FRANCE - Depuis deux ans, Josiane Baud dirige la région SNCF à Dijon (Côte d'Or, Saône-et-Loire, Haute-Saône, Jura et Doubs sauf Montbéliard). 7.000 cheminots y travaillent. Chaque jour, 25.000 voyageurs prennent le train à Dijon, 6.000 à Besançon. Josiane Baud a présenté ses voeux aux cheminots bisontins. Entretien :
- Il est beaucoup question d'insécurité dans les trains. Qu'en est-il en Franche-Comté et Bourgogne ?
- Pas d'incident grave en 2005. Mais nous avons dû gérer une situation difficile en septembre. Dans le cadre de la semaine des transports publics, le conseil régional de Bourgogne offrait des trajets à un euro. A ce tarif-là, ça n'a plus de sens, d'ailleurs nombre de voyageurs n'ont même pas acheté leurs billets. Une bande d'une quinzaine de jeunes de Chalons-sur-Saône a semé la pagaille dans un train, les gens avaient peur, l'ordre a été rétabli grâce à l'intervention de gendarmes et de policiers. Nous ne renouvellerons pas ce genre d'expérience. Avec le conseil régional de Franche-Comté, les tarifs promotionnels sont à 5 euros. Il n'est pas bon de descendre plus bas.
- Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'une police ferroviaire sur tout le territoire. Combien d'agents dans la région ?
- Il est trop tôt pour le dire. Ces agents viendront épauler notre propre service de sécurité, la surveillance générale, qui compte une quarantaine d'agents sur notre région SNCF. Mais il s'agit de cheminots, pas de policiers. Leur rôle est plutôt préventif, ils ne sont pas assermentés.
- Aux cheminots bisontins, vous avez parlé d'un bilan 2005 « extrêmement positif ». Plus précisément ?
- Eh bien notre région a reçu la note maximale de notre direction nationale en matière de sécurité de circulation. L'an dernier nous n'avons pas connu d'accidents. La meilleure note possible, c'est 1, la plus mauvaise, 6. En 2003, nous étions à 4. Et donc à 1 en 2005. Ce qui n'était jamais arrivé, à aucune région.
En ce qui concerne la régularité de nos trains, nous sommes meilleurs que la moyenne nationale, qui est honorable. Cette régularité est par exemple de 96 % sur les TER de Franche-Comté.
- Cette année verra le lancement du chantier du TGV Rhin-Rhône. Comment êtes-vous impliquée ?
- C'est RFF qui a la maîtrise d'ouvrage et construira la ligne. Mais Réseau ferré de France nous a confié l'exploitation de la base de travaux de Lure-Villersexel, qui servira en quelque sorte de QG au chantier. Nous gérons aussi le dossier des deux nouvelles gares à créer, à Meroux près de Belfort et Auxon près de Besançon. Nous préparons d'autres travaux importants : le poste d'aiguillage à grand rayon d'action de Dijon, le raccordement de Perrigny, en Côte-d'Or toujours, de façon à ce que les TGV puissent se diriger vers le Sud par les voies classiques en évitant le triage de Gevrey.
- Après les nombreuses grèves de 2005, comment percevez-vous le climat social ?
- Il nous faut passer d'une culture d'affrontement à une culture de compromis. Il me semble que celle-ci gagne du terrain. Nous avons connu 6 grèves nationales en 2005, c'est beaucoup. Mais l'autre fait marquant l'an dernier, c'est qu'elles ont été moins suivies. La dernière, en novembre, l'a été par environ 20 % des personnels dans notre région.
- Les voyageurs se plaignent toujours de ne pas être tenus au courant en cas d'incidents durant un trajet. Les comprenez-vous ?
- Oui, je suis tout à fait consciente que l'information est le domaine dans lequel nous avons le plus d'efforts à faire.

Josiane Baud ne veut plus des billets de train à un euro proposés (exceptionnellement) par le conseil régional de Bourgogne. Trop d’incidents.