Vendredi 11 novembre 2005
FRANCE - Les syndicats étaient dans l'expectative hier après leur rencontre avec Louis Gallois, sur la grève prévue pour le lundi 21 novembre au soir. Une nouvelle réunion est programmée pour lundi matin au cours de laquelle le président de l'entreprise a promis de répondre à quatre pages de revendications précises. «Pour le moment, nous maintenons notre appel à la grève, mais nous irons écouter ce que Louis Gallois a à dire lundi», indiquait hier soir Rémi Abgrall, secrétaire fédéral chez Sud, l'un des quatre syndicats qui a appelé à la grève, avec la CGT, FO et la Fgaac. Hier, Louis Gallois a avancé à début janvier l'ouverture de négociations salariales et promis des négociations autour des conducteurs. Si la menace se précise, il s'agira du cinquième mouvement de grève de l'année, qui sera «reconductible». Dix ans après les grandes grèves de 1995, le gouvernement comme la direction de l'entreprise craignent une mobilisation importante.
Outre les questions de salaires, d'emploi et de service public, les cheminots veulent protester contre ce qu'ils appellent la «privatisation rampante» de la SNCF. «Il n'y a ni privatisation rampante ni privatisation galopante», leur répond Louis Gallois dans le journal interne de la SNCF, ajoutant que «le motif invoqué est artificiel». A cinq mois d'un congrès stratégique pour la CGT, certains y voient une volonté de la CGT-cheminots d'affirmer une position radicale face à celle, plus consensuelle, de Bernard Thibault. De son côté, Dominique de Villepin a réaffirmé hier que la privatisation de la SNCF n'était «en aucun cas à l'ordre du jour de l'action du gouvernement, ni rampante, ni de quelque nature que ce soit». Même affirmation chez Dominique Perben.
Pour les syndicats, c'est le pilotage par activité qui est symptomatique de cette «privatisation rampante». «On est en train de réorganiser l'entreprise pour vendre des activités par appartements, comme on l'a fait pour le Sernam, s'insurge Eric Fallempin, secrétaire général de FO-cheminots. Il ne faut pas réduire ce mouvement à cette revendication, qui porte bien sur les sujets centraux de salaires d'emploi et de service public.».
Rémi Abgrall demande notamment que l'on «rétablisse une entreprise intégrée», mais également «l'arrêt de certains projets comme iDTGV». Par ailleurs, les syndicats s'inquiètent des différents projets de restructuration dans l'entreprise.
Précisément, la mise en oeuvre du pilotage par branche – trains régionaux, fret, grandes lignes – permet de mieux gérer ces activités, rétorque l'entreprise. «Nous nous organisons pour mieux servir nos clients en fonction des services que nous leur proposons», estime Louis Gallois. Autre argument, Bruxelles demande que les activités en concurrence, en l'occurrence le fret et dans l'avenir les passagers, ne soient pas subventionnées par les autres activités.
Reste que de nombreux cheminots regrettent amèrement que leurs représentants aient dénoncé en octobre l'accord sur l'intéressement. Et pour cause : Il leur aurait permis de recevoir 160 euros cette année...

Appel à la grève le 21 novembre prochain contre la privatisation de la SNCF - Louis Gallois dans le journal interne de la SNCF indique que "le motif invoqué pour faire la grève est artificiel"