SUISSE - Samedi 25 août, les trains fileront à nouveau sur deux voies, et non sur une seule comme
annoncé, entre Flamatt et Wünnewil. Sans se croiser. Intercity et régionaux rouleront ainsi sur le tronçon hors d'usage depuis le 11 août à la suite d'un affaissement de terrain qui a malmené la
digue de soutien du chemin de fer.
Après deux semaines d'attente et quelques aménagements provisoires, Berne revient à portée de rail. Mais la prudence reste de mise. La vitesse sera limitée à 50km/h sur le tronçon en cause. Du
coup, toutes les mesures urgentes vont être levées et l'horaire habituel reprendra ses droits: finis les cars et le doublement de la cadence le long du Jura.
La crise touche à sa fin. Les travaux d'assainissement peuvent démarrer et dureront effectivement six à neuf mois. Les CFF envisagent dans la foulée la possibilité de dédommager leur clientèle
privée de liaison. On connaîtra le moment venu la nature du geste de réparation.
Très actif depuis l'interruption de la ligne, Beat Vonlanthen s'est réjoui le premier de la bonne nouvelle sur les ondes de la TSR. Nouvelle confirmée officiellement lundi matin par les
porte-parole de l'ancienne régie. Dimanche soir, lors de l'émission «Mise au point» tournée en gare de Flamatt, le conseiller d'Etat, responsable de l'économie et des transports, a évoqué des
pressions du gouvernement fribourgeois sur la direction des CFF.
Pour Beat Vonlanthen, il était vital d'accélérer l'heureux dénouement. Fribourg est un canton en pleine croissance démographique, dont l'essor dépend de moyens de communication performants, à
mille lieues du destin à la périphérie productive du pays que d'aucun lui promettent. Une coupure prolongée du trafic avec Berne aurait eu des conséquences inimaginables, tant économiques que
psychologiques.
Ces pressions n'ont eu aucun impact sur la décision des CFF, précise en revanche Vincent Ducrot, responsable du trafic voyageurs grandes lignes. C'est l'avis des géologues et l'avancement des
travaux qui ont été déterminants, explique encore l'homme qui incarne depuis mercredi passé les chemins de fer face aux médias.
Vincent Ducrot a su faire valoir son bilinguisme, ses attaches fribourgeoises et sa connaissance des dossiers ferroviaires. Au point que quelques critiques fustigent l'absence d'une intervention,
même symbolique, du nouveau patron des CFF, Andreas Meier, aux commandes depuis le début de l'année.
De l'aveu de responsables des CFF, l'option technique l'a emporté sur une approche plus «politique» de l'affaire. D'abord la sécurité, en somme, au risque de mécontenter les usagers confrontés à
des informations distillées au compte-gouttes pour éviter faux espoirs et marches arrière.
Il faut dire que les pendulaires fribourgeois commençaient à trouver les trajets un peu longs dans les bus lancés sur l'autoroute au milieu de leurs camarades en voiture. Le va-et-vient motorisé
a d'ailleurs suscité l'amertume d'Ecologie libérale, championne du covoiturage que personne n'a pris la peine d'encourager.
Pas loin, la ligne Fribourg-Payerne, bloquée à la hauteur de Grolley, va également reprendre du service. Dans un certain anonymat, elle était aussi en panne depuis dix jours, coulée à son tour
par les intempéries de la semaine passée.

Le trafic se normalise plus vite que prévu sur la ligne touchée par les intempéries. Intercity et régionaux rouleront ainsi sur le tronçon hors
d'usage depuis le 11 août à la suite d'un affaissement de terrain qui a malmené la digue de soutien du chemin de fer, mais les travaux d'assainissement qui peuvent désormais
démarrer dureront entre six à neuf mois.

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