BELGIQUE - Désormais active sur un marché ouvert à la concurrence et qui dépasse les frontières belges, la SNCB a dû optimiser la gestion de son matériel roulant. Une volonté qui passe par une meilleure connaissance de la position et du statut opérationnel de ses engins de traction. La division ICT de la SNCB Holding a ainsi développé un service appelé Atlas (Advanced Traction Vehicle Location & Administration System), système de suivi et de gestion destiné aux gestionnaires du parc des engins de traction (managers, répartiteurs, dépanneurs,...) pour le transport des marchandises. Grâce à Atlas, la SNCB remporte un ICT Trends Award pour la seconde année consécutive. En 2004, elle avait obtenu un prix pour la vente des tickets sur l'Internet.
Suite à la libéralisation du secteur, les chemins de fer belges ont bouleversé leur organisation. Les voies et les gares relèvent désormais d'une société nommée Infrabel, tandis que l'exploitation des lignes revient à la SNCB, le tout étant chapeauté par la SNCB Holding. C'était donc l'occasion de moderniser la gestion du matériel roulant en améliorant son suivi.
Dès qu'une locomotive quittait le territoire belge, la SNCB n'avait pas de moyen automatisé de savoir où elle était. C'est aujourd'hui possible avec le dispositif Atlas. «La vue plus globale sur les besoins en temps réel et le fait que tous les parcours et mouvements soient enregistrés permettent aux gestionnaires de pouvoir éliminer des services de matériel et de personnel non rentables», note Bernadette Cary, chef de projet ICT à la SNCB. Auparavant, le travail était totalement manuel.
Atlas s'appuie sur deux composants : l'unité mobile, installée sur les locomotives (490 sur 730 sont équipées à ce jour), et la centrale, composée d'une base de données et d'une application. La centrale assure le suivi en temps réel du matériel, localise les engins sur une carte et gère leur statut technique. Elle peut ainsi recevoir des messages indiquant, par exemple, que le klaxon est défectueux. Selon l'urgence, le personnel gérant la coordination du réseau peut programmer la réparation quelques stations plus loin. Ce dispositif génère également des statistiques.
Les informations concernant le matériel sont générées par deux éléments : un récepteur GPS posé sur chaque locomotive, qui fournit la position du matériel à 20 mètres près. Et un système de messagerie utilisant le standard SMS sur le réseau de Mobistar, en attendant l'ouverture du réseau GSM-R de la SNCB. A chaque fois qu'il change de train, le conducteur doit introduire le numéro du train et sa charge. A intervalles réguliers, les messages textuels, les données GPS et celles communiquées par le conducteur sont envoyées vers la centrale pour être ensuite transférées vers un point central de coordination où sont rassemblées toutes les données du parc des engins de traction. De cette manière, la SNCB peut savoir à tout moment où et sur quel parcours se trouve une locomotive. Elle visualise aussi le planning des machines sous la forme d'un diagramme.
Le projet s'est déroulé en plusieurs phases. Démarrée en octobre 2003, la mise en production s'est achevée en octobre 2005 avec l'installation du module de gestion du roulement (planification en temps réel) et de gestion des alarmes. Depuis lors, le système Atlas a permis à la SNCB de réaliser des économies pour un montant de euro 17 millions. Selon Bernadette Cary, Atlas est un projet très novateur pour le secteur car c'est le seul qui associe la localisation et la gestion de engins.

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