

FRANCE - Le compte à rebours a commencé. Les spécialistes d’Alstom et de ses partenaires, SNCF et RFF, procèdent aux derniers réglages de l’opération V150. Ce nom de code (pour 150 mètres/seconde, soit 540 km/h) renvoie au record du monde de vitesse ferroviaire, qui doit se dérouler début avril sur la future ligne à grande vitesse est-européenne. Dix-sept ans après que le TGV ait réalisé le record du monde à 515.3km/h, la nouvelle rame, conçue spécialement par Alstom et la SNCF pour ce record, va s’efforcer de pulvériser le record de vitesse sur rails.
L’objectif de dépasser les 540km/h s’appuie sur le savoir-faire de la SNCF, pour l’exploitation, de RFF pour l’infrastructure et d’Alstom pour le matériel roulant. La « rame du record », qui a achevé sa première phase d’essais, est composée de deux motrices « surgonflées » et de trois voitures Duplex, portées par des roues « surdimensionnées » et dotées de bogies moteurs. Les voies et les infrastructures, sur la section de la nouvelle ligne à grande vitesse Paris-Strasbourg retenue pour la tentative, ont également été aménagées pour rendre possible ce record, qui s’inscrit dans le cadre du programme de l’Excellence française de la très grande vitesse ferroviaire.
Au-delà du challenge technologique et de son impact médiatique, ce record marquera un nouveau virage dans l’histoire de la très grande vitesse ferroviaire, dont Alstom fut le pionnier, et demeure aujourd’hui le champion. Il préfigure d’ailleurs les technologies en cours de développement dans les bureaux d’études et les ateliers d’Alstom. L’AGV (Automotrice Grande Vitesse), quatrième génération de train à très grande vitesse, développé par Alstom Transport indépendamment de tout opérateur, devrait permettre d’atteindre une vitesse commerciale de 360km/h.
Pour garantir une solution économique, capable d’assurer les niveaux de performance, de confort et de sécurité déjà atteints avec les trains de grande capacité, Alstom a fait le choix d’une rame automotrice entièrement articulée et modulaire. Ce concept permet ainsi de proposer une vraie gamme de trains, réalisée à partir de modules de plusieurs types de voitures dont la motorisation n’est plus concentrée mais répartie le long du train. Cette architecture accroît la capacité de transport des rames et permet une diminution globale du coût de fonctionnement et d’entretien.
Une centaine d’ingénieurs et de techniciens se consacrent au développement de ce projet d’entreprise auquel contribuent au total près de 500 collaborateurs d’Alstom Transport . Les premiers essais de certification devraient être réalisés au début de l’année 2008. Déjà, aux côtés du site intégrateur de la Rochelle, centre d’excellence des trains à grande vitesse, trois usines de l’entreprise se préparent à fabriquer l’AGV : l’usine du Creusot pour les bogies, l’usine d’Ornans pour les moteurs, l’usine de Tarbes pour le système de traction.
V150, c’est quoi ?
V150 est le nom de code de l’opération menée par Alstom et ses partenaires, la SNCF et RFF. Ce code renvoie à la vitesse souhaitée de 150 mètres par secondes. Le dernier record en 1990 avait pour noms de code TGV117 et TGV140. En 1981, lors du premier record du monde réalisé par le TGV, le nom de code était TGV100.
Alstom, leader de la très grande vitesse
Du premier TGV livré en 1978, au futur TGV Est Européen (en service entre Paris, Francfort, Stuttgart, Luxembourg et Zurich), en passant par le KTX sud-coréen, l’AVE espagnol, Eurostar et Thalys, Alstom a affirmé sa position de leader mondial des trains à très grande vitesse, auxquels s’ajoutent les trains à grande vitesse (250 km/h) avec la gamme de trains pendulaires Pendolino.

Alstom et ses partenaires SNCF et Réseau Ferré de France préparent actuellement le record du monde de vitesse ferroviaire, qui devrait se dérouler début avril . Une rame conçue spécialement pour ce record doit permettre d’atteindre au moins les 540km/h. Et sans doute d’aller bien au delà. ça va décoiffer dans les semaines à venir...