FRANCE - La direction de la SNCF réunira ce vendredi 02 septembre 2005 à 14h00 l'ensemble des fédérations syndicales de cheminots pour une première table ronde sur la "mise en place de l'intéressement", a-t-on appris ce en début de semaine.
Selon un porte-parole de la SNCF, la loi Breton du 26 juillet 2005 (du nom de l'actuel ministre des l'économie et des finances) pour la confiance et la modernisation de l'économie "ouvrira une fenêtre d'opportunité à la SNCF pour la mise en place de l'intéressement sous condition de la concrétisation d'un accord d'ici au 30 septembre"
L'idée est belle dans les grandes lignes et semble prometteuse... sauf que le 11 avril dernier, une réunion sur ce thème avait déjà tourné court, la majorité des syndicats s'étant déclarés hostiles à cette mesure. Pire : le principal syndicat, la CGT Cheminots, avait même à l'époque déclaré qu'Il n'était pas question pour elle d'entrer, je cite, "dans un quelconque système d'intéressement qui romprait avec l'unicité de traitement des cheminots"... .on en sourirait presque aujourd'hui en 2005 si son secrétaire général, Didier Le Reste (encore lui) n'en 'avait pas rajouté une couche en confirmant cette semaine cette position, estimant que "la direction peut très bien verser une prime (exceptionnelle) aux cheminots sans pour autant conclure un accord d'entreprise qui se révèlerait être une façon de museler les syndicats au moment des négociations salariales". Du pognon à la clé ? d'accord ! mais pour ce qui est de vous donner une contrepartie, vous pourrez donc toujours repasser...
A l'inverse, rappelons que la CFTC-cheminots, un peu moins buté en la matière s'était elle précédemment prononcée en faveur de ce système, indiquant qu'"un tel intéressement permettrait aux cheminots, en plus des évolutions salariales, de leur redistribuer les gains de la productivité que la SNCF lui impose et dont elle tire aujourd'hui seule les bénéfices".
Alors qui a tord, qui a raison ? La loi du 26 juillet 2005 stipule que "les entreprises qui souhaitent accorder à leurs salariés une prime exceptionnelle d'intéressement liée aux résultats enregistrés en 2004 peuvent le faire d'ici le 31 décembre 2005, dans le cadre d'un accord spécifique conclu avant le 30 septembre 2005".
La loi Breton précise également que "cette prime exceptionnelle ne revêt pas le caractère de rémunération". Vraiment pas de quoi fouetter un chat donc.... ni même de quoi organiser une levée de boucliers. Mais bon, à force d'en parler...gageons que les mentalités finiront par évoluer.

Espoir d'un accord sur l'intéressement pour les employés à la SNCF - bon c'est pas gagné, mais on y croit...