FRANCE - C'est presque incroyable : un tram sur pneus a perdu hier près de Nancy son moteur électrique arrière alors qu'il approchait du terminus d'Essey-Mouzimpré. Le groupe, qui accuse près de 800 kg, est tout simplement tombé par terre !
L'incident s'est produit vers 12 h 45 alors que la rame approchait la station Roosevelt pour une manoeuvre de dropage, laquelle consiste à enclencher successivement des galets de guidage sur un rail, en avançant au ralenti.
Le tram de Nancy qui, dès son inauguration fin 2000, a défrayé la chronique en raison de ses multiples déboires et qui transporte aujourd'hui jusqu'à 40.000 passagers-jour, relève d'un concept original développé par le groupe Bombardier et qui n'a été adopté que par la cité ducale et la ville de Caen.
Monté sur pneumatiques, alimenté par des perches électriques (ou avec l'appui d'un moteur thermique secondaire), il est guidé sur un rail central dont il peut s'affranchir pour circuler comme un bus. L'engin à trois caisses est animé par deux moteurs électriques fixés à hauteur des essieux avant et arrière (les nème1 et nème4). C'est ce dernier, placé en position suspendue sous le capot qui s'est affaissé, heureusement sans conséquence autres que matérielles.
La péripétie s'est produite alors que la rame tournait en mode électrique. Autant dire que le véhicule n'est pas allé plus loin et que les quelques passagers ont du débarquer. Le temps de dégager le moteur resté prisonnier sous la carrosserie, l'engin a été remorqué au dépôt dans l'après-midi où l'accès a été autorisé aux journalistes.
Selon les premières constatations, c'est le scénario d'une rupture qui est probable. Un des quatre gros boulons de fixation aurait d'abord cédé avant que les autres, au fil des vibrations et des secousses, ne finissent par lâcher à leur tour. Une trace au sol sur la ligne T1 laisse même penser que le moteur a traîné avant de tomber ! Peut-être à la faveur des secousses du « dropage » qui plaque successivement les galets de guidage sur le rail.
« Nous allons faire analyser les fixations par les spécialistes nancéiens du CRITT Métal 2T » expliquait au dépôt, Thierry Marchal, directeur général adjoint du Grand Nancy. « Et toutes les rames (24 au total) seront contrôlées. Un contrôle qui sera effectif dès ce matin pour celles qui assurent le service ». Elles ne sont actuellement que 8 en piste en raison d'une neutralisation estivale de la moitié de la ligne pour travaux.
L'incident, même s'il n'a rien à voir avec le mystère des déguidages longtemps inexpliqués de 2003, a provoqué la réaction du syndicat FO de la Connex (l'exploitant) qui a souligné son « inquiétude » : « C'est grave. On peut désormais s'attendre à tout ».
Côté constructeur, un porte-parole de Bombardier plutôt embarassé qualifiait l'événement « d'unique et exceptionnel » tout en restant prudent dans l'attente des résultats des analyses : « La mécanique de ce véhicule est très compliquée ». Le vice-président au transport du Grand Nancy, Christian Parra, se voulait rassurant : « C'est un incident technique identifié qui ne met pas en cause la sécurité des passagers ».
Un incident dont s'est « tenu informé » le président André Rossinot qui, actuellement en repos en dehors de Nancy, a simplement indiqué faire « confiance à son vice-président et ses collaborateurs pour le suivre ».
A noter que, selon le carnet de maintenance du tram, les boulons incriminés doivent être vérifiés tous les deux ans. « L'un a lâché. C'est, estimait Christian Parra, une défaillance comme il peut sans produire sur n'importe quel autre matériel ». Sauf que pour les Nancéiens la chenille sur pneus, vu son histoire, n'est peut-être pas un tram comme les autres...

Hier, vers 12 h 45, le moteur électrique d'un tramway qui circulait en périphérie de Nancy est tombé par terre alors que la rame roulait au ralenti, les fixations ayant cédé. "Ah ben c'est sûr, maintenant ça va marcher beaucoup moins bien, forcément..."