FRANCE - Un TER vers Carcassonne, plusieurs TGV, un Teoz en direction de Nice arrêtés durant un peu moins d'une heure, trois en pleine voie à l'entrée de la gare de Montpellier, puis quatre à Nîmes et Sète, avant un retour à la normale en milieu de journée. .. sauf pour ceux qui manquèrent leurs correspondances.
Une fausse alerte à la bombe, à Montpellier, a en effet perturbé le trafic SNCF en Languedoc- Roussillon durant l'après-midi d'hier et jeté sur le parvis de la gare Saint-Roch, évacuée et fermée durant plus d'une heure, plusieurs centaines de voyageurs et leurs accompagnants. A priori, la fâcheuse blague d'un « mauvais plaisant, selon toute probabilité », glissait l'officier de police responsable du dispositif de sécurité mis en place, le commissaire Corinne Briand. Un plaisantin qui n'avait sûrement pas choisi la date au hasard, si tel s'avère le cas. De fait, sans être exceptionnel, le 15 août est un jour de fréquentation plus élevée qu'à l'ordinaire, côté SNCF, dont le chef d'escale évoquait des « trains plutôt chargés » ou encore un TGV supplémentaire en provenance de Perpignan ajouté au trafic ordinaire.
Mais pourquoi songer à une plaisanterie de vilain goût ? Parce qu'à l'inverse des bagages oubliés qui sont le lot le plus fréquent de ce genre de fausse alarme, les voyageurs ayant donné l'alerte à 14 h 18 sont tombés sur un colis suspect véritablement troublant.
Au fond d'une poubelle du quai C, une banale cocotte en métal dont le couvercle était serti par de l'adhésif noir, laissant libre cours à toutes les interrogations. Sans délai, un périmètre de sécurité était instauré, avant qu'ordre soit donné d'évacuer la gare et stopper la totalité des circulations des convois approchant Montpellier, compte tenu de l'étrangeté de l'objet. « Certains le furent donc en rase campagne, indiquait la direction régionale du transporteur public, d'autres dans les gares pouvant les retenir. » Au total, sept trains de voyageurs pour des retards de dix minutes à une heure, au plus.
Mais dans le même temps, les démineurs de la Sécurité civile étaient appelés en renfort. Deux hommes s'enfonçaient, portant des caisses de matériel, sous la dalle de la gare, tandis qu'au dehors les files de voitures s'étiraient sur le boulevard voisin et la foule s'agglutinait devant l'entrée. Il leur fallut moins de trente minutes pour découvrir que la cocotte était vide, la fin de l'intervention sonnant la restitution aux voyageurs des quais désertés depuis une heure, des voyageurs plutôt de bonne composition. La police repartait avec l'ustensile de cuisine dans un sachet de pièce à conviction, le commissaire Briand avouant son faible espoir de tirer un résultat des relevés qui seraient opérés sur l'objet : « Nous comparerons les empreintes, nous verrons bien... »

Avis aux plaisantins en mal de sensations fortes : faire une fausse alerte à la bombe est un délit punit en France d’une peine d’emprisonnement de six mois et de 7.700 EUR (50.000 francs) d’amende...







