Vendredi 30 novembre 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - C’est le sujet qui fâche à la SNCF : Selon un rapport de l’Inspection générale des finances dont Le Figaro s’est procuré une copie, le gouvernement réfléchierait à de nouvelles pistes pour financer les lignes ferroviaires déficitaires après 2010. Le rapport, intitulé «La tarification de l’infrastructure ferroviaire» et commandé en mai, propose la création d’une taxe «d’environ 5% sur le prix des billets TGV».

Le document rappelle que la SNCF est aujourd’hui en situation de monopole sur le transport de voyageurs. Elle peut assurer un équilibre entre ses activités profitables et ses activités déficitaires. La branche Voyageurs France Europe, qui comprend notamment le TGV, a ainsi réalisé 686 millions d’euros de résultat courant en 2006. Cela compense les pertes du transport public (– 39 millions de résultat courant en 2006), et des infrastructures (– 84 millions). À partir de 2010 cependant, année de l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, ces compensations ne seront plus possibles. Pour y remédier, le rapport préconise la mise en place d’un fonds indépendant « de péréquation des activités ferroviaires » qui financerait les activités déficitaires de la SNCF. Avec un tel système, malgré l’ouverture à la concurrence, il sera possible de maintenir le service sur des lignes non rentables, notamment sur les Corail Intercités.

Cette perspective irrite déjà la direction de la SNCF. «À chaque fois que l’on réfléchit à la construction d’une nouvelle ligne à grande vitesse, pour la financer on évoque un surcoût qui viendrait s’ajouter au prix du billet TGV, explique Mireille Faugère, responsable des grandes lignes à la SNCF. On ne peut pas évoquer le pouvoir d’achat des Français, le développement durable et en même temps proposer une telle mesure. » 

La SNCF se dit prête à «participer à des séances de travail avec le gouvernement», mais elle craint l’affaiblissement de ses grandes lignes. «Un prélèvement de 5% pour soutenir les lignes déficitaires pourrait renchérir de manière significative le prix du billet TGV, avertit Mireille Faugère. Il ne faut pas fragiliser cette activité qui va être ouverte à la concurrence internationale en 2010.» Le rapport répond déjà à ces arguments en rappelant que «les transports de voyageurs bénéficient d’un taux réduit de TVA de 5,5% en France, au contraire de l’Allemagne». 

Un bras de fer est en perspective donc entre la SNCF et l’État. Pour l’heure, le rapport reconnaît que la mise en place d’une telle taxe «soulèvera de nombreuses difficultés» et exigera «une forte concertation puis un texte législatif ».

corail-1e-2e.jpg

Après une taxe sur le poisson pour financer la hausse des coûts du pétrole, voici la taxe à la SNCF pour financer les lignes déficitaires et l’entretien du réseau : Triste destin économique que celui de la France qui flirte avec la faillite... Le train à grande vitesse pourrait donc perdre des clients à cause de cette taxe... et l'atmosphère gagner sérieusement en taux de C02 !

par Le Figaro.fr publié dans : REPORTAGE
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Jeudi 29 novembre 2007

logo-sncb.gif BELGIQUE - 7h22, mercredi matin. Gare d'Ham-sur-Heure. Le train omnibus de la ligne 132 Couvin-Charleroi fait retentir sa sirène. Et puis soudain, un vacarme assourdissant fait trembler tout le village. Le convoi vient en effet de percuter un petit car de ramassage scolaire sur le passage à niveau. Le bus transportait cinq enfants handicapés mentaux de 4 à 20 ans venant de l'Institut Médico-Pédagogique de Marcinelle, ainsi que leur accompagnatrice.

« Je suis sorti en pyjama de chez moi pour voir ce qu'il se passait », raconte Jean-Marie Hubert, un riverain. « J'ai vu le bus déchiqueté. Il y avait deux corps éjectés sur l'allée de la Charmille et des enfants qui se trouvaient dans l'épave criaient. Je me suis précipité dans l'autocar et j'ai sorti une petite fille trisomique en sang pour la ramener chez moi et la nettoyer. Elle avait des coupures partout au visage. Une autre jeune fille, un peu plus vieille, avait des éclats de verre dans le dos. Elle hurlait ». 

Selon les premiers éléments recueillis par les secours, le chauffeur du car s'est arrêté sur le chemin du Hameau pour charger des enfants. Afin de permettre un demi-tour plus aisé dans l'allée de la Charmille pour reprendre ensuite la route de Marcinelle, le conducteur avait arrêté son véhicule à proximité du passage à niveau. L'arrière du bus dépassait d'ailleurs sur les voies. 

N'a-t-il pas entendu la sonnerie ? N'a-t-il pas vu la (petite) barrière s'abaisser et sans doute heurter son toit ? Des questions auxquelles les forces de l'ordre ne pourront répondre qu'après son audition. Toujours est-il que le train a percuté le car à l'arrière, l'ouvrant comme une boîte de conserve et lui faisant effectuer une pirouette à 180 degrés au point que son avant a heurté lui aussi le convoi. Il a d'ailleurs été réduit en miettes jusqu‘au pare-brise. 

Suite au choc, l'accompagnatrice et un jeune handicapé de 20 ans ont été éjectés à une dizaine de mètres. Le bus, lui, a été projeté contre les rambardes en béton longeant l'Eau d'Heure. Plusieurs blocs ont été descellés mais par chance, le véhicule n'a pas plongé.

Avertis des faits, les secours se sont déployés. Trois SMUr et au moins cinq ambulances se sont rendues sur place, suivies des pompiers de Charleroi et des services de police. Sur les sept personnes qui se trouvaient dans le car, seul un enfant est sorti indemne. Il a immédiatement été récupéré par sa maman. Un autre petit handicapé, très légèrement touché, a quant à lui quitté l'hôpital en début de matinée. 

Pour le reste, on déplore deux blessés graves, à savoir l'accompagnatrice et le jeune déficient de 20 ans, victime d'un traumatisme crânien. Le chauffeur est également blessé. « Dans le train qui comptait quelque 90 passagers, tout le monde est indemne, y compris le conducteur », explique Véronique Piraux, chargée des relations publiques de la SNCB. « Ces voyageurs ont été transférés dans le convoi suivant. Le train accidenté étant immobilisé, le trafic a été réduit à une seule voie, ce qui a engendré des retards sur la ligne. Vu les dégâts, il devra sans doute être remorqué ».

Vu la gravité des faits, un périmètre de sécurité a été instauré. Le Parquet de Charleroi devait descendre sur les lieux.
 

 
La collision impliquant un minibus transportant des enfants handicapés et le train de la ligne 132 Charleroi-Couvin a fait six blessés dont deux graves. Deux personnes ont été éjectées à une dizaine de mètres du car sous la violence du choc...

par Actu24.be publié dans : REPORTAGE
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Vendredi 23 novembre 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - Sa première "guerre" de neuf jours, il la raconte d'un ton posé que ne trahit aucun accent ch'ti, ni les 26 ans qu'il "vient de faire". José Cardoso, cheveux noir jais retenus dans un catogan et virilité souriante à la Chabal, explique posément qu'il ne reprendra pas le travail, vendredi 23 novembre. "Notre cher président voulait casser du cheminot ? Je suis debout."

Ce n'est que samedi qu'il ira accrocher et décrocher les wagons des trains Corail de la gare de l'Est - manière d'exprimer son "mécontentement". "On essaie de nous faire croire que des pseudo-négociations sont ouvertes, alors qu'on n'a obtenu qu'un calendrier."

Voilà deux ans seulement que José Cardoso travaille à la SNCF. Après une filière technique "électrique", ce fils de maçon et enfant de l'Avennois (Nord) travaille dans un centre de déchetterie, "fait du McDo", enchaîne les contrats à durée déterminée de vendeur de portables chez Orange. L'embauche ne suit jamais. Il s'essaie à la chaîne d'une des dernières fonderies de Haute-Sambre, suit une formation de sept mois chez Carrefour, qui lui délivre un diplôme maison le déclarant apte à "mettre les produits en rayon". José n'apprécie pas la blague, et se souvient que son parrain était aiguilleur. "Il a peiné sur les voies, mais a pris sa retraite à 55 ans. Maintenant, il travaille pour les Restos du coeur à Bachant."

A "la manoeuvre", il aime tout : les "1 500 volts dans les câblots de chauffage", les plus anciens qui apprennent le métier aux nouveaux : "Il n'y a quand même jamais d'accidents à la SNCF." Son embauche, il la fête trois fois : "Cheminot, c'est quand même un grade." Le soir, il reste cheminot au foyer des célibataires de la rue Château-Landon, où il loue sa chambre 269 euros par mois, ménageant ainsi son salaire de 1 000 euros, plus 300 euros glanés en primes de nuit, de dimanches et jours fériés.

Il devient aussi cheminot dans sa tête. José Cardoso ne garde "aucun souvenir" des grèves de 1995, lorsqu'il avait 14 ans, à Berlaimont (Nord). Dans sa famille, on votait à gauche, sans en parler. "Il faut savoir arrêter une grève", a-t-il entendu, sans comprendre que Nicolas Sarkozy avait chipé la phrase à un certain Maurice Thorez.

Il s'"énerve" en revanche d'entendre, à la télévision, que les usagers ont été "pris en otage" : "C'est bizarre, même les gens de Provins, ceux qui n'ont jamais aucun train, ils ne disaient pas ça." Et "que Sarkozy dise ça quand il reçoit Hugo Chavez" pour la libération Ingrid Betancourt, "Alors ça veut dire que nous, on est des guérilleros ! La presse raconte aussi qu'on a augmenté la pollution, que les accidents de la route, c'est nous, que l'économie est défigurée. Je ne savais pas qu'on avait autant de poids." Quant aux sabotages, il est formel : "Je n'ai pas fait de test ADN, je ne regarde pas (la série télévisée) "Les Experts" mais les cheminots ne font pas des trucs comme ça."

Pour ne "rien louper de ce qui va se dire", il viendra tous les jours au "local" du syndicat SUD, auquel il vient d'adhérer, surveiller Internet et "surtout les blogs". "On ne sera pas à la table - on crierait trop - mais on restera cachés, juste derrière." Depuis huit jours, pour prendre le pouls du pays, José Cardoso tape "mécontentement + SNCF", ou "pour la grève", sur Google. Il y ajoutera "désormais négociations". 



26 ans, et pas encore assez de plomb dans la cervelle.... "Les usagers pris en otages ? c'est pas vrai ! Les actes de malveillances ? c'est pas nous ! avec les collègues de Sud-rail, on est juste à peine bruyant aux réunions syndicales."  Ben voyons... Sud-Rail et bons samaritains ? même combat.

par Le Monde.fr publié dans : REPORTAGE
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Lundi 19 novembre 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - Cheminots et fonctionnaires se retrouveront finalement dans une journée de grève commune, mardi 20 novembre. Au sixième jour du conflit, l'ensemble des assemblées générales qui se sont tenues à la RATP, lundi, ont en effet toutes reconduites la grève pour 24 heures, ainsi que les premières assemblées générales qui ont eu lieu à la SNCF. "Les AG qui se sont tenues lundi matin étaient plus massives que celles de vendredi. Elles ont duré plus longtemps du fait des annonces de ce week-end et ont toutes reconduit la grève pour 24 heures à quelque 96 % des participants", a déclaré Eric Falempin, secrétaire général de FO cheminots. Le taux de grévistes à la SNCF était en légère baisse lundi, selon le direction, à 26,2 % contre 32,2 % vendredi.

A la RATP, selon la CGT, si certaines assemblées ont envisagé de suspendre le mouvement pendant les négociations qui doivent commencer mercredi matin, la plupart voulait, mardi, "une convergence des luttes" avec la journée de grève des fonctionnaires. Le 20 novembre a en effet été choisi par les fédérations de fonctionnaires depuis le 22 octobre pour organiser une journée d'action pour "les salaires, l'emploi et le service public". Ces derniers revendiquent notamment l'ouverture de négociations sur leur pouvoir d'achat.

Les deux mouvements de lutte vont donc converger mardi, le secrétaire général de la CGT cheminots ayant même indiqué qu'une délégation de cheminots participera à la manifestation des fonctionnaires "dans le respect des positions des uns et des autres". "Nous n'avons aucun intérêt à brouiller leur message, ni à casser leur unité syndicale et cela doit se faire en parfait accord entre les syndicats de cheminots et de fonctionnaires", a estimé Didier Le Reste. Mais ce mélange a été déploré lundi, sur RTL, par le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, pour qui les syndicats les plus radicaux entendent, par là,"faire un mouvement politique".

Quand on politise un mouvement social, on "facilite la tâche" du gouvernement, a-t-il estimé. "Quand on mélange tout, on a face à nous un gouvernement qui choisit de répondre à ce qui l'intéresse, or pour nous, demain, le sujet qui nous intéresse, le gros problème des Français, c'est le pouvoir d'achat, (...) et on donne l'occasion au gouvernement de ne pas en parler", a-t-il expliqué car "il est plus facile pour le gouvernement d'avoir ce mouvement globalisant et politique que de répondre demain concrètement aux problèmes des fonctionnaires". La jonction aura donc lieu, mais sans la CFDT qui, comme annoncé dès le 22 octobre, a retiré son préavis de grève à la SNCF pour ne pas mélanger les mouvements.

Le secrétaire général de la CFDT a demandé que les négociations entre la direction de la SNCF et les syndicats commencent au plus vite."Aujourd'hui, on est dans une situation assez étonnante : on fait une grève pour attendre une négociation qui a lieu dans deux jours", s'est étonné M. Chérèque. "On gêne de plus en plus les usagers (...) alors qu'on pourrait hâter le pas, négocier dès ce matin", affirme le syndicaliste, soulignant qu'
"à EDF les négociations sont ouvertes depuis vendredi, à la RATP elles sont ouvertes depuis la semaine dernière, y compris avec les syndicats qui sont en grève."

Le secrétaire général de FO cheminots, Eric Falempin, et le secrétaire fédéral de SUD-Rail, Christian Mahieux, se sont également dits prêts à débuter des négociations avant mercredi."Si la direction de la SNCF et le gouvernement veulent avancer cette réunion, les cheminots sont prêts. Nous souhaitons évidemment que les discussions commencent le plus vite possible", a déclaré M.Mahieux sur LCI.
 


et de sept ! les cheminots grévistes ont opté pour une journée de grève supplémentaire à la SNCF pour ce 20 novembre afin de profiter de la journée d'action prévue à la fonction publique . Reste à savoir qui sera le plus crédible : l'institutrice qui demande des moyens supplémentaires pour enseigner, ou le sympatisant de Sud-Rail qui veut voir son régime spécial de retraite maintenu...

par Le Monde.fr publié dans : REPORTAGE
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Jeudi 15 novembre 2007

logo-sncf.jpg  FRANCE - Ce conducteur de métro parisien rencontré hier matin avoue être clairement opposé à la grève. «Mais à cause des pressions, je vais peut-être devoir participer au mouvement, nous explique-t-il. Je me déciderai à dernière minute.» Les pressions ? «En 1995 aussi, j’étais contre la grève. Mais des collègues ont crevé les pneus de ma voiture…» , raconte-t-il.

Ce cas n’est pas isolé. Il concerne surtout les plus jeunes, les «entrants» dans l’entreprise comme on appelle ceux qui ne sont pas encore «commissionnés», autrement dit embauchés après un an. Christine, ancienne machiniste à la RATP, se souvient d’un conflit de 1986. «On faisait pression sur moi pour que je ne travaille pas. C’étaient des menaces verbales, des intimidations d’autant plus dures que nous sommes peu de femmes dans cet univers très masculin, explique-t-elle. On me disait que je ne serais pas commissionnée si je ne faisais pas grève alors que, justement, je voulais travailler pour être intégrée !»

À la Confédération française de l’encadrement CGC, on appelle à la grève à la SNCF, mais pas à la RATP. Le président, Bernard Van Craeynest, l’admet : «Oui, bien sûr, il y a des pressions et même sur des non-syndicalistes qui ne souhaitent pas faire grève.» Dans la plupart des cas, il s’agit de conducteurs qui n’arrivent pas à rejoindre leur bus ni à sortir du dépôt. «Celui qui veut bosser est seul face au groupe et il faut avoir la foi chevillée au corps pour résister aux quolibets et aux insultes, insiste Bernard Van Craeynest. Après un conflit, pour ne pas avoir à affronter les autres, certains non-grévistes se font porter pâles ou jettent carrément l’éponge en quittant l’entreprise. Ce sont les conséquences invisibles des mouvements de grève.»

À la RATP, les bastions les plus «durs» sont les centres de bus de Saint-Denis et de Vitry. «On a notamment vu des saccages de véhicules, des oppositions à la sortie des bus, ainsi que des menaces de s’en prendre aux biens personnels des non-grévistes, du type “on va te péter ta bagnole”», affirme un syndicaliste. Quand un agent de maîtrise accepte de conduire un métro un jour de grève, il doit s’attendre à des retours de bâton. «Il se fait titiller quotidiennement sur son travail, tout le monde lui demande des congés en même temps», observe Alain Ternois, président de la CFE CGC RATP.

À la CFTC, qui appelle également à la grève à la SNCF mais pas à la RATP, on explique qu’il s’agit d’une «réalité». Jean-Philippe Catanzaro, secrétaire général de la Fédération générale des transports, relève que dans les assemblées générales où l’on vote à main levée, seuls les plus «costauds» prennent la parole. «En 2003, dans l’est de la France, des délégués ont eu leurs voitures taguées et leurs pneus crevés. Ils avaient décidé de cesser la grève, car Gilles de Robien, alors ministre des Transports, venait de dire que les régimes spéciaux ne seraient pas menacés», raconte-t-il.

Cette année, à la SNCF, ce sont les agents de conduite de la Fgaac qui sont dans le collimateur de leurs collègues grévistes. Le syndicat a en effet choisi de ne pas faire grève après avoir obtenu des avancées significatives de la direction de l’entreprise. Didier Le Reste, le secrétaire général de la CGT-cheminots, avait d’ailleurs lui-même crié à la trahison lorsque le syndicat s’était désolidarisé de la grève du 18 octobre. «Nous aurions été acclamés comme des héros si nous avions obtenu toutes ces avancées après dix jours de grève, explique Bruno Duchemin, secrétaire général de la Fgaac. Mais comme nous avons choisi de négocier, nous sommes accusés de trahison par nos collègues.» La Fgaac indique avoir reçu de nombreuses lettres d’insultes, le plus souvent anonymes. L’un de ses agents a même reçu un courrier menaçant sa famille. Celui-ci a été transmis au service juridique de la SNCF.

Tous les non-grévistes ne sont pas logés à la même enseigne. Des centres de la SNCF, le plus souvent aux mains de FO et de l’Unsa, ont la réputation d’être très durs. Il s’agit notamment de la gare de Paris-Est et de la gare du Nord. «Il est très difficile d’y franchir les piquets de grève, explique un agent de conduite. On se fait traiter de vendus et de briseurs de grève.»

Un conducteur de la Fgaac évoque même des grévistes recouvrant les non-grévistes de talc afin qu’ils soient identifiés et stigmatisés tout au long de la journée. «Dans ce contexte, il faut vraiment être courageux pour travailler, explique Bruno Duchemin. Beaucoup de grévistes suivront le mouvement uniquement par peur de représailles. Ce n’est pas évident de franchir un piquet de grève sous les insultes de ses collègues.» Parfois, les dérapages se retournent contre le matériel roulant et les voies. Lors de la grève du 18 octobre, des actes de vandalisme perpétrés par des grévistes au terminus de Persan-Beaumont (Val-d’Oise) avaient gêné la reprise du trafic sur cette ligne.

La direction de la SNCF précise cependant que les dérapages sont rares et n’a pas jugé nécessaire de prendre des mesures particulières de sécurité en faveur des non-grévistes.



Grandeur et décadence du syndicalisme... parce que certains cheminots ne suivent pas toujours les mouvements de grève, certains camarades syndiqués n'hésitent pas à imposer leur volonté aux récalcitrants par les moyens les plus lâches qui soient : Intimidations, insultes dégradations diverses... tout est bon pour faire rentrer dans le rang ceux qui ne sont pas du même avis. "Camaraaaaaaaaaaades ! tous unis pour imposer la dictature du prolétariat... de grès ou de force." bel esprit, vraiment !

par figaro.fr publié dans : REPORTAGE
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Mercredi 14 novembre 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - Comment beaucoup de quartiers en banlieue, Cergy-le-Haut, dans le Val d'Oise, s'est construit autour de la gare. Une dizaine de commerces couronne ainsi la place en demi-lune dite des trois gares (SNCF, RATP et bus). La clientèle est principalement constituée de voyageurs pressés de partir au travail ou de rentrer chez eux. Alors, forcément, une grève comme celle de ce mercredi n'est pas faite pour arranger les affaires. "C'est catastrophique, lâche le gérant de la boulangerie-salon de thé. Le midi, on fait 20 couverts au lieu de 50-60. Je n'ai pas encore le chiffre définitif des ventes mais c'est très calme." Lors de la grève du 18 octobre dernier, le chiffre d'affaires avait baissé de 5% à Cergy-le-Haut et de 30% à la boulangerie de Cergy-Saint-Christophe, également située à proximité d'une gare. "S'il n'y a pas de trains, il n'y a pas de clients", résume une employée de la boulangerie de Cergy-le-Haut. Et d'évoquer une perte de 600 euros par jour. 

"C'est beaucoup plus calme",
confirme le libraire qui n'a toutefois "pas de statistiques là-dessus". Même son de cloche au bar-tabac. A la cordonnerie aussi, il y a "moins de clients que d'habitude". Le parking payant au pied de la gare, souvent complet, est pour une fois quasiment vide : selon son gérant, "les deux-tiers des gens sont partis travailler en voiture" alors que d'habitude, ils se rendent de leur domicile à la gare en voiture puis prennent le train. Pour autant, les conséquences économiques seront limitées, la majorité des utilisateurs possédant un abonnement à l'année. 

A l'UGC Ciné Cité qui partage le parvis central avec la gare, l'impact n'est pas flagrant. "On avait eu un tout petit peu plus de monde le 18 octobre, souligne M. Hervé, le directeur du complexe. Mais aujourd'hui [mercredi], c'est notre premier jour de la semaine, c'est difficile à dire." "Une grève d'un jour ou deux n'a pas d'impact mais à partir de trois, les dégâts se font sentir", constate pour sa part le pharmacien. La chute des ventes peut atteindre jusqu'à 30%, assure-t-il. Mais aujourd'hui, il y aurait même plus de monde que d'habitude. "Les gens en profitent pour faire leurs achats", remarque-t-il. 

Idem au Franprix, où la queue aux caisses est un peu plus longue qu'un jour normal. Le 18 octobre dernier, relève Philippe Santos, le directeur, "le magasin avait enregistré une hausse de 5% de son chiffre d'affaires". Au salon de coiffure, le discours tranche avec celui des voisins : "Il y a davantage de monde car beaucoup de personnes ont posé leurs RTT", déclare la gérante. "On travaille beaucoup sans rendez-vous, justifie-t-elle, et beaucoup de clientes se disent : ‘Comme je ne travaille pas, je vais en profiter pour aller chez le coiffeur'." Résultat : un jour de grève se traduit par 30% d'activité en plus. Le malheur des uns... 

A cette exception près, les grèves de transport sont accueillies avec fatalisme par les commerçants. "On ne peut pas faire grève non plus, la banque n'acceptera pas", plaisante la cordonnière. "Que voulez-vous qu'on fasse ?, demande le boulanger. Le personnel en profite pour préparer les décorations pour les fêtes de fin d'année. Cela fera un peu moins d'heures supplémentaires à payer... Dommage pour Monsieur Sarkozy."

Les deux commerçants sont davantage préoccupés par la baisse globale de la consommation : "Les gens n'ont pas envie de dépenser", remarque la cordonnière. "Depuis début novembre, la chute de notre chiffre d'affaires est flagrante", poursuit le boulanger. Quant à savoir pourquoi : "Je ne sais pas". Fatalistes, vous dit-on. 
 


A la gare de Cergy-le-Haut, les commerçants voient presque tous leur chiffre d'affaires baisser lors des grèves de transports.Hormis le salon de coiffure, et peut-être l'épicerie, l'absence des voyageurs laisse un vide... dans la caisse. Merci Sud Rail...

par TF1 publié dans : REPORTAGE
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Vendredi 9 novembre 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - Daniel Malleval, directeur d'établissement SNCF pour la Drôme et l'Ardèche, en a assez : L'incident de la nuit dernière est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Il était environ une heure du matin quand des individus mal intentionnés s'en sont pris au réseau SNCF à Châteauneuf-du-Rhône. «Ils ont coupé environ 50 mètres de câbles pour voler le cuivre qui les composent. Cela a créé un court-circuit puis l'incendie de deux guérites de sécurité et généré d'importantes perturbations sur le réseau.» Les vols de cuivre, la SNCF en subit beaucoup. Beaucoup trop. «Je n'ai pas le chiffre exact depuis le début de l'année, mais rien qu'en octobre, il y en a eu quinze.»

Le vol de la nuit dernière a eu des conséquences exceptionnelles. «L'incendie des guérites a fait fondre un des rails que nous avons dû changer en pleine nuit. Suite à cet incident, deux trains de marchandise se sont retrouvés bloqués sur les voies. Nous avons dû annuler un TER Pierrelatte-Montélimar et trois TER à destination de Lyon en tout début de matinée. Quant au TGV qui allait à Paris, nous avons dû le dévier sur la voie grande vitesse, ce qui implique que les arrêts de Montélimar et de Valence Ville n'ont pas été desservis. Les choses ne sont complètement rentrées dans l'ordre que vers 8 heures.»

Tout cela aura un coût. Le remplacement des câbles volés, des guérites incendiées, du rail fondu auxquels il faut ajouter la location aux frais de la SNCF d'autocars pour remplacer les TER, mais aussi les dédommagements des voyageurs et les heures de travail en pleine nuit d'une vingtaine d'agents vont largement dépasser les 100 000 euros. Sans compter le préjudice de l'image de marque. «On entend déjà assez souvent dire qu'il y a des problèmes à la SNCF sans que des scélérats en rajoutent. C'est vrai que tout n'est pas parfait, mais là, nous n'y étions pour rien et c'est dur de se dire qu'on va encore entendre les clients taper sur la SCNF en général», continue Daniel Malleval.

Le problème de la surveillance des voies est entier. «Nous avons beau mettre en place des surveillances avec la police ferroviaire, cela reste très compliqué de prendre les gens sur le fait. Les gendarmes font un travail remarquable aussi, tant en matière de surveillance que d'enquête. Ce que j'aimerais que ces individus comprennent c'est qu'à chaque fois qu'ils s'en prennent aux voies, ils jouent avec leur vie. Et ils mettent aussi en danger celles de nos agents et de nos passagers.»



En pétard, le directeur d'établissement SNCF pour la Drôme et l'Ardèche : un vol de cuivre a eu des conséquences exceptionnelles... incendie de guérites, fonte d'un des rails, mais aussi deux trains de marchandise qui se sont retrouvés bloqués sur les voies, 4 TER annulés et un trafic TGV perturbé. Bref, la totale...

par Le Dauphiné libéré publié dans : REPORTAGE
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