Mardi 13 mars 2007

Un produit ne se vend plus seul : souvent, le marché oblige à vendre également la technologie sous-jacente. Les entreprises se voient alors contraintes de garder une longueur d’avance sur les innovations futures.

En ce qui concerne les machines tournantes embarquées et notamment les moteurs de TGV, une piste prometteuse doit être étudiée pour gagner en puissance et en gain d’énergie : distribuer la force motrice sur les roues. Si l’on prend le TGV pour exemple, deux voitures d’une rame sont actuellement mobilisées pour abriter les moteurs. Il serait énergétiquement plus rentable d’installer un moteur sur chaque essieu, tous étant couplés entre eux grâce à l’électronique de commande. Or, pour cela, la taille des moteurs doit réduire de façon drastique, pour passer à des dimensions de l’ordre de 500 mm de diamètre sur 1 m de long. Voilà pourquoi ALSTOM, dont Ornans (25) est le centre d’excellence mondial pour le développement de moteurs électriques, a sollicité l’ENSMM (École nationale supérieure de mécanique et des microtechniques) de Besançon.

Un consortium a été créé, constitué de seize PME autour d’ALSTOM, du LAB, du LMS, de FEMTO-ST, de l’institut de traitement de surfaces de Franche-Comté et de l’institut de productique. Son programme de travail sur trois ans est ambitieux : il s’agit d’intervenir sur le design et le dimensionnement des moteurs pour gagner en puissance, sur la réalisation et l’assemblage et enfin sur la surveillance et la maintenance, en définitive, sur toutes les problématiques associées à la conception de moteurs.

Quatre projets plus précis ont été labellisés par le pôle des microtechniques. Pour chacun de ceux-ci, laboratoires, entreprises et instituts de transfert œuvrent ensemble. Le premier concerne l’amélioration des performances de découpage des tôles revêtues. Les rotors des moteurs sont constitués d’un empilement successif de couches magnétiques et isolantes.

Pour éviter les pertes et gagner en efficacité, deux couches magnétiques ne doivent absolument pas entrer en contact. La précision de la découpe (à 20 µm près) devient donc un facteur déterminant pour, à puissance égale, gagner en volume. Ce projet inclut également l’étude de l’usure des outils afin d’améliorer le rendement de production.

Le deuxième axe des recherches s’attache à trouver des solutions alternatives à l’utilisation du chrome 6 dans les revêtements anticorrosion.

Le troisième volet « ingénierie, conception et simulation des structures des machines » a pour objectif de caractériser le fonctionnement des machines électriques embarquées, soumises à de très fortes contraintes (chocs, vibrations, échauffements…). Les propriétés mécaniques et le comportement d’un assemblage hétérogène à structure compacte doivent être décrits en vue d’optimiser le design des machines.

Enfin, le quatrième projet porte sur l’amélioration de la fiabilité des machines tournantes. En se fondant sur l’analyse de retour d’expériences par les techniques de réseaux de neurones et de logique floue, l’outil développé serait à même d’établir un pronostic sur l’état du système. Couplée à cette analyse, une étude de la maintenabilité (avec l’introduction de capteurs spécifiques ou non) sera effectuée. Enfin, les résultats attendus seront intégrés dans une plate-forme de e-maintenance.

Établie pour une durée de trois ans renouvelable, cette plate-forme globale associe de nombreux partenaires tant académiques qu’industriels (ALSTOM, mais aussi nombre de ses sous-traitants). En regroupant ainsi des savoir-faire disparates sur un même objectif, les résultats obtenus, qui auront pour ambassadeurs les moteurs ALSTOM, peuvent permettre d’apporter une reconnaissance mondiale de la Franche-Comté dans ces domaines. De plus, les thématiques étant très génériques, le transfert à d’autres disciplines des connaissances capitalisées et des techniques développées devrait enrichir les potentialités d’innovation des PME de la région.

 

  Image:Napier Deltic Engine.jpg

 À quoi ressembleront les moteurs de train de demain ? ALSTOM s’appuie sur les compétences de l’ENSMM pour penser les nouvelles machines tournantes embarquées. Y'a de la synergie dans l'air...

par endirect.univ-fcomte.fr publié dans : DOSSIER
commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Samedi 3 février 2007

 Si tout va bien, le TGV devrait établir un nouveau record de vitesse en 2007. La SNCF y travaille, en marge du lancement du TGV Est. Alors que dans d’autres pays, les projets concurrents ne manquent pas... Panorama :
 

 EN FRANCE, Le TGV Est - Nom de code : V 150, pour 150 mètres/seconde. Vingt-six ans après sa mise en service, et dix-sept ans après son propre record à 515 km/h, le train français devrait passer la barre des 550 km/h en avril 2007. La tentative aura lieu sur un tronçon du futur TGV-Est qui doit entrer en service le 10 juin prochain.

Avec cette nouvelle performance, le TGV, qui a transporté 1,3 milliard de passagers en 25 ans sur les 650 rames exploitées chaque jour, espère conserver son avance sur les autres concurrents étrangers.

 

<B>Le TGV Est -</B> Nom de code : V 150, pour 150 mètres/seconde. Vingt-six ans après sa mise en service, et dix-sept ans après son propre record à 515 km/h, le train français devrait passer la barre des 550 km/h en avril 2007. La tentative aura lieu sur un tronçon du futur TGV-Est qui doit entrer en service le 10 juin prochain.<BR><BR>Avec cette nouvelle performance, le TGV, qui a transporté 1,3 milliard de passagers en 25 ans sur les 650 rames exploitées chaque jour, espère conserver son avance sur les autres concurrents étrangers.<BR><BR>Crédit: SNCF 

Franchement... ça a de la gueule, non ?

 

 EN ESPAGNE, c'est le Velaro qui reliera courant 2007 Madrid à Barcelone en moins de deux heures et demi à environ 350 km/h. Il s’agit en fait de la troisième version de l'ICE (InterCityExpress), un train à grande vitesse développé par Siemens et déjà exploité par la Deutsche Bahn, en Allemagne. A la différence du TGV, il est composé de voitures indépendantes où la motorisation est répartie sur toute la rame.

Depuis 2001, Alstom travaille d’ailleurs sur l'AGV (automotrice à grande vitesse), destiné aux liaisons interrégionales entre les villes moyennes. Les premiers essais de certification devraient être réalisés au début de l’année 2008.

 

<B>Le Velaro espagnol -</B> Courant 2007, ce train reliera Madrid à Barcelone en moins de deux heures et demi à environ 350 km/h. Il s’agit en fait de la troisième version de l'ICE (InterCityExpress), un train à grande vitesse développé par Siemens et déjà exploité par la Deutsche Bahn, en Allemagne. A la différence du TGV, il est composé de voitures indépendantes où la motorisation est répartie sur toute la rame.<BR><BR>Depuis 2001, Alstom travaille d’ailleurs sur l'AGV (automotrice à grande vitesse), destiné aux liaisons interrégionales entre les villes moyennes. Les premiers essais de certification devraient être réalisés au début de l’année 2008.<BR><BR>Crédit: D.R.
 
Un profil au design, comment dire... très germanique pour le train à grande vitesse espagnol...
 
 
AU JAPON,  C'est le « Fastech 360Z »qui s'impose - Derrière ce nom se cache un projet de train à grande vitesse développé par la société East Japan Railway Co. Doté de six voitures, il pourra atteindre les 360 km/h lors d'un voyage standard et effectuer des pointes à 400 km/h. Ses « oreilles » sont faites pour freiner en urgence, en cas de séisme par exemple.

La compagnie ferroviaire japonaise JR East a débuté les tests en avril 2006. Ils devraient durer deux ans. La JR East réfléchit également à un train à lévitation électromagnétique, une technologie déjà exploitée avec plus ou moins de succès par d’autres pays.

 

<B>Le « Fastech 360Z » japonais -</B> Derrière ce nom se cache un projet de train à grande vitesse développé par la société East Japan Railway Co. Doté de six voitures, il pourra atteindre les 360 km/h lors d'un voyage standard et effectuer des pointes à 400 km/h. Ses « oreilles » sont faites pour freiner en urgence, en cas de séisme par exemple.<BR><BR>La compagnie ferroviaire japonaise JR East a débuté les tests en avril 2006. Ils devraient durer deux ans. La JR East réfléchit également à un train à lévitation électromagnétique, une technologie déjà exploitée avec plus ou moins de succès par d’autres pays.<BR><BR>Crédit: D.R. 

Bon OK, il ne sera surement pas nominé pour le premier prix de beauté, mais pour le reste... faut voir...

 

EN CHINE, le choix se porte sur Le Maglev. Dans son roman « Paris au XXe siècle », Jules Verne avait imaginé un train à propulsion électro-pneumatique. Cette idée futuriste n’appartient plus à la science-fiction. Depuis 2003, un train sans roues circule à la vitesse maximum de 430 km/h entre Shanghai et l'aéroport de Pudong. Cette rame, qui flotte à 10 mm au-dessus des rails, fonctionne sur le principe de la lévitation magnétique développé dès 1969 par les Allemands.

 

En mars 2006, la Chine a décidé de construire une deuxième ligne Maglev longue de 175 kilomètres reliant Shanghai à Hangzhou dans l'est du pays. Elle devrait entrer en service à l’occasion de l'Exposition universelle à Shanghai en 2010.

 

<B>Le Maglev -</B> Dans son roman « Paris au XXe siècle », Jules Verne avait imaginé un train à propulsion électro-pneumatique. Cette idée futuriste n’appartient plus à la science-fiction. Depuis 2003, un train sans roues circule à la vitesse maximum de 430 km/h entre Shanghai et l'aéroport de Pudong. Cette rame, qui flotte à 10 mm au-dessus des rails, fonctionne sur le principe de la lévitation magnétique développé dès 1969 par les Allemands.<BR><BR>En mars 2006, la Chine a décidé de construire une deuxième ligne Maglev longue de 175 kilomètres reliant Shanghai à Hangzhou dans l'est du pays. Elle devrait entrer en service à l’occasion de l'Exposition universelle à Shanghai en 2010.<BR><BR>Crédit: D.R. 

 Les chinois optent pour leur part pour le train à sustentation magnétique. c'est un style...

 

 ET EN SUISSE pour terminer, où des ingénieurs suisses travaillent sur un projet encore plus fou : le Swissmetro. Ce métro pourrait voir le jour vers 2015 et ne relierait que les centres des principales villes suisses, distants chacun de 40 à 80 km.

 

Pour atteindre de telles performances, il circulera dans des tunnels à vide partiel et « flottera » à 20 mm au-dessus de la voie grâce à la lévitation magnétique. Un moteur électrique, mesurant 5 mètres de long, sera installé tous les 190 mètres de voie et assurera l'énergie électrique.

 

La technique des tunnels à vide partiel permet de réduire au maximum la résistance à l’air. La création et l'entretien de ce vide reposent sur de puissantes pompes placées tout au long des tunnels. Les rames seront pressurisées comme dans les avions. Pour l’instant, le Swissmetro n’est qu’un projet, faute d’investisseurs.

 

<B>Le métro du futur -</B> Des ingénieurs suisses travaillent sur un projet encore plus fou : le Swissmetro. Ce métro pourrait voir le jour vers 2015 et ne relierait que les centres des principales villes suisses, distants chacun de 40 à 80 km.<BR><BR>Pour atteindre de telles performances, il circulera dans des tunnels à vide partiel et « flottera » à 20 mm au-dessus de la voie grâce à la lévitation magnétique. Un moteur électrique, mesurant 5 mètres de long, sera installé tous les 190 mètres de voie et assurera l'énergie électrique.<BR><BR>La technique des tunnels à vide partiel permet de réduire au maximum la résistance à l’air. La création et l'entretien de ce vide reposent sur de puissantes pompes placées tout au long des tunnels. Les rames seront pressurisées comme dans les avions.  Pour l’instant, le Swissmetro n’est qu’un projet, faute d’investisseurs.<BR><BR>Crédit: D.R. 
Sans doute le projet le plus fou : un "train-avion" qui volerait literalement au dessus des voies en Suisse. seul problème : le coût. Va donc falloir en vendre, du chocolat suisse, avant de réaliser le projet. Et à la tonne...

 

par News.fr publié dans : DOSSIER
commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Vendredi 2 février 2007

 FRANCE - Les résultats 2006 de la ponctualité des circulations sur le réseau de Transilien SNCF confirment ce que beaucoup d’observateurs pressentaient au fil des mois : les trains sont de plus en plus en retard et ce sur la quasi-totalité des axes. Le STIF et la SNCF ne semblent toujours pas avoir trouvé de recette miracle pour mettre un terme à cette spirale infernale.

Les chiffres de la ponctualité de l’ensemble du réseau Transilien pour l’année 2006 ne sont en effet pas bons. Pire, ils régressent sur la majeure partie des axes. Seuls 5 axes améliorent leurs résultats par rapport à l’année 2005 avec toutefois de profondes disparités. Il est à noter la très forte croissance de la régularité sur l’ensemble du réseau Paris-Est qui pourrait avoir profité du retrait de nombre de rames tractées (RIB/RIO, VB2N) au profit d’automotrices (Z2N et MI2N pour le RERE). L’ensemble du réseau Transilien est passé de 8.9% à 9.2% de circulations accusant au moins 5 minutes de retard à destination durant les heures de pointe.

Sans grande surprise, le RERD reste à (JPEG) la tête des mauvais élèves puisqu’en 2006, 15% des trains accusaient plus de 5 minutes de retard aux heures de pointe. Ici, les maux sont connus, reste à les contrer. De manière assez surprenante, une très franche dégradation a pu être observée sur l’axe St-Quentin / La Défense (13%) qui souffre à la fois de la traversée du nœud de Versailles-Chantiers et surtout de son interconnexion avec le réseau St-Lazare. Il est avéré que l’interconnexion entre 2 réseaux n’est jamais bénéfique pour la régularité des convois. Du côté des bons élèves, RER E et les groupes II et III de Paris St-Lazare restent des valeurs sûres et sont les seules lignes à respecter les critères habituels de certification.

 

Un malaise bien ancré

Comme souvent, il est difficile de pointer du doigt une cause principale de cette poussée de fièvre qui semble de plus en plus difficile à juguler malgré quelques efforts « visibles » initiés par le STIF et la SNCF depuis plusieurs années. Une nouvelle fois, aucune cause prépondérante ne sort comme responsable et les analystes de tout poil pointeront du doigt à la fois la chute des feuilles, le manque et l’indisponibilité croissante du matériel roulant, la tension sur les effectifs, la malveillance, la vétusté des installations et du matériel ....

(JPEG)
Symbole de la vétusté du matériel : une Z5300 (Photo Guess)
 
Transilien a pris conscience du problème de l’irrégularité chronique de ses lignes à l’orée de l’année 2000 en mettant en place une « Mission Régularité » précisément chargée de comprendre cet état de fait et d’apporter une réponse à la question « Pourquoi et comment en est-on arrivé là ? ». De nombreuses causes avaient été considérées à l’époque comme responsables, tant internes qu’externes, touchant à la fois un environnement hostile, le matériel, les cheminots eux-mêmes, leur mode de fonctionnement, leur hiérarchie, le réseau. Sur la base des réponses apportées par le rapporteur M. Portal et face aux injonctions répétées des usagers, il faut reconnaître que des efforts ont été entrepris sur l’infrastructure et le matériel, ainsi que sur l’organisation interne de l’entreprise. Reste que les résultats ne suivent pas puisque le retard pris durant des décennies était tel qu’allié avec d’autres soucis plus « contemporains », le train à l’heure n’est toujours pas sur les rails, loin s’en faut !

 

Un long chemin de croix

Ces chiffres semblent problématiques à bien des égards. Le plus symptomatique étant l’image de marque de plus en plus écornée d’une SNCF pour qui l’opinion reconnaît un affaiblissement du professionnalisme de transporteur. Surexposée, elle est souvent jugée comme responsable d’une situation qui semble de toute manière lui échapper. Les clients, et par ricochet les élus et les médias, expriment de plus en plus fort leur mécontentement à ce sujet. Alors que faire de la part du STIF et de Transilien ? Déjà les relations entre l’autorité de régulation des transports franciliens et la SNCF apportent un environnement contractuel sur lequel se baser, sans que cela ne paraisse suffisant. Des investissements lourds sont nécessaires, parfois même engagés, mais les résultats ne sont souvent attendus qu’à moyen terme. En attendant, le mal est profond et semble perdurer plus que de raison. Il y a urgence.

(JPEG)
Le RER D toujours à la traîne (Cliché P. Baldy)
 
-  Pourcentage de trains du réseau Transilien en retard (trains accusant plus de 5 minutes de retard à l’arrivée aux heures de pointe)
 
LIGNE 2005 2006 RESEAU 2005 2006
RERD 13,7% 15% Réseau Paris St-Lazare Nord 9% 8,6%
Ligne St Quentin-La Défense 8,7% 13,8% Réseau Paris Gare-de-Lyon 8,5% 8,2%
Ligne Paris-Crepy 13,7% 11,6% RERA 7,2% 7,9%
RERB 8,4% 11,4% Réseau Paris-Nord 7,7% 7,1%
Réseau Paris-Est 13,5% 10,1% RERE 6,3% 6,6%
Réseau Paris-Montparnasse 8,7% 9,4% Réseau Paris-St Lazare Sud 5,2% 5,6%
RERC 8,6% 8,7% Ensemble du réseau Transilien 8,9% 9,2%
par Metro-Pole.net publié dans : DOSSIER
commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Samedi 23 décembre 2006

 Les voyageurs qui empruntent le Transsibérien traversent 10 fuseaux horaires, font un arrêt à la seule gare du monde construite entièrement en marbre (à Sludyanka, au kilomètre 5311) et franchissent le plus long pont de la Fédération russe (le pont sur l'Amour, qui mesure 2612 mètres). Partis de Moscou, ils arrivent à Vladivostok, au terme de six jours de voyage, après avoir longé le lac Baïkal sur 207 kilomètres et la mer du Japon sur 39 kilomètres.

 

Avec ses 9258 kilomètres, le Transsibérien est le plus long parcours ferroviaire du monde. D'autres grandes voies de chemin de fer sont auréolées d'un prestige similaire, parce qu'elles traversent d'énormes étendues et parce que leur construction a marqué l'histoire du continent où leurs rails se déploient. C'est le cas du Canadien Pacifique, de la voie qui relie le Cap à Victoria Falls, en Afrique australe, et, naturellement, du fabuleux Orient- Express, qui a inspiré Agatha Christie (Le Crime de l'Orient-Express), Graham Greene (L'Orient-Express), D.H. Lawrence (L'Amant de lady Chatterley) et tant d'autres écrivains. L'Orient Express, qui reliait Paris à Istanbul, reste cependant le modèle de référence des convois de grand luxe qui font aujourd'hui vrombir les rails de ces parcours mythiques.

 

L'idée de construire des voitures luxueuses a germé, un peu après la guerre de Sécession, dans l'esprit d'un homme d'affaires américain, George Pullman. Souvent appelé à voyager, il trouvait les trains de son pays particulièrement inconfortables. En 1867, il fonda, à Chicago, la Pullman Palace Car Company, une entreprise qui usinait des wagons de grand luxe. La plupart des convois ferroviaires américains ont mis rapidement un ou plusieurs wagons Pullman à la disposition de leurs passagers de première classe. Ce sont ces salons roulants qui ont inspiré Georges Nagelmakers, qui lança l'Orient Express, en 1883.

 

Moins d'un siècle plus tard, les trains de grand luxe ont été remisés à la fourrière, déclassés par la popularité de l'avion. C'est encore à un homme d'affaires américain, James Sherwood, qu'ils doivent leur résurrection. Il relança l'Orient Express en 1980. Et son idée allait être reprise à travers le monde : l'Eastern & Oriental Express a pris les rails en 1993; le Shongololo a été lancé en 1995 ; l'American Orient Express roule depuis 1997; le Royal Canadian Pacific a repris du service en 2000, et on pourrait en nommer des dizaines d'autres.

 

Nous n'avons retenu que les plus prestigieux et les plus luxueux d'entre eux. Nous aurions pu décrire aussi l'American Orient Express qui, du Canada au Mexique, offre peut-être la plus grande variété de parcours; le Royal Scotsman, qui se faufile entre les lochs des hautes terres d'Écosse; l'India Pacific et le Ghan, qui traversent l'Australie d'est en ouest et du sud au nord, ou encore le Desert Express, qui file dans la fournaise des deux grands déserts de Namibie...

 

Nous aurions pu encore évoquer ceux qui n'ont rien de luxueux mais qui desservent des parcours ferroviaires improbables : le Dakar-Bamako et le Addis-Abeba Djibouti, en Afrique, le Hanoi-Kunming, aussi nommé «le train du Yunnan», le Chihuahua-Los Mochis, auMexique, qui longe sans doute le parcours le plus spectaculaire du monde, à travers le Cooper Canyon, ou encore le Lima-Huancayo, qui mérite le titre de «plus haut train du monde» parce qu'il grimpe jusqu'à 4829 mètres d'altitude dans la cordillère des Andes et qu'on y tient des bonbonnes d'oxygène à la disposition des passagers sujets au mal des hauteurs.

 

Mais à Passion-Trains, nous nous sommes limités à six trains fabuleux qui concrétisent la convergence entre l'histoire et le raffinement. Les parois de leurs wagons-lits, leurs voitures-restaurants et leurs salons sur rails sont tous lambrissées de bois semi-précieux, souvent burinés de délicates marqueteries. Les compartiments sont des petites suites et on en trouve rarement plus d'une demi-douzaine par wagon. Quant au prix du voyage, il est généralement à la mesure du décor et du service dispensé à bord : somptueux !

 

 En voiture avec Passion-Trains pour découvrir les trains de légende et de grand Luxe ! Et pour Madame, une tasse de thé avec un nuage de lait conviendra t'il ?

 

I.- Le Transsibérien : le plus long parcours du monde

Le projet de construction d'une voie ferrée qui relierait Moscou à la mer du Japon a mûri dès le milieu du XIXe siècle. Les tsars y voyaient un moyen d'acheminer rapidement des troupes et du matériel militaire vers les régions de l'Extrême-Orient russe convoitées par le Japon, comme la Mandchourie. La construction a débuté au milieu des années 1890, mais, bloqué par la guerre russo-japonaise de 1905, le projet n'a été mené à terme qu'en 1916, un an avant que n'éclate la révolution. Sous le régime soviétique, les rails du Transsibérien ont permis d'envoyer des colons russes peupler les steppes désertes de Sibérie et d'acheminer les forçats vers les îlots extrême-orientaux de l'archipel du Goulag.

 

Aujourd'hui, le Rossiya, qui effectue le parcours classique de Moscou à Vladisvostok, quitte la capitale russe tous les deux jours. Les billets pour le parcours complet se vendent entre 315 euros l'aller simple (en compartiment à quatre lits) et 621 euros (compartiment à deux lits). Deux autres grands convois empruntent les mêmes voies jusqu'en Sibérie centrale : le Transmandchourien, qui bifurque vers Pékin, quitte Moscou tous les vendredis, et le Transmongolien, qui traverse le désert de Gobi jusqu'à Oulan-Bator, tous les mardis. Les billets permettent de descendre dans les gares sibériennes et de poursuivre le voyage plusieurs jours plus tard.

 

Deux trains privés de grand luxe empruntent également les voies du Transsibérien. Le plus luxueux des deux appartient à une compagnie britannique, GWTravel/The Trans-Siberian Express Company, qui propose des itinéraires de 15 jours assortis de visites des endroits les plus intéressants du parcours, où le train fait office d'hôtel.

 

Pour le parcours classique, de Moscou à Vladisvostok, il faut compter entre 4.670 euros (en classe Héritage) et 9.340 euros (en classe Golden). Les tarifs incluent tout, y compris les transferts depuis l'aéroport à Moscou et Vladivostok et l'hébergement dans ces deux villes. GW Travel propose également des itinéraires ferroviaires de 21 jours sur la Route de la soie, via le Kazakhstan et les villes mythiques d'Asie centrale que sont Tachkent, Samarcande, etc. (de 7.185 euros à 12.575 euros).

 

 

Le transsibérien, ou comment passer 53, 56 et 62 heures dans un train... pour ceux qsui ont le temps, ou qui en veulent pour leur argent...

 

II.- Le Venise-Simplon Orient-Express : le modèle absolu

C'est à la faveur d'un voyage aux États-Unis que l'industriel belge Georges Nagelmakers tomba sous le charme de ces salons sur rails qu'étaient les voitures Pullman. De retour en Europe, il s'ingénia à surpasser le modèle. Cuir, velours, bois précieux incrustés de marqueteries, cristal, argenterie rien n'était trop beau pour décorer et meubler les voitures d'un train que Georges Nagelmakers voulait le plus luxueux du monde. En 1883, le premier convoi ferroviaire européen de grand luxe s'ébranla sur les rails qui reliaient Paris à Bucarest, en quatre jours. Les voyageurs empruntaient un paquebot pour poursuivre leur périple vers Constantinople, comme on appelait alors Istanbul, par le delta du Danube et la mer Noire. L'Orient-Express était né. Une vingtaine d'années plus tard, l'ouverture d'un tunnel sous le Simplon, entre la Suisse et l'Italie, lui valut un petit frère qui effectuait le trajet en traversant la Yougoslavie et la Grèce : le Simplon Orient-Express.

 

Le premier fut remisé en 1962, victime de la guerre froide, et le second alla le rejoindre en 1977, boudé par le jet-set qui lui préférait l'avion. Restaurées par le millionnaire américain James Sherwood, leurs 11 voitures-lits construites entre 1926 et 1931 glissent à nouveaux sur quelques grands parcours ferroviaires d'Europe. Le souci de restituer l'ambiance d'origine est tel qu'on a gardé les cabinets de toilettes d'origine, dont l'eau chaude est fournie par des petits poêles à bois. Comme l'itinéraire le plus fréquemment emprunté est le parcours Paris-Venise, le convoi a été baptisé «Venise-Simplon Orient- Express». Lorsqu'il ne fait pas la navette entre la capitale française et la cité des doges, le train se promène entre la France et les capitales d'Europe centrale. Une fois par an, il effectue le trajet d'origine entre Paris et Istanbul. Ce forfait de six jours, assorti de courts séjours à Budapest et Bucarest, se vend 6290 euros. Le parcours de Paris à Venise, via Innsbruck, se détaille 1785 euros pour une nuit et deux jours à bord du train.

 

 

Voyage de rêve pour voyageurs nostalgiques à bord du Venise-Simplon Orient-Express et qui accessoirement se ballade églement du coté d'Istambul en Turquie, et de Vienne en Autriche...

 

III.- Le Royal Canadian Pacific : des wagons construits à Montréal

Le chemin de fer transcontinental canadien est le fruit d'une disposition incluse dans l'acte d'adhésion de la Colombie-Britannique à la Confédération canadienne, en 1871. On y stipulait qu'une voie de chemin de fer devrait être construite dans les 10 ans qui suivraient pour relier la nouvelle province aux grands centres urbains de l'Est. Les premiers rails en direction des Prairies ont été posés en 1881 et le dernier crampon a été enfoncé à Craigellachie, en Colombie-Britannique, le 7 novembre 1885.

Le Royal Canadian Pacific est donc étroitement associé à l'histoire du Canada, tout comme ses wagons lambrissés de chêne circassien. Construits à Montréal aux usines Angus, pendant les années 20, ils ont transporté le président Roosevelt, le roi Édouard VIII et Wallis Simpson, le premier ministre MacKenzie-King, Winston Churchill, George VI et Élizabeth II.

 

Aujourd'hui, ces sept voitures promènent 32 passagers, jamais plus, à travers les Rocheuses, généralement au départ de Calgary. L'itinéraire le plus populaire est le «Canadian Rockies», qui passe par Banff et le lac Louise, avant de longer la rivière Columbia, en Colombie-Britannique, et de revenir à Calgary par Lethbridge. Coût pour six jours de voyage, en formule tout compris, ce qui inclut les excursions et les consommations : 4740 euros.

 

Mais la compagnie, qui est une filiale du Chemin de fer Canadien Pacifique, propose également des parcours de golf (3880 euros pour six jours), de pêche à la mouche dans les lacs des Rocheuses (4740 euros pour six jours), ou encore des croisières ferroviaires gastronomiques de Calgary à Kamloops (4900 euros pour six jours). C'est qu'on réserve une attention méticuleuse à la cuisine servie à bord. Les quatre chefs qui veillent sur les fourneaux sont tous québécois. Le chef principal, Denis Sirois, a travaillé cinq ans sous la supervision de Daniel Vézina, au Laurie Raphaël de Québec.

 

Un autre train réputé, le Rocky Mountaineer, fait la navette entre Calgary et Vancouver. Mais il n'est pas aussi luxueux que le Royal Canadian Pacific et on ne dort pas à bord.

www.royalcanadianpacific.com
www.rockymountaineer.com

 

 Bon ok, c'est un autre style, mais les amateurs de grands espaces s'y retrouvent... Le top pour rejoindre sa cabane au Canada...

 
IV.- L'Eastern & Oriental Express : entre jungle et rizières

Encouragés par le succès du Venise-Simplon Orient-Express, les dirigeants de la compagnie Orient Express Hotels Trains&Cruises ont décidé de rééditer l'expérience dans le Sud-Est asiatique. Ils ont racheté un ancien train de luxe néo-zélandais le Silver Star et l'équipe de Gérard Gallet, qui avait supervisé la décoration intérieure des pullmans britanniques et de l'emblématique Venise-Simplon Orient- Express, l'a réaménagé en lui conférant une touche asiatique. Le résultat est, dit la publicité, «un subtil amalgame entre culture et cuisine orientale et confort occidental».

 

Depuis septembre 1993, l'Eastern & Oriental Express relie les 2000 kilomètres séparant Bangkok de Singapour, via Kuala Lumpur, en trois jours et deux nuits. Il longe la mer d'Andaman et la mer de Chine. À la frontière de la Thaïlande et de la Birmanie, les passagers descendent à Kanchanaburi, où ils remontent la rivière Kwai en bateau jusqu'au musée qui illustre l'histoire de la fameuse voie ferrée reliant Rangoon, en Birmanie, à Singapour, que les Japonais firent construire à leurs prisonniers britanniques, pendant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire qui a inspiré le romancier Pierre Boulle et le cinéaste David Lean qui en tira le fameux film Le Pont de la rivière Kwai . Le jour suivant, le convoi s'arrête à Butterworth, en Malaisie, pour permettre aux passagers d'effectuer une excursion dans l'île de Penang.

 

Même si la durée du trajet en train n'excède pas trois jours et deux nuits, il est vendu dans le cadre de forfaits de six jours à des prix variant de 2570 euros à 3135 euros, ce qui inclut deux nuits d'hébergement à Bangkok et deux nuits à Singapour. Le parcours de Bangkok à Chiang Mai, dans le Triangle d'or, est disponible à certaines dates dans le cadre d'un forfait de six jours (de 1970 euros à 2150 euros).

www.orient-express.com
 

 L'Eastern & Oriental Express, une façon ... très orientale pour découvrir l'univers des trains de luxe !

 
V.- Le Shongololo d'Afrique du Sud : les safaris sur rail

Direction l'Afrique avec le «Shongololo» un mot zoulou qui signifie «mille-pattes». C'est à ce myriapode que songeaient les habitants des villages bordant la voie ferrée reliant Le Cap à Johannesburg, lorsqu'ils ont vu passer les premiers trains, dans les années 20. Aujourd'hui, le Shongololo est un de ces trains mythiques qui font rêver les grands voyageurs.

 

Mais il n'a pas le monopole de la croisière ferroviaire de luxe en Afrique du Sud. Lancé en 1995, il est même le dernier venu des trois grands palaces ferroviaires qui font vrombir les rails du pays. Le privilège de l'ancienneté revient au Train bleu, qui relie le Cap à Johannesburg depuis 1928. En 1969, la compagnie des chemins de fer sud-africains, Transnet, lançait une version de grand luxe de son «Blue Train». Un quart de siècle plus tard, un homme d'affaires passionné par la chose ferroviaire, Rohan Vos, fondait une entreprise Rovos qui exploite aujourd'hui cinq locomotives à vapeur et une vingtaine de voitures des années 20 restaurées de manière à restituer l'atmosphère et le décor d'origine d'inspiration victorienne.

 

Les trois compagnies proposent leurs forfaits ferroviaires sur deux tronçons : Le Cap-Pretoria, sur un trajet de 1600 kilomètres du côté sud, et Pretoria-Victoria Falls, à la frontière de la Zambie et du Zimbabwe, sur une distance équivalente (1596 kilomètres exactement), du côté nord.

 

Au passage, les trains traversent le Botswana, ainsi que quelques parcs nationaux comme le fameux Kruger. Mais ils peuvent emprunter d'autres itinéraires. En bifurquant vers Stellenbosh et la route des vins, par exemple. Ou encore vers Durban sur l'océan Indien ou vers Windhoek, en Namibie.

 

Le Pride of Africa, de la compagnie Rovos, met cinq jours et quatre nuits pour compléter le trajet Le Cap-Victoria Falls via Pretoria pour un tarif d'environ 3020 euros. Le Train bleu est plus rapide et un peu moins cher. Quant au Shongololo, il prend son temps. Il ne roule que pendant la nuit et plusieurs wagons en queue de convoi transportent les véhicules tout terrain qui servent aux passagers pendant les excursions de la journée. Le grossiste montréalais Tours Chanteclerc commercialise trois superbes itinéraires de 17 jours sur le Shongololo à des prix variant de 2586 euros à 4530 euros.

www.bluetrain.co.za
www.rovos.co.za
www.shongololo.com

 

Bon ok, il paye pas de mine comme ça, mais le Shongololo d'Afrique du Sud est un train de nuit idéal pour faire des safaris dans le sud de l'Afrique ...

 

VI.- Le Palace on Wheels : la vraie vie de maharajah

Les chemins de fer indiens ont hérité d'une série de wagons de luxe ayant appartenu à quelques-uns des nombreux rajahs et maharajahs qui régnaient sur la myriade d'États du sous-continent jusqu'au milieu du siècle dernier. Ils ont fait restaurer et remis en service un convoi composé de 14 wagons, dont les parois et les plafonds sont ornés de miniatures évoquant la vie fastueuse des cours princières avant la conquête britannique : le Palace on Wheels (le palace sur roues). Chacun des wagons, qui porte le nom d'un ancien État princier du Rajasthan, est composé d'un salon et de quatre chambres. Le train dispose également d'un bar et de deux restaurants le Maharajah et la Maharani où l'on sert quatre types de cuisines : chinoise, continentale, indienne classique et indienne du Rajasthan.

 

Les croisières ferroviaires d'une durée de sept jours partent de Delhi et emmènent les passagers à travers le Rajasthan où des visites sont prévues à Udaipur, Sawai Madhopur, Jaisalmer, Jodhpur et Bharatpur. Au passage, on visite également Jaipur et Agra.

 

Les tarifs sont fixés à 2045 euros en septembre et en avril et à 2670 euros pendant la haute saison, c'est-à-dire d'octobre à mars. Ce qui inclut tous les repas, deux services quotidiens de thé et les visites en autocar de luxe, en bateau (sur le lac d'Udaipur), à dos de chameau (dans le désert du Rajasthan) ou à dos d'éléphant (dans la réserve naturelle de Sawai Madhopur).

 

L'objectif des organisateurs est de plonger le voyageur dans l'ambiance fastueuse des voyages que les potentats indiens effectuaient à bord de leurs trains privés, au début du XXe siècle.

 

A bord du Palace on Wheels, découvrez l'Inde mystérieuse et à vous les délices de Jaipur, les beautés du Taj Mahal... et les coktails carabinés de Rajiv le Barman !

par Cyberpresse / Eric publié dans : DOSSIER
commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Vendredi 24 novembre 2006

 FRANCE - L'histoire de la SNCF et du trafic transmanche remonte aux origines même de la Société Nationale des Chemins de Fer. A sa naissance, le 1er janvier 1938, la société hérite de six navires exploités sur la ligne Dieppe - Newhaven. Mobilisée lors de la débâcle des troupes françaises, au printemps 1940, elle perd, durant les opérations d'évacuations, deux cargos. Les quatre autres bateaux, saisis par l'Allemagne après l'armistice, survivront à la guerre mais leur état ne permettra pas de les réarmer, à l'exception du Bordeaux, qui reprend son service en Manche entre 1945 et 1951. « La SNCF disposait de navires car, à l'époque, il fallait alimenter les dépôts en charbon, pour les locomotives à vapeur. Comme le minerai national ne suffisait pas, il a fallu constituer une flotte charbonnière. L'armement a ensuite été maintenu pour des raisons historiques et commerciales, notamment pour assurer une continuité ferrovière », explique Jean-Claude Dechappe, secrétaire général de SeaFrance. Embarqués sur les bateaux transmanche, les wagons lits et leurs passagers, reliaient la Grande-Bretagne à l'Europe, depuis Douvres, Newhaven, Dunkerque, Calais, Boulogne ou encore Dieppe. Grâce à un système d'écartement de boggies, le réseau continental pouvait être relié avec les voies insulaires grâce au même matériel.

La révolution Sealink

C'est avec la création de Sealink, en 1969, que la compagnie va tourner une première page importante de son histoire : « Ce fut la fin du regard purement ferroviaire pour passer à une approche passagers et un premier regard vers le tourisme. Avec la réforme de la SNCF, en 1969, l'armement naval est apparaît comme un établissement à part entière dans l'organigramme. Ce fut le début d'une révolution culturelle progressive ». A partir de 1974, le trafic transmanche connaît une forte progression du marché automobiliste et piéton, soutenu par la hausse des véhicules britanniques franchissant le Chanel. A terre, les infrastructures ont été mises au goût du jour. Pour suppléer le terminal 1 de Calais, la passerelle n°2, la première conçue pour les ferries, fut ouverte en 1971. « A partir du début des années 80, nous avons vu arriver les ferries à double ponts. Alors que les poste 3 et 4 étaient ouverts, nous touchions le Chartres, le Côte d'Azur (futur SeaFrance Renoir) et le Champs Elysées (futur SeaFrance Manet) », se rappelle Jean-Claude Dechappe.

L'ouverture du tunnel sous la Manche et la naissance de la SNAT

Le 6 mai 1994, la Grande-Bretagne cesse d'être totalement une île. A l'issue de travaux titanesques, débutés à l'automne 1987, le tunnel sous la Manche est officiellement ouvert. Les trains, naguère transportés par bateaux, peuvent désormais rouler à grande vitesse dans un double tunnel ferroviaire long de 150 kilomètres, reliant Coquelle - Frethun, près de Calais, et Cheriton, près de Douvres. Pour les compagnies transmanche, le coup est rude : « Le sort de l'armement se posait régulièrement à l'approche de l'ouverture d'Eurotunnel. La compagnie était devenue atypique dans la maison SNCF, à l'heure du Corail, puis du TGV et de l'Eurostar ». Simple service dépourvu de toute existence juridique, l'armement naval devient la Société Nouvelle d'Armement Transmanche (SNAT) en mai 1990. « L'accord a été finalisé après 18 mois de discussions mais, au niveau des personnels, nous n'étions pas dans un combat. Les négociations garantissaient, en effet, de pouvoir retourner à la SNCF ». La création de la SNAT entraîna la naissance de la Société Propriétaire des Navires qui, comme son nom l'indique, possédait les ferries de l'ex-Armement Naval. La SPN était alors possédée à 51% par GIE Transmanche (SNCF à 86%) et à 49% par Sealink British Ferries (reprise peu après par le Scandinave Stena). « Nous exploitions les navires et, de l'autre côté de la Manche, nous travaillions en pool avec Stena Line, chacun ayant en charge ses propres ferries ». En perspective de la concurrence féroce pressentie avec l'ouverture du tunnel sous la Manche, la compagnie planche sur une réorganisation de ses lignes. Seule à opérer sur Dieppe - Newhaven, la SNAT décide de se retirer en 1992 : « Il a été décidé de se recentrer sur Calais, la ligne la plus courte du détroit»

SeaFrance seule face à Stena et P&O

Un an et demi tout juste après l'inauguration du tunnel, Stena Line dénonce les accords qui la liaient avec la compagnie française sur Dunkerque et Calais. Le Suédois, nettement plus puissant que l'armement de la SNCF, se lance seul sur le détroit, une décision vécue à l'époque comme un véritable challenge, d'autant que la SNAT devait également compter avec un autre géant, le Britannique P&O : « Tout le monde pensait qu'on déposerait le bilan en six mois. Nous nous sommes engagés avec Stena dans une guerre commerciale. Nous étions face au pragmatisme anglo-saxon, basé sur une importante place du client. Il a fallu développer une démarche qualité, avec le concept des traversées à la française, dans une ambiance conviviale ». Le 1er janvier 1996, la SNAT devient SeaFrance. La compagnie ne peut aligner qu'une capacité relativement faible. Elle ne dispose alors que de deux petits ferries, le SeaFrance Renoir (ex-Côte d'Azur) et du SeaFrance Cézanne (ex-Fiesta), le Nord-Pas-de-Calais étant retiré de la ligne, faute de charge suffisante pour ce fréteur. Quelques mois plus tard, SeaFrance touche néanmoins le Monet (ex-Versailles). Il faut, en outre, créer de toute pièce une structure à Douvres, les infrastructures utilisées jusque là appartenant à Stena. Ce sera la création de SeaFrance Limited. Les débuts sont des plus laborieux et le premier départ aux nouvelles couleurs ne compte que 3 passagers et l'embarquement de l'unique camion connaît un gros incident. « C'était un véritable défi. On repartait presque de zéro mais l'ambition était énorme », souligne Jean-Claude Dechappe, qui se remémore une mobilisation générale des personnels et la fierté face à l'épreuve : « Nous traînions avec nous une image de grève mais les gens avaient envie de sauvegarder leur emploi. Il y avait une volonté de montrer qu'on pouvait gagner. Je me souviens de ces moments où l'on disait qu'il fallait faire voir que nous étions aussi bons que P&O à Calais ». Un coup de pouce aussi inattendu que salvateur intervient en novembre 1996 : « Nous avons été aidés par l'incendie et la fermeture du tunnel. Le trafic, que nous avons récupéré pendant quelques semaines, a servi de base au développement de la compagnie », compagnie », se rappelle Jean-Claude Dechappe. Pour faire face au retour de la clientèle, notamment du fret, le SeaFrance Nord Pas de Calais reprend du service et la flotte sera complétée, l'année suivante, par le SeaFrance Manet (ex-Champs Elysées), précédemment affrété par Stena. Après son divorce avec la SNAT, le groupe suédois fusionnera ses activités sur le Détroit avec celles de P&O le 10 mars 1998 pour donner naissance à P&O Stena Line, et finalement disparaître en 2001, en vendant ses parts à son nouveau partenaire.

La fin des produits hors taxe

Cinq ans après l'ouverture du tunnel, les compagnies de ferries furent confrontées à une nouvelle épreuve, celle de l'interdiction de la vente de produits hors taxe pendant les traversées : « La fin du Duty Free, en juillet 99, a généré une forte inquiétude et constitué un nouveau défi. Une partie des passagers ne venait que pour cela. Pour s'en relever, il a fallu être novateur, créatif et apporter du service ». Afin de garantir la fréquentation anglaise, SeaFrance a décidé, dans un premier temps, de maintenir les prix des produits en vente sur les bateaux. L'expérience a sensiblement réduit les marges. SeaFrance estime aujourd'hui que l'arrêt du Duty Free lui a coûté plusieurs millions d'euros par an. Pour permettre à sa filiale de surmonter ce cap difficile, la SNCF décide décide de réorganiser le capital de SeaFrance et lui transfère la propriété des Manet et NPC qu'elle avait conservée. Dans le même temps, la compagnie rachète les 49% que Stena possédait dans la SPN, ce qui lui donne les clés des Renoir et Cézanne. La compagnie se transforme : de simple opérateur, elle devient armateur. Pour parvenir à redresser la barre, l'armement a développé son offre tourisme, accentué sa présence sur le fret et amélioré son service. « Il y a eu un très gros travail sur le fret puisque nous sommes passé de 100.000 camions dans les années 80 à 700.000 aujourd'hui. La dynamique européenne et l'ouverture des frontière ont porté cette croissance ». Après cinq ans d'adaptation, SeaFrance a touché, en 2001, le Rodin, première unité neuve réceptionnée depuis le Nord-Pas-de-Calais, en 1987. Le ferry, construit par Aker Yards en Finlande, a été suivi d'un jumeau, le Berlioz, livré par les Chantiers de l'Atlantique en 2005. Ces deux grosses unités, parfaitement adaptées aux traversées dans le détroit, signent la renaissance de l'ancien Armement Naval. A l'heure des équipages recrutés pour une poignée de dollars en Asie, l'entreprise, toujours filiale de la SNCF, est l'une des dernières compagnies à naviguer sous pavillon français, un statut que les employés et les syndicats se font un devoir de défendre en Manche, parfois farouchement, comme ce fut le cas décembre 2005 au Havre, lors de l'installation sous pavillon italien de LD Lines : « Il y a de l'ambition et une fierté. C'est une compagnie française et nous y tenons. Elle compte 1550 salariés français, dont 1250 marins. Cela fait partie de notre étique, même si cela coûte cher, je pense que ça nous permet d'être plus exigeants et plus sûrs ». A Calais, où l'armement de la SNCF est solidement ancré, personne n'imagine que cette situation puisse évoluer. Père, frère, oncle ou cousin, chaque famille ou presque a, ou a eu, un de ses membres employé chez SeaFrance. Si l'entreprise a bénéficié du support de son actionnaire pendant ses années de vache maigre, pour Jean-Claude Dechappe, la compagnie a montré qu'elle était capable d'évoluer : « Je fais partie de ces cheminots qui se sont éclatés avec une entreprise où les gens s'investissent, sans doute parce que l'entreprise a une taille humaine et qu'il y a une histoire d'amour avec Calais. L'entreprise a su évoluer, se développer, et aujourd'hui les résultats sont visibles ».

 

1938 - 2006 : presque 70 ans d'histoire navale pour la SNCF pour la trafic Transmanche... Magré l'appariton du Tunnel sous la Manche et la fin du duty Free, la compagnie SeaFrance, ex-Sealink, tient le cap... du moins, pour l'instant.

par meretmarine.com publié dans : DOSSIER
commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Jeudi 2 novembre 2006

 ALLEMAGNE - Depuis sa création en 1994, la Deutsche Bahn AG considère l'étude de l'histoire des organisations qui l'ont précédée comme une tâche importante. Le rôle en particulier de la Deutsche Reichsbahn pendant la période nazie et sa contribution aux crimes contre l'humanité sont un sujet de grande importance pour elle. Encore aujourd'hui, 60 ans après la chute de la dictature national-socialiste qui a provoqué tant de souffrances à tant de personnes, il est primordial de se préoccuper activement de l'histoire. Il faut connaître l'histoire pour en tirer des leçons pour l'avenir.

Après sa création, la Deutsche Bahn a donc considéré qu'il était très important de construire un monument central à Berlin, son nouveau siège, en souvenir des déportations de citoyens juifs vers les camps de concentration nazis allemands. Dans ce but, un concours a été lancé en 1996. Les membres du jury étaient Ignatz Bubis, président du Conseil central des Juifs en Allemagne, Heinz Dürr, président du directoire de la Deutsche Bahn AG, Prof. Gottmann, directeur du musée des transports et de la technique, Jerzy Kanal, président de la communauté juive de Berlin, Dr. Salomon Korn, architecte, Francfort-sur-le-Main. Le jury sélectionna le projet de l'équipe d'architectes Hirsch, Lorch et Wandel, Sarrebruck, Francfort-sur-le-Main.

L'élément central du monument est formé par 186 objets en acier moulé classés chronologiquement et ancrés dans du ballast. Au bord du quai, sont inscrits les dates des transports, le nombre de déportés, la gare de départ de Berlin et le lieu de destination. La végétation qui a poussé au cours des années au quai 17 n'a pas été enlevée entre les rails. Elle fait partie du monument et symbolise le fait que de ce quai, plus aucun train ne partira jamais.

En 1996 également, la Deutsche Bahn a commandé un projet de recherche sur l'histoire des chemins de fer en Allemagne. Un des articles, celui du Prof. Dr. Klaus Hildebrand, décrit le rôle de la Reichsbahn pendant l'époque nazie et sa contribution aux crimes contre l'humanité. Force était de constater que, jusque là, il n'existait quasiment pas de travaux sur l'histoire des chemins de fer dans leurs contextes politiques et sociaux. L'ouvrage, intitulé „Die Eisenbahn in Deutschland. Von den Anfängen bis zur Gegenwart“ (Les chemins de fer en Allemagne de leur origine à aujourd'hui), a été édité en 1999 par C. H. Beck.

Sur la base des résultats de ces recherches et de la nouvelle littérature parue entretemps sur le sujet, ainsi que des nouvelles sources de différentes archives publiques, le musée de la DB AG a organisé l'exposition sur la Reichsbahn à l'époque nazie. Dans deux salles sont traités les thèmes „Déportations avec la Reichsbahn“ et „Travail forcé à la Reichsbahn“. L'exposition fait partie de l'expositon permanente. Elle a été composée par un conseil d'experts scientifiques. Elle est accompagnée par un programme spécial de pédagogie du musée. Le catalogue de l'exposition „Im Dienst der Demokratie und Diktatur. Die Reichsbahn 1919 - 1945" (Au service de la démocratie et de la dictature. La Reichsbahn de 1919 à 1945) est disponible auprès du musée de la DB AG. La visite de l'exposition fait partie du programme de formation des apprentis à la DB AG. Le programme de voyages scolaires de la DB AG propose des voyages au musée de la DB AG.

Etant clairement consciente de sa responsabilité sociale particulière, la Deutsche Bahn a mis à disposition de la fondation "Erinnerung, Verantwortung und Zukunft" un montant supérieur à 10 millions, en 2000. Elle l'a fait volontairement bien qu'elle ne soit pas le successeur au droit de la Deutsche Reichsbahn de 1933 à 1949, mais le patrimoine ferroviaire de l'Etat (BEV).

La Deutsche Bahn exécute ses activités au centre de l'Europe. Elle transporte quotidiennement plusieurs millions de voyageurs issus de tous les pays du monde. C'est la raison pour laquelle elle promeut diverses initiatives ayant pour but de développer une société ouverte et la cohabitation pacifique. Son initiative „Apprentis contre la haine et la violence“ vise un avenir pacifique tout comme l'échange d'écoliers juifs et allemands ou d'autres programmes d'échanges scolaires sponsorisés par la Deutsche Bahn. Pour rappeler le souvenir des crimes du passé, la Deutsche Bahn coopère avec divers lieux de recherche et de mémoire. 

  

Une bougie rouge sur le monument

 

Difficile examen de conscience pour la Deutsche Bahn AG qui prend au sérieux sa responsabilité sociale et soumet le rôle de la Reichsbahn pendant l'époque nazie à une analyse critique. Un monument à la gare de Grunewald rappelle la déportation des citoyens de confession juive.
par DB.de publié dans : DOSSIER
commentaires (0)    ajouter un commentaire recommander
Mercredi 24 mai 2006

 FRANCE - Le réseau ferré s’est globalement dégradé pendant les trois dernières décennies en France. Le ministre des Transports, Dominique Perben, a présenté un plan 2007-2010 qui comporte un effort supplémentaire de maintenance du réseau ferré français.

Ce plan fait suite à la publication d’un audit sur l’état du réseau ferré français (consultable en cliquant ici) réalisé sous la direction des professeurs Rivier et Putullaz de l’Ecole polytechnique de Lausanne.

« Depuis 1997, Réseau Ferré de France (RFF), établissement public industriel et commercial (EPIC), est propriétaire et gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire française. RFF a pour mission d’exploiter, d’entretenir, d’aménager et de développer le réseau. RFF gère également le patrimoine et la dette liés au réseau ferré. Toutefois, RFF délègue la gestion du trafic ainsi que la réalisation de l’entretien du réseau à la Société Nationale des Chemins de Fer français (SNCF), entreprise ferroviaire historique de la France. En matière de renouvellement, RFF est maître d’ouvrage, assisté par la SNCF qui assure également la maîtrise d’oeuvre des chantiers définis par RFF avec l’assistance de la SNCF, » expliquent en introduction les auteurs de l’audit.

On le voit, ce n’est pas grâce à ce rapport qu’on comprendra qui est responsable de quoi, qui est client de qui et qui finance quoi.Mais il est vrai que ce n’est pas le propos des rapporteurs qui ont juste cherché à déterminer si l’effort de maintenance du réseau est suffisant et de quelle manière son état pourrait être amélioré.

Le réseau ferré national français s’étend sur environ 29.500 km de voies en service :

  30% de lignes UIC 1 à 4
  24% de lignes UIC 5 - 6
  46% de lignes UIC 7 à 9  [
1]

« Alors que la plupart des pays européens ont procédé, au cours des 40 dernières années, à la fermeture de nombreuses lignes à vocation, la France n’a pas appliqué cette politique avec la même vigueur, » expliquent les rapporteurs qui soulignent l’importance relative des petites lignes.

Le réseau a même continué à s’étendre, mais la maintenance n’a pas suivi. « Durant ces 20 dernières années, les budgets d’entretien ont perdu 20% de leur valeur en monnaie constante alors qu’environ 2.800 km de voies à grande vitesse se sont ajoutées au patrimoine entre 1981 et 1994 puis 641 autres entre 1994 et 2001, » note le rapport.

Cet affaiblissement de l’effort de maintenance a eu des conséquences importantes sur l’état du réseau dont le rapport décrit la dégradation. « Le nombre de ralentissements permanents imposés pour des raisons de sécurité s’élevait à 3.5 pour 1000 kilomètres de voie en 2003 et est en augmentation sensible. »

Alors que l’Italie, l’Espagne ou la Suisse dépense en maintenance 76.000 euros par kilomètre de voie principale, la France n’en dépense qu’environ 52.000 euros. En outre, alors que, dans les trois premiers pays cités, l’effort porte majoritairement sur du renouvellement, celui de la France consiste pour plus de deux tiers en entretien. [2]

L’audit, publié à l’automne 2005, formulait en conséquence plusieurs recommandations : Un effort de planification pluri-annuelle, une meilleure utilisation des outils informatiques de gestion de l’information et d’aide à la décision, des simplifications et des réductions d’équipements ferroviaires, une autre conception des "plages de travaux" (moments où des opérations de maintenance peuvent être effectuées), une automatisation accrue de la protection des travaux de maintenance et une augmentation conséquente des budgets annuels d’entretien des voies.

Alors que l’audit préconisait un plan 2006 - 2015, le plan présenté par le gouvernement ne concerne que les années 2006-2010, un objectif jugé « plus raisonnable » par M. Perben, et continue de privilégier l’entretien par rapport au renouvellement. Quant au volume d’effort financier, il représente à peu près la moitié de celui préconisé. On semble loin du compte.

 

A quand un renouveau du réseau ferroviaire français ? Il y a urgence, surtout si l'on considère  que pour être entretenue, une ligne doit justifier d'au moins dix passages de train par jour... en dessous, les crédits d'entretien sont coupées et à terme, la ligne finit par être ferm&