FRANCE - 270 milliards de tonnes.km, 80% du trafic intérieur de marchandises, plus de 200.000 camions et plus de 60.000 véhicules utilitaires, 317.000 salariés dont
240.000 roulants : c’est le poids socio-économique actuel du transport routier en France tandis que les effectifs par entreprise et la circulation des véhicules continuent de croître tous
les ans.
S’ensuivent encombrements, saturation des axes routiers : une prépondérance de la route sur les autres modes de transport qui n’est pas sans impact sur l’environnement alors que les
modes de transport alternatifs ou intermodaux ne représentent actuellement que 4% du trafic global (5% en Europe).

Novatrans exploite le nouveau terminal (ValentonII) dans le Val de Marne qui a permis
d’augmenter l’offre de transport combiné de l’ordre de 30%.
Pour l’heure, un changement de mode de transport déclenche encore de nombreuses craintes chez les opérateurs : coûts élevés, retards, délais allongés, type limité de marchandises concernées,
risques de dommages et... procédures administratives supplémentaires.
Par ailleurs, une grande partie du trafic routier de marchandises se prête encore mal à la "conteneurisation" et les courtes distances sont peu compatibles avec le transport par voie ferrée
ou fluviale. Actuellement, sur le marché global des 270 milliards de tonnes.km cité plus haut, seules 100 milliards de tonnes.km sont estimées pouvoir emprunter le rail ou le fleuve et
pour des trajets supérieurs à 500 km.
Pourtant ces faiblesses ne remettent pas en cause la nécessité de développer le transport combiné au regard des impacts environnementaux. Même si la motorisation des camions a fait des progrès
significatifs, l’accroissement du trafic routier demeure incompatible avec les exigences de réduction des émissions de gaz à effet de serre et aux nécessaires réductions de la consommation
d’énergie. Le développement durable permet de reconsidérer le transport de marchandises avec de nouveaux objectifs : décongestion des infrastructures routières, mais aussi réponse sociale
par l’amélioration de la sécurité et des conditions de travail dans un secteur souvent montré du doigt dans ce domaine.
Sur le plan économique, l’intermodalité peut permettre de rééquilibrer le secteur en développant de nouveaux axes européens à l’instar de certains ports français (Le Havre, Marseille...) qui
profitent de l’afflux de conteneurs pour développer de nouvelles lignes ferroviaires et fluviales dédiées à ce nouveau mode de transport par ailleurs conforme à la politique européenne en la
matière (voir l’article consacré au transport fluvial des conteneurs).
Actuellement, Valenton constitue la plus importante plateforme de transport combiné rail-route en France. Une moyenne de vingt trains par jour y sont réceptionnés par les deux "terminalistes"
présents sur le site : Novatrans (environ 14 trains/jour) et T3M-TAB.

Sur Valenton II, trois voies de 560 mètres accueillent quotidiennement...

... des trains en provenance ou en partance pour le sud de la France.

Les trains circulant de nuit arrivent le matin...

et stationnent le temps de leur chargement ou déchargement.
Tandis que les conteneurs (d’origine maritime), dont la capacité s’exprime en "équivalent 20 pieds" se manutentionnent par les angles du haut et peuvent ainsi être empilés les uns
sur les autres sur les bateaux, les caisses mobiles (d’origine routière), saisies par le fond, sont adaptées aux châssis de camions et des wagons. Ainsi, s’alignent sur les plateformes à la fois
des caisses mobiles (destinées à un parcours combiné fer/route et des conteneurs pour une partie de parcours faisant appel au fluvial ou au maritime.

Caisses mobiles et conteneurs s’alignent sur les plateformes...

suivant le mode de transport combiné utilisé.

Des portiques mobiles...

permettent de positionner précisément...

les caisses mobiles ou les conteneurs...

sur les camions.

Conjointement, les autogrues...

organisent le stockage sur le site.
La législation européenne fournit un cadre destiné à favoriser la multimodalité qui s’appuie sur l’analyse du marché, l’élaboration de principes communs de tarification pour chaque
mode de transport, la révision des réglements pour améliorer la compétitivité, des orientations pour l’octroi d’aides, l’application des règles de concurrence et d’horaires intermodaux.
Des mesures techniques en matière d’information sont favorisées : information électronique, suivi et repérage des chargements, simplification des procédures douanières. L’objectif est donc
clairement de renforcer par la réglementation la création d’infrastructures intermodales, de services logistiques et d’unités de traitement adaptées.
Une meilleure orientation des aides publiques devrait permettre aux chargeurs de reprendre confiance dans le transport combiné en en renforçant l’attractivité. Cela passe par une meilleure
compatibilité avec les processus industriels des chaînes de fabrication et une meilleure fiabilité : simplicité du dispositif, performance des matériels et des systèmes d’information. La
régularité est à ce prix. Le gouvernement français s’est engagé en mars 2006 en faveur d’une offre alternative au transport routier de marchandises autour de plusieurs axes :
- développement d’une offre ferroviaire en caisses mobiles (autoroutes ferroviaires) ;
- amélioration des infrastructures existantes ou
programmées ;
- plan de modernisation (800 millions d’euros) pour accroître la compétitivité de la SNCF en matière de fret ferroviaire.
Pourtant, quel que soit le montant des subventions publiques, le véritable essor de l’intermodalité reste dépendant des performances qui lui permettront, sur les grandes
distances, de gagner des parts de marché sur le transport routier.

Même si le transport routier gagne encore des parts de marché atteignant 80% du transport global des marchandises en France, les problématiques du
changement climatique et du coût de l’énergie viennent confirmer la nécessité d’orienter la politique du transport de fret en fonction des principes du développement durable : sur les grands
axes et de longues distances, le rail constitue une solution pour réduire consommations d’énergie et émissions de CO2.