FRANCE - A 07H51 ce lundi, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a pris place à Toulon dans le TER 17430, pour lancer sa police ferroviaire depuis ce train, théâtre le 1er janvier d'incidents qui avaient suscité une vive émotion en France.
Les 2.450 policiers et gendarmes qui la composeront, ne seront "pas sur les quais, mais dans les trains, au plus proche des usagers", a expliqué le ministre de l'intérieur, en présence du président de la SNCF Louis Gallois.
Après les agressions de voyageurs par des jeunes de retour du réveillon, Nicolas Sarkozy avait annoncé la généralisation de cette police, qui existe déjà en Ile-de-France et dans les agglomérations lilloise, lyonnaise et marseillaise. "Ces agressions ont choqué les Français parce que les transports en commun, c'est la vie quotidienne. Et le rôle d'un ministre de l'Intérieur, c'est de s'occuper de la vie quotidienne", a-t-il affirmé devant des usagers surpris de le voir débarquer dans leur train.
Sur les 200 à 250 patrouilles quotidiennes prévues, il y en aura "une quarantaine dans votre région", leur promet-il.
- "Très difficile ce train. Très difficile à cette heure-ci. Le soir à 22H00, pareil", souffle une femme.
- "Je viens justement pour ça", répond le ministre qui s'enquiert auprès d'une autre, sur le quai bondé de la gare Saint-Charles à Marseille: "Vous n'avez pas de craintes dans ce train?". "Aujourd'hui ça va", répond-elle, mi-figue mi-raisin.
"Vers les 21H00, il n'y a pas beaucoup de monde, et les jeunes, ils passent. Si vous vous endormez et ben le sac, pfuitt...", lui raconte un quinquagénaire. Et les services de sécurité? "On les voit jamais".
- "Franchement, je vous assure que vous allez les voir. Il faut que les voyous sachent qu'il y a un risque. Parce que le problème, c'est qu'ils pensaient qu'il n'y avait pas de risque", répond le ministre.
Tandis qu'un couple se plaint -- "C'est à ce moment-là (le 1er janvier) qu'il fallait renforcer. Pas maintenant" --, un homme s'en prend à la SNCF: "Je ne suis jamais contrôlé. Si les contrôleurs faisaient leur travail, il y aurait moins de gens à monter foutre le bordel".
Aux yeux d'un ministre déjà en campagne pour les présidentielles, l'extension de cette police permettra de renforcer la "lutte contre l'immigration irrégulière": sur un millier de contrôles depuis le début de l'année dans les trains près de Marseille, 57 ont révélé des infractions dont plusieurs "défauts de visas".
Tandis qu'à Toulon, des cheminots CGT s'étaient poliment plaints de la "désertification des gares" en raison des suppressions de personnels et du "manque de coordination", le comité d'accueil syndical est plus vindicatif à Saint-Charles, couvrant de ses huées les "Sarkozy! Sarkozy!" des fans du ministre.
"700 créations de poste", sur les 2.450, "ce n'est pas rien", répond le ministre qui confirme qu'il va accroître les pouvoirs judiciaires de la Sûreté générale (Suge) de la SNCF.
Michel Felkay, ancien patron de la police des transports d'Ile-de-France, pilotera, au sein de la police aux frontières (Paf), le dispositif qui devrait être pleinement opérationnel dans quelques mois, le temps de régler notamment les questions de zones de compétence.
"Je souhaite que chacun puisse se dire quand lui ou un membre de sa famille prend le train, qu'il le fait en toute sécurité", explique Nicolas Sarkozy, également "très tenté par un essai de vidéosurveillance à l'intérieur d'un train d'une ligne exposée à la violence"
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Des agents de la police ferroviaire de la SNCF surveillent le départ d'un train régional, le 16 janvier 2006 en gare Saint-Charles de Marseille - "Reste calme, Rex, le petit nerveux, là, c'est mon patron"