SUISSE - On a beaucoup parlé des difficultés géologiques et des dépassements de coûts. Mais le principal obstacle au bon fonctionnement de Rail 2000 et des Nouvelles lignes ferroviaires alpines (NLFA) est ailleurs: il se nomme ETCS.
ETCS comme European Train Control System. Développé par Alstom, ce dispositif numérique de contrôle des convois et du réseau (voir infographie) doit permettre de faire circuler des trains à 200 km/h en Suisse, et cela à deux minutes d'intervalle. Rien que ça ! Pour que ce rêve ferroviaire devienne réalité, il faut cependant remplir une condition essentielle : il faut que l'ETCS fonctionne, et là, il y a encore quelques incertitudes à lever.
Il n'est pas question de lâcher des bolides de fer sur l'ensemble du réseau. Ce n'est pas demain qu'un Intercity traversera la gare de Lausanne ou circulera entre Genève et Lausanne à cette vitesse. Les pointes à 200 km/h sont réservées aux nouveaux tronçons construits sur le réseau suisse. Il s'agit surtout de l'axe Berne-Olten, plus précisément des 45 nouveaux kilomètres quasi rectilignes, dont 15 en tunnel, aménagés en site protégé entre Mattstetten et Rothrist. Les futurs tunnels du Lötschberg, du Gothard et du Monte Ceneri seront aussi équipés de cette nouvelle technologie.
Le reste du réseau sera progressivement muni d'un système ETCS moins perfectionné. Celui-ci continuera de s'appuyer sur les signalisations posées le long des voies. L'ensemble du réseau devrait être équipé de ce système simplifié d'ici à 2015.
Les CFF ont fait le point jeudi à Olten sur l'avancement des travaux. A ce jour, mais de nuit, environ 2700 tests ont été effectués depuis juillet 2005 entre Mattstetten et Rothrist. Selon Arnold Trümpi, responsable du projet aux CFF, ces essais ont démontré la fiabilité du système, mais aussi la nécessité de procéder à des améliorations. Les conditions météorologiques (gel, neige, pluie) ont ainsi une influence sur la transmission des données aux locomotives.
Une nouvelle série de tests est prévue tout au long de l'année. D'abord à 160 km/h, vitesse maximale autorisée aujourd'hui. Puis, dès juin, date à laquelle l'Office fédérale des transports (OFT) devrait donner son feu vert, à 200 km/h, et cela toujours de nuit.
Si les essais sont concluants, le système ETCS complet sera mis en service pour tous les trains circulant entre Berne et Olten dès décembre 2006. Ce n'est cependant qu'au changement d'horaire suivant, prévu pour le 9 décembre 2007, que les rames Intercity circuleront à 200 km/h. Ce qui réduira d'une poignée de minutes le temps de parcours entre Berne et Zurich ou Bâle. «Nous avons décidé de procéder en deux temps: d'abord mettre l'ETCS en service, puis, un an plus tard, passer aux 200 km/h. Nous n'avons pas voulu additionner les risques», explique Hansjörg Hess, directeur de la division Infrastructures des CFF. Et si ça ne marche pas? «Le système de signalisation installé le long des voies peut être remis en service en tout temps», précise-t-il.
Voilà précisément le point sensible. Si, d'aventure, l'ETCS devait révéler des lacunes, les trains pourraient continuer de circuler entre Berne et Olten comme aujourd'hui, avec l'ancien système de contrôle, entre Berne et Olten. Mais ce ne sera pas possible au Lötschberg, où il n'est toutefois pas prévu de circuler à 200 km/h.
A sa mise en service, à fin 2007, le nouveau tunnel berno-valaisan sera complètement géré par l'ETCS intégral. Il n'y aura pas de signalisation de secours, sauf au portail nord et au portail sud. En cas de panne, un seul convoi sera admis dans la galerie à la fois.
Voilà qui n'est pas sans inquiéter Mathias Tromp, directeur de la compagnie BLS, exploitante du Lötschberg. «Nous jugeons aujourd'hui de manière critique la mise à disposition et la fiabilité du système ETCS. Nous sommes cependant confiants et espérons que le Lötschberg pourra être équipé à temps de ce système avec un niveau élevé de sécurité et de fiabilité», fait-il savoir.
Comme les CFF, la compagnie BLS compte aussi faire une série de tests. Si sa mise en service n'est prévue que le 9 décembre 2007, le tunnel du Lötschberg sera inauguré le 15 juin 2007. Durant les six mois qui séparent ces deux dates, «nous comptons faire jusqu'à 10000 courses tests. Il s'agira surtout de vérifier l'interopérabilité entre le réseau et le matériel roulant», annonce Eduard Wymann, responsable du projet au BLS.
Et si ça ne marche pas? «On n'atteindrait qu'un tiers de la capacité prévue, aussi bien pour le trafic marchandises que pour le trafic voyageurs. Mais nous faisons tout pour que le système soit prêt pour l'ouverture du Lötschberg», assure Hansjörg Hess.
En d'autres termes, l'ETCS est la clé de voûte de l'efficacité de Rail 2000 et des NLFA, rêve ferroviaire dans lesquels on a tout de même décidé d'investir près de 30 milliards de francs. L'enjeu est suffisamment important pour que la Délégation parlementaire de surveillance des NLFA suive l'affaire de près.
Avec le système ETCS, il sera possible de faire circuler des rames Intercity à 200 km/h entre Berne et Zurich. C'est aussi la clé de voûte du futur tunnel du Lötschberg. Mais de nombreux tests devront encore être effectués...


ROYAUME-UNI - Le 1er avril (et c'était pas un poisson), le rôle d’autorité organisatrice pour la « franchise » Wales & Borders, qui regroupe les dessertes ferroviaires voyageurs du pays de Galles (plus une ligne anglaise longeant la frontière galloise et reliant entre elles ces dessertes), a été transféré du ministère des Transports britannique (DfT) à l’Assemblée nationale galloise. 


