FRANCE - Forte de ses bons résultats et d'un trafic voyageurs record, la SNCF affiche sa volonté de sauver sa branche fret, principal foyer de pertes de la société. Le redressement du fret ferroviaire est désormais "la priorité" mais ne passera pas par un nouveau "plan fret", a affirmé Anne-Marie Idrac, PDG de la SNCF.
la présidente de la SNCF s'exprimait lors du séminaire annuel de la SNCF destiné à la presse, organisé jeudi et vendredi à Séville, et dont les résultats ont été publiés dimanche. Alors que le "plan fret" lancé en 2003 et approuvé par Bruxelles, qui prévoit une restructuration et une recapitalisation, se termine à la fin de l'année, la SNCF a de nouveau écarté l'hypothèse d'une filialisation voire d'une vente du fret.
"Il est hors de question de vendre (...) on se bat pour pérenniser le fret", a assuré le directeur général exécutif de la SNCF Guillaume Pépy, tout en reconnaissant l'ampleur des difficultés.
Au premier semestre, la branche fret, confrontée à l'arrivée de la concurrence depuis mars 2006, a réalisé un chiffre d'affaires inférieur aux objectifs (978 millions d'euros au lieu de 1,071 milliard), a-t-il indiqué. Elle devrait finir l'année sur un déficit supérieur à 47 millions d'euros.
"L'arrivée de la concurrence confirme un handicap de compétitivité qui est très important", a aussi dit M. Pépy, citant en particulier le britannique EWS. D'après le directeur du fret Marc Véron, EWS est "20 à 30% moins cher" que la SNCF et les délais de livraison bien plus courts, avec des rotations de l'ordre de deux jours et demi, contre huit à neuf à la SNCF.
Selon Guillaume Pépy, environ la moitié des pertes de la branche est "due aux défaillances de qualité et aux gains de la concurrence" et le reste "à l'impact des conflits sociaux". Pourtant, malgré toutes ces difficultés, "nous saurons nous adapter", affirme Marc Véron, ajoutant que cela suppose "plusieurs années de travail".
Parmi les chantiers envisagés pour remettre le fret à flots, la SNCF prône "l'autonomie des moyens de production", en clair dédier une partie des cheminots à la seule traction du fret. Actuellement, les conducteurs peuvent aussi bien conduire des Corail que des TER ou des trains de marchandises.
Guillaume Pépy a aussi souligné la nécessité de "développer du chiffre d'affaires rentable via la qualité du service" et l'éventualité de conclure des alliances au coup par coup. En outre, la SNCF attend le 22 décembre les conclusions du nouveau comité consacré à la question du fret, et présidé par le patron des chemins de fers suisses (CFF) Benedikt Weibel, a précisé M. Véron à Séville. M. Pépy a ajouté que la SNCF ferait "des annonces d'ici la fin de l'année" sur la stratégie du fret pour la période 2007-2010.
Outre la question épineuse du fret, la SNCF, qui va dépasser cette année le cap du milliard de voyages, avec 1,015 milliard attendu, a affiché sa volonté de "passer à l'offensive" en terme de développement. "On a les moyens financiers pour redevenir acheteurs", a affirmé Guillaume Pépy, rappelant que la SNCF avait "beaucoup vendu" depuis une dizaine d'années et que la Grande-Bretagne restait une "terre de conquête".
Les filiales de la SNCF sont l'un des principaux relais de croissance de la maison mère. Ainsi pour Keolis (transport public), l'objectif est de porter le chiffre d'affaires annuel de 2,5 milliards en 2005 à 3 milliards en 2008. Et la filiale transport et logistique "Geodis a un problème de taille en Europe", a lancé Guillaume Pépy, sans donner d'indications sur des cibles éventuelles d'acquisitions.

La phrase culte de Guillaume Pepy pour sauvez le fret à la SNCF : "développer le chiffre d'affaires rentable via la qualité du service". Bon, ok, mais vu les conflits sociaux qui affectent la compagnie, çe sera finalement peut être pas aussi facile à faire qu'à dire...






