FRANCE - Guillaume Pepy, président de la SNCF a expliqué ce jeudi à Lyon, lors d’une conférence de presse, que
l’entreprise était prête à investir 50 millions d’euros pour réaliser plusieurs investissements destinés à débloquer les verrous dans les infrastructures de fret.
Guillaume Pepy , dont c'était la première visite en région, a souligné la très bonne tenue du fret en ce début d’année 2008, en France, mais aussi en Rhône-Alpes : plus 10% sur la région lyonnaise, plus 20% sur la région de Chambéry.
Mais le réseau ferré, a rappelé le président fraichement nommé de l'entreprise nationale de transport, est
en bien des endroits saturé : il l’est sur sur les lignes elles-mêmes, dans des gares, mais aussi dans des plates-formes comme les hubs ( plaques tournantes) autour desquelles la SNCF veut
développer des services de marchandises rapides, réguliers, fiables.
Or, le
président de la SNCF veut débloquer rapidement la situation en aidant Réseau Ferré de France à moderniser les installations : signalisations, aménagement permettant de fonctionner sept jours
sur sept. Pour cela la SNCF pourrait apporter 50 millions d’euros, dont une partie pourrait être investie sur le triage de Sibelin , l’une des trois
plates formes nationales, avec Villeneuve près de Paris, et Woippy, près de Metz) base du futur système
de Haut Débit Ferroviaire. Les modalités de cette participation ne sont pas précisées. " Il arrive qu'un locataire réalise des travaux qu'un propriétaire ne réalise pas" explique Guillaume Pepy.
En effet, la SNCF n'est pas propriétaire des installations qui sont propriété depuis une dizaine d'année de Réseau Ferré de France, qui les loue au transporteur.
Le système de Haut débit ferroviaire est un système à trois niveaux. Le niveau supérieur avec les hubs principaux de Sibelin, Woippy et Villeneuve, avec le hub d’appui de Gevrey Chambertin, près de Dijon, est un système de super triages reliés pas des liaisons
toutes les trois heures. Un wagon qui arrive à l’heure dans un de ces triages est assuré de repartir pour l’un des deux autres triages pour y arriver dans des délais
garantis. Le niveau situé en dessous des hubs est constitué de 31 plateformes dont chacune est reliée à un hub entre 2 et 4 fois
par jour. Grenoble est une telle plate-forme, reliée plusieurs fois par jour à Sibelin mais aussi aux deux autres hubs. Des solutions de rabattement permettent d’apporter du fret aux plateformes.
Cette organisation hiérarchisée doit permettre d’améliorer la qualité du service, et de reprendre des parts d'activité sur un marché où la SNCF doit faire face à des concurrents, français
comme Rail Link, filiale de Véolia et de CMA-CGM, ou ECR, filiale de Deutsche Bahn. Le
président de la SNCF estime que l'opérateur national doit devenir un des grands opérateurs mondiaux, et d'abord européen du fret, la voie ferrée étant un système de transport plus intéressant sur
le plan environnemental. Pour cela, la SNCF devra passer des alliances comme elle l'a réalisé avec la Poste pour proposer de nouveaux services, avec des connexions intermodales.
La SNCF entend ainsi être présente tout au long de la chaine de fret. Avec le secteur aérien, l'entreprise prépare la mise en route de trains à grand vitesse capable de transporter
des conteneurs aériens. Cela impliquera la plate-forme de Saint-Exupéry comme celle de Roissy. Pour le courriers, puis pour la messagerie express, le train deviendra une alternative européenne à
l'avion. Chaque nuit en effet, des avions relient les aéroports européens pour transporter courriers express et colis. Le maillage ferré européen pourrait rendre le même service à un coût
environnemental évidemment plus intéressant. En ce sens, la SNCF va donc lancer des TGV Cargo
capables de transporter des marchandises. Enfin, l'entreprise va aussi lancer des alliances avec des acteurs du transport fluvial.
Guillaume Pepy a annoncé par ailleurs lors de sa venue à Lyon, plusieurs autres informations concernant la région Rhône-Alpes. Le 3 avril aura lieu le lancement officiel ( mais le
lancement commercial aura lieu le lundi 31 mars), des IdTGV entre Lyon et Paris. Il sera possible, en passant toutefois une nuit à Paris de réaliser le voyage au prix de 19 euros l'aller, 38
euros l'aller-retour en ayant réservé assez à l'avance. Enfin, Le technicentre de maintenance des TGV installé à
Lyon sera opérationnel au début de 2009. Guillaume Pepy et Alain Sermet ont fait aussi le point sur les TER et sur le cadencement dans la région.

Le président de la SNCF est prêt à injecter 50 millions d'euros pour faire sauter les points noirs du réseau fret, par exemple sur la plate forme
de Sibelin, dans le Rhône. " Ouuuuuui c'est des fauchés, à RFF... alors on va s'en charger : on est pété de thunes..."