FRANCE - Le gestionnaire du réseau ferré de France, RFF, annonce avoir ramené sa perte nette à 118 millions d'euros au premier semestre contre 332 millions un an plus tôt (!) grâce à l'application de nouvelles normes comptables qui ont permis une baisse sensible de sa charge d'amortissement.
Pour les mêmes raisons, l'entreprise est parvenue à dégager un résultat d'exploitation positif de 126 millions d'euros contre une perte de 83 millions au premier semestre 2004 et ce, malgré une légère baisse (de huit millions d'euros) de ses produits d'exploitation.
La charge d'amortissement de RFF a diminué de 221 millions d'euros grâce à l'application de la norme comptable CRC 2002-10 qui oblige RFF à inscrire les actifs n'ayant pas (ou peu) bénéficié de subventions à son bilan à leur juste valeur. Il s'agit pour la quasi-totalité d'actifs hérités de la SNCF par RFF avant sa création en 1997.
Au bout du compte, précise RFF dans un communiqué, les actifs nécessaires à l'activité de gestionnaire d'infrastructures ont été valorisés 12,7 milliards d'euros sur la base des flux de trésorerie futurs attendus de leur exploitation, soit un montant inférieur de 8,8 milliards à celui qui était inscrit dans les comptes du groupe.
Les capitaux propres ont donc été diminués d'autant, avec pour conséquence d'une part une baisse de la base de la charge d'amortissement, ce qui devrait profiter aux résultats futurs, précise RFF, et de l'autre l'affichage de fonds propres négatifs.
De -6,0 milliards d'euros au 1er janvier, ceux-ci sont passés à -5,2 milliards au 30 juin.
RFF anticipe une reconstitution progressive de ces fonds propres, grâce d'une part aux résultats et de l'autre aux subventions d'investissements dont il bénéficie chaque année.
S'agissant de ses revenus, RFF indique que le surplus de chiffre d'affaires attendu de la hausse des péages a été inférieur aux prévisions (23 millions contre 57 millions d'euros attendu), ce qui fait qu'il n'a pu compenser la baisse de 35,5 millions d'euros de la contribution de l'Etat aux charges d'infrastructure.
Il attribue ce manque à gagner par rapport aux prévisions à une optimisation par la SNCF, son client quasi exclusif, de la gestion de ses réservations de sillons (lignes), qui représentent de l'ordre de 70% de ses revenus.
Le résultat financier est ressorti à -254,4 millions d'euros contre -257,5 millions après prise en compte de la subvention de désendettement, d'un montant annuel de 800 millions d'euros, versée depuis l'an passé par l'Etat.
La dette est restée quasi stable à 27,5 milliards d'euros, en baisse de 70,6 millions d'euros.
RFF prévoit d'investir cette année un total de 2.853 millions d'euros, qui sera cofinancé par des subventions à hauteur de 2.403 millions. Sur le seul premier semestre, les investissements se sont élevés à 1.077 millions, un niveau équivalent aux six premiers mois de 2004, dont 482 millions pour le seul TGV Est.
Les investissements de renouvellement et de mises aux normes ont atteint 351 millions d'euros. L'établissement public bénéficie depuis 2004 de l'Etat d'une subvention dite de "régénération" d'un montant annuel de 900 millions d'euros pour ce genre de travaux.
Cette aide, combinée à la subvention de désendettement, permet à RFF de dégager une capacité d'autofinancement structurellement positive : elle a été de 93,7 millions d'euros au premier semestre contre 118 millions un an plus tôt.

Un nouveau mode de calcul financier et hop ! RFF réduit son passif comme par enchantement ; c'est magiiiiiiiiique !