FRANCE - Pourquoi, alors que le taux de participation à la grève n'a cessé de baisser ces derniers jours, le trafic des
trains et des métros ne s'améliore-t-il pas ? Car tout dépend de "certaines catégories de personnel". A la SNCF par exemple, 10% de grévistes seulement peuvent bloquer 100% des trains, si ces 10%
sont l'ensemble des conducteurs. Le trafic dépend en effet non du taux général de grévistes dans l'entreprise, mais du taux chez les conducteurs et d'autres catégories de personnels
indispensables comme les aiguilleurs à la SNCF ou les régulateurs de lignes à la RATP.
Pour un train grande ligne (TGV ou Corail), il faut aussi au minimum un contrôleur, de même que dans la grande majorité des TER. En revanche, en Ile-de-France, les contrôleurs ne sont pas requis,
car le conducteur, équipé d'un équipement à agent seul (EAS), décide par exemple de la fermeture des portes grâce à des caméras. Composer des équipes est "un mécanisme complexe",
souligne la SNCF. Si, par exemple, un contrôleur reprend le travail à Toulon, un aiguilleur à Nantes et un conducteur à Strasbourg, ils ne seront évidemment pas dans la même équipe et pourront se
retrouver sans affectation dans l'immédiat. Ainsi, la machine SNCF a toujours un train de retard...
Après un conflit de 24 heures, il faut compter au minimum une demi-journée pour retrouver un trafic normal. Après un mouvement reconductible comme ces derniers jours, la reprise peut être plus
longue.
A la RATP, "si un conducteur fait grève, sa rame de métro ne roule pas, mais si dix ouvriers font grève, son métro peut rouler", caricature à peine la CGT-RATP. Et, à la RATP, les plus
fortes proportions de grévistes se retrouvent souvent parmi les conducteurs (appelés machinistes pour les bus). Selon la CGT, il y a aussi "un lien direct entre l'implantation syndicale et la
mobilisation", qui explique que certaines lignes, moins syndiquées, comme la 1 du métro sont moins touchées, à l'inverse des lignes A et B du RER. "Une équipe est censée suppléer aux
dysfonctionnements, et certains agents tournent entre les lignes mais ce dispositif est inadapté à un conflit de grande ampleur", explique le premier syndicat dans
l'entreprise.
Malgré le nombre de grévistes qui s'étiolle de jour en jour, le trafic ne s'améliore pas proportionnellement
ni à la RATP, ni à la SNCF. Explications ? tout dépend de "certaines catégories de personnel" : En clair, si vous avez le conducteur et le
contrôleur, mais pas l'aiguilleur, vous êtes bon pour attendre le train suivant...