SUISSE - D'ici 2015, les CFF et Atel veulent construire une nouvelle centrale hydroélectrique sur le site d'Emosson à Finhaut (VS). Devisée à près de 700 millions de francs, cette usine de pompage-turbinage doit permettre d'augmenter la production de courant aux heures de pointe. Baptisée «Nant de Drance», elle aura une puissance de turbinage de 600 mégawatts et produira 1.500 millions de kWh par année.
Jusqu'à présent, la retenue du Vieux Emosson ne servait que de réserve d'eau; l'eau n'est actuellement relâchée dans la retenue d'Emosson qu'au début de la période d'hiver», a relevé Jörg Aeberhard, responsable de la production hydraulique d'Atel. Le projet prévoit de loger la centrale dans une caverne à 1.800 mètres d'altitude entre les deux retenues. Elle doit produire de l'électricité aux heures de forte consommation en utilisant l'eau du Vieux Emosson. Aux heures de faible consommation, notamment le week-end et la nuit, elle pompera l'eau du barrage inférieur pour la reverser dans le Vieux Emosson, 300 mètres plus haut.
»A l'exception du dépôt de la roche d'excavation et des installations de chantier, ces installations souterraines ne laisseront pratiquement aucune trace dans l'environnement», a souligné Jörg Aeberhard. L'eau utilisée est issue de la seule commune de Finhaut à la frontière française, entre Martigny et Chamonix. Il s'agit d'un projet entièrement suisse. Le site d'Emosson convient particulièrement bien car la distance entre les deux retenues est faible pour une hauteur importante.
»L'extension permanente du réseau ferroviaire suisse - je pense ici aux nouvelles transversales alpines, à l'amélioration des liaisons avec le réseau européen à grande vitesse ou à la deuxième étape de Rail 2000 - va permettre d'étoffer considérablement l'offre des CFF en matière de trafic grandes lignes, de trafic régional et de trafic marchandises», a expliqué Jon Riatsch, responsable de CFF Energie. Les besoins en électricité des CFF vont ainsi augmenter de 25% au cours des 20 prochaines années et il s'agit aujourd'hui de prendre des mesures pour y répondre.
»L'arc alpin est en réalité peu utilisé pour la mise à disposition d'énergie électrique par pompage en Suisse et en Europe», a observé Jörg Aeberhard. La Suisse peut compter à l'heure actuelle sur un potentiel de près de 300 megawatts installés en stations de transfert d'énergie par pompage, tandis que les barrages disposent encore de 1.200 megawatts de capacité de pompage supplémentaires, essentiellement utilisée pour des besoins de collecte des eaux. C'est peu face à la variation de production dans la journée, qui peut atteindre 5.000 mégawatts, alors qu'en Allemagne, la production d'énergie éolienne peut varier de 15.000 mégawatts en quelques heures.
Les CFF et Atel ont constitué un consortium pour la réalisation de ce projet. Les premiers y participent pour 40%, le second pour 60%. Le projet prévoit la construction de deux puits blindés d'un diamètre de 6,50 mètres. Chacun pourra canaliser un débit de 120 mètres cubes par seconde, équivalent au débit de l'Aar à Berne.

Bientôt une nouvelle centrale hydroélectrique pour les chemins de fer helvêtes sur le site d'Emosson en Suisse ?