FRANCE - "Il ne faut pas se faire peur pour rien. Il est de l'intérêt général que le projet de TGV-Est aboutisse". Convié hier à Metz, à l'initiative du Conseil économique et social de Lorraine, Hubert Du Mesnil s'est d'abord voulu rassurant concernant le calendrier du TGV-Est européen : " C'est toujours juin 2007 mais plus on avance, moins on a de marge ".
Le directeur général de Réseau Ferré de France (RFF) s'est, par contre, très vite empressé d'évoquer « les combats à retardement » qui empoisonnent le quotidien de son établissement chargé d'entretenir et d'exploiter les 30.000 km de voies ferrées en France et les lignes nouvelles (5.000 km à l'horizon 2015). Une manière très habile d'exorciser les contentieux actuels avec le Parc Naturel Régional de Reims et la commune de Vandières mais, surtout, d'assurer que rien ne viendra remettre en cause la construction de la nouvelle ligne du TGV-Est. « C'est assez courant dans le déroulement des grands chantiers », tient-il à relativiser.
Dans l'immédiat, RFF se voit cependant suspendu à une décision du tribunal administratif de Reims qui devrait tomber ces prochains jours. « Le Parc naturel régional de Reims essaie de faire arrêter la construction d'une ligne électrique qui assure la desserte du TGV-Est parce qu'elle passe un peu chez eux », explique Hubert Du Mesnil. Une demande qui, si elle aboutissait, exigerait une nouvelle enquête publique... mais un scénario catastrophe auquel le directeur général de RFF ne croit pas une seule seconde. « Des avocats s'occupent de ça. »
Deuxième trublion, cette fois beaucoup plus proche, avec Vandières. La commune a déposé une bonne dizaine de demandes en référé afin d'arrêter la construction de la ligne faisant valoir, entre autres, l'atteinte paysagère du viaduc. Des demandes qui, jusqu'à présent, ont toutes été déboutées. « Il reste toujours la possibilité d'un recours en dernière minute », reconnaît Hubert Du Mesnil « mais, pour l'instant les tribunaux n'ont pas jugé qu'ils étaient de nature à faire arrêter le chantier. »
Optimiste, le directeur général de RFF veut également le rester concernant le prolongement de la ligne entre Baudrecourt et Strasbourg. « La France souhaiterait que cette deuxième phase aille en continuant et qu'elle soit lancée fin 2007 », affirme-t-il. « A RFF, nous voudrions que les acquisitions foncières et la préparation technique soient financées en 2007 pour que nos équipes puissent se remettre tout de suite au travail. »
Mais, pour que les délais soient les plus courts possibles, encore faudrait-il être sûr du financement. « Une réunion a lieu aujourd'hui à Strasbourg où les Etats veulent, sans aucun doute, le prolongement du chantier en cours, par contre ce qui n'est pas assuré c'est le financement de la construction en elle-même parce qu'on réalise en parallèle la liaison Rhin-Rhône et que l'Europe ne nous donne pas tout ce qu'on espérait », déplore Hubert Du Mesnil.
Si tout le monde n'a certes pas les mêmes intérêts, le directeur général de RFF semble surtout regretter que « nos regards ne se tournent pas davantage vers l'Europe Centrale. » « L'Europe se construit aussi là-bas et des entreprises lorraines auraient certainement des intérêts économiques à y jouer. »

Le directeur général de Réseau Ferré de France, Hubert Du Mesnil, ou l'incarnation de la force tranquille : Les contentieux ne devraient pourtant pas remettre en cause la mise en service de la ligne à grande vitesse....