répond le ministre.

Tandis qu'un couple se plaint -- "C'est à  ce moment-là  (le 1er janvier) qu'il fallait renforcer. Pas maintenant" --, un homme s'en prend à  la SNCF: "Je ne suis jamais contrôlé. Si les contrôleurs faisaient leur travail, il y aurait moins de gens à  monter foutre le bordel".

Aux yeux d'un ministre déjà en campagne pour les présidentielles, l'extension de cette police permettra de renforcer la "lutte contre l'immigration irrégulière": sur un millier de contrôles depuis le début de l'année dans les trains près de Marseille, 57 ont révélé des infractions dont plusieurs "défauts de visas".

Tandis qu'à  Toulon, des cheminots CGT s'étaient poliment plaints de la "désertification des gares" en raison des suppressions de personnels et du "manque de coordination", le comité d'accueil syndical est plus vindicatif à  Saint-Charles, couvrant de ses huées les "Sarkozy! Sarkozy!" des fans du ministre.

"700 créations de poste", sur les 2.450, "ce n'est pas rien", répond le ministre qui confirme qu'il va accroître les pouvoirs judiciaires de la Sûreté générale (Suge) de la SNCF.

Michel Felkay, ancien patron de la police des transports d'Ile-de-France, pilotera, au sein de la police aux frontières (Paf), le dispositif qui devrait être pleinement opérationnel dans quelques mois, le temps de régler notamment les questions de zones de compétence.

"Je souhaite que chacun puisse se dire quand lui ou un membre de sa famille prend le train, qu'il le fait en toute sécurité", explique Nicolas Sarkozy, également "très tenté par un essai de vidéosurveillance à  l'intérieur d'un train d'une ligne exposée à  la violence"

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Des agents de la police ferroviaire de la SNCF surveillent le départ d'un train régional, le 16 janvier 2006 en gare Saint-Charles de Marseille - "Reste calme, Rex, le petit nerveux, là, c'est mon patron"

par AFP / Eric publié dans : REPORTAGE
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Lundi 9 janvier 2006

 FRANCE - Dingue : et si la CGT, Sud, FO et l’Unsa avaient raison ? Et si, comme ces syndicats l’affirmaient avant leur grève avortée du 22 novembre, la privatisation « rampait » bel et bien à la SNCF ? Bien sûr, pas une privatisation « pour de vrai », avec ouverture du capital : la dette (7 milliards d’euros en propre, 8,5 milliards à la charge de l’Etat) ne le permettrait pas ! Le 21 novembre, interrogé sur le sujet, Louis Gallois avait d’ailleurs exhorté les syndicats à « arrêter de se faire peur avec des épouvantails à moineaux » sur ce ton énervé qui sied aux rumeurs idiotes.

Il y a pourtant de la rumba dans le paysage ferroviaire. Ou plutôt une valse à trois temps : le 5 décembre, les ministres des Transports des Vingt-Cinq ont validé l’ouverture du trafic voyageurs à la concurrence en 2010. A plus court terme, au 1er avril, le monopole de la SNCF dans le trafic marchandises volera en éclats.

Le Parlement français, lui, vient d’autoriser des opérateurs privés à financer les voies ferrées. Une épée de Damoclès plus deux banderilles : cela fait beaucoup pour un monopole de plus en plus assiégé.

22 décembre 2005 : Au terme d’un processus législatif rabougri par la procédure d’urgence, le Parlement adopte la loi sécurité et développement des transports. Trois jours avant Noël, le vote passe inaperçu. Et pourtant… Réseau ferré de France, qui avait le monopole de la maîtrise d’ouvrage sur les infrastructures, peut désormais faire appel à des sociétés privées pour financer les voies, via des partenariats public-privé (PPP). En clair, la voie est libre pour les grands du BTP désireux de concevoir, de réaliser ou d’exploiter une ligne : autant de milliards de moins à débourser pour RFF, qui doit gérer les dettes du réseau TGV (25,5 milliards d’euros), mais aussi financer la régénération des voies et les nouvelles liaisons. « Nous allons bien sûr utiliser les PPP , confirme Jean-Louis Rohou, secrétaire général de RFF. Cette procédure responsabilise l’opérateur : s’il construit un truc en carton-pâte, il devra ensuite en assurer la maintenance. » Service public oblige, la SNCF, elle, continuera d’assurer la gestion du trafic et la sécurité. Mais le TGV Rhin-Rhône, le contournement Nîmes-Montpellier ainsi que la ligne à grande vitesse Aquitaine devraient être réalisés en PPP. Une aubaine pour la SNCF, soucieuse de couvrir la France de liaisons à grande vitesse, quatre ans avant la fin de son monopole sur le trafic voyageurs.

En novembre, ce recours aux PPP était un des chevaux de bataille des syndicats. Pour leur donner des gages, la direction de la SNCF avait alors juré qu’ils seraient réservés aux nouvelles infrastructures. Sauf que la version finale de la loi ne mentionne plus cette restriction. Quelques mois à peine après la publication d’un rapport accablant, commandé par RFF et la SNCF, et qui pointait l’état déplorable des 33 000 kilomètres de voies ferrées, voilà qui tombe à pic ! Selon ce document, la remise en état du réseau nécessiterait 15 milliards d’euros sur dix ans. Or, pour l’instant, la SNCF n’a pas l’intention de payer, RFF est exsangue. Et l’Etat vient royalement d’accorder… 70 petits millions d’euros en urgence ! Juridiquement, rien n’empêche désormais que des travaux de régénération du réseau soient effectués par des sociétés privées. « C’est vrai que la loi est ambiguë , reconnaît Eric Beaudonnet, directeur adjoint de la stratégie à la SNCF. Mais ce texte a été fait pour financer les nouvelles infrastructures. Après, ce que va faire l’Etat, ce n’est pas à la SNCF de le décider. » « On risque de privatiser l’infrastructure , s’alarme Claude Jehan, secrétaire général de FO. En Grande-Bretagne, ça a échoué : l’Etat a dû renationaliser les voies ferrées tant le réseau était mal entretenu ! »

Pour l’heure, une autre révolution est déjà en marche : au 1er avril, le trafic marchandises sera libéralisé. Or le fret reste le grand éclopé de la SNCF. En 2004, l’Union européenne avait autorisé une recapitalisation de 1,5 milliard d’euros, à condition que le fret entame un plan d’économies à la hache. Pourtant, à moins de quatre mois du grand saut dans la concurrence, l’activité a certes réduit ses pertes, mais son déficit atteignait toujours 248 millions d’euros à la fin de l’année dernière. D’autant qu’en se recentrant sur les gros trafics « la SNCF a viré pas mal de clients » , estime un syndicaliste. Depuis, ces chargeurs se sont tournés vers le transport routier… mais pourraient bientôt céder aux sirènes de Veolia Transport (l’ex-Connex assure, depuis juin 2005, une liaison entre Dugny et Sorcy, dans la Meuse), ou d’Euro Cargo, filiale d’EWS, le champion du fret outre-Manche, qui va faire rouler dans quelques jours ses premiers trains autour de Calais (dans le Pas-de-Calais). « Le but, c’est d’aller sur les trafics que la SNCF a délaissés, notamment les liaisons avec certains ports » , confirme-t-on chez Euro Cargo.

Ce changement d’environnement, la SNCF l’a anticipé. Via ses filiales (SNCF International, Systra) ou sa participation dans Keolis (numéro un français du transport public, bien implanté en Europe), elle est très efficace à l’étranger. Comme un groupe classique, elle s’est structurée en activités. Filialisation et pilotage par activité : un cocktail détonant pour les syndicats, qui craignent une vente par appartement et, à terme, un démantèlement.

Déjà, la SNCF accentue la concurrence entre les branches et les filiales pour booster la productivité interne. Devenu le premier site d’e-commerce français, Voyages-sncf.com phagocyte à la vitesse grand V la vente physique de billets. Or cette filiale n’emploie que quelques cheminots – qui bénéficient d’un statut plus avantageux –, les autres étant salariés de droit privé. Idem pour VFLI, une filiale de fret dont les salariés ne sont pas cheminots : aujourd’hui, ils tractent des trains de travaux sur le réseau secondaire, mais pourraient bientôt être utilisés pour tracter des wagons isolés. Et, selon nos informations, la SNCF pourrait prochainement annoncer la naissance d’une filiale d’ingénierie pour être capable de se porter candidate à des PPP. « On réfléchit » , confirme-t-on prudemment au siège de l’entreprise. Des filiales dans la maintenance ne sont pas non plus à exclure. La SNCF n’est certes pas encore privée, mais elle n’a plus tout à fait les atours d’une entreprise publique.

Financement des voies, trafics fret et voyageurs… Le ferré français s’ouvre lentement, mais sûrement, au privé. La SNCF se prépare...

par Challenges publié dans : REPORTAGE
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