SUISSE - «Passer un coup de fil sur la ligne ferroviaire
Lausanne-Berne, c'est l'enfer ! peste Michel un cadre lausannois habitué à travailler dans l'Intercity. La dernière fois, j'ai été interrompu trois fois entre Palézieux et Lausanne. C'est
dire...» Qui n'a jamais râlé pour s'être fait couper le sifflet ? Dix ans après l'octroi de la concession GSM à Swisscom, Orange et Sunrise, le réseau comporte toujours des trous sur les grands
axes ferroviaires.
C'est même un vrai gruyère (suisse) comme le démontre un test réalisé cette semaine par «Le Matin Dimanche» sur la ligne Genève-Berne (infographie). Téléphone en main, nous avons recensé huit
lieux de coupures en 1 h 40 de trajet, pour les trois opérateurs.
Sunrise confirme son unique faille signalée sur cet axe et assure qu'une antenne vient d'être installée dans la région de Pully (VD) pour remédier au problème. «Moins d'une dizaine de failles
sont recensées en Suisse romande», révèle son porte-parole Gottardo Pestalozzi. Et de préciser qu'une vingtaine ont été comblées en deux ans.
Moins transparents, Orange et Swisscom ne peuvent confirmer nos résultats. Et ils ne sont pas prêts de révéler leurs zones critiques, pourtant bien connues de leurs services, informés qu'ils sont
par leurs clients et leurs propres tests. Mais un trou noir, c'est top secret, concurrence oblige. Et ce ne sont pas les cartes de couverture du réseau (accessibles au public sur les sites
Internet respectifs des opérateurs) qui nous renseigneront mieux : elles ne sont valables que pour un coup de fil «outdoor», en plein air. Elles ne sont plus garanties dès que l'on se trouve dans
un bâtiment, dans une voiture ou dans un train, des structures confinées susceptibles d'arrêter les ondes. «Comment les opérateurs osent-ils présenter des cartes en indiquant qu'elles excluent
entre autres voitures et trains, alors que les gens sont de plus en plus mobiles ?» critique Didier Divorne, responsable du site Allo.ch.
Pour revenir aux trous noirs du rail, les opérateurs les expliquent pour une multitude de raisons, difficiles à hiérarchiser. Il y a d'abord la surcharge des antennes à certaines heures. Il y a
aussi les problèmes topographiques dus aux vallons et aux tunnels non équipés. On pourrait surmonter ces obstacles, à condition de multiplier les antennes. Mais en poser, c'est la croix et la
bannière. Thérèse Wenger, porte-parole d'Orange : «la moitié de nos demandes font l'objet d'une opposition.» Tout le monde veut téléphoner, mais sans voir pointer un mât sur son clocher.
Dans la liste des raisons, il y a aussi la sensibilité des téléphones. Sans parler de la météo. Et puis il y a les wagons et les CFF. Les wagons d'abord : leurs vitres ne sont pas adaptées au
téléphone portable. Elles sont conçues pour filtrer les rayons du soleil, afin que l'on ne meure pas de chaud sur son siège. Le problème c'est que les ondes aussi sont filtrées... Les opérateurs
ont bien installé des relais dans les voitures pour améliorer la réception (ils tombent aussi en panne: nouvelle raison à ajouter à la liste). Et si les CFF n'ont pas changé de vitrage, c'est
parce qu'ils n'ont pas encore trouvé de solution technique. Pour le moment, entre la température et la réception téléphonique, les Chemins de fer fédéraux ont donc choisi.
«C'est vrai, reconnaît le porte-parole Jacques Zulauff, nous n'investissons pas un centime actuellement pour garantir une bonne communication dans les trains. Mais il faut rappeler que les taxes
de conversations sont perçues par les opérateurs et non par les CFF. Nous sommes bien entendu intéressés à ce que la réception de la téléphonie soit optimale. Toutefois, notre priorité numéro un
reste le transport de voyageurs.»
Une vision que ne partage guère l'ex-conseiller national jurassien Pierre Kohler. «Les CFF sont autant responsables que les opérateurs. Aujourd'hui, on ne prend plus le train pour regarder les
vaches, mais pour travailler. Il faudrait que tous en tiennent compte.» Suite à son interpellation en 2006, le politicien s'est fait pourtant doucher par le Conseil fédéral qui lui a rappelé que
les opérateurs n'ont aucune obligation légale de combler les derniers trous.
Swisscom, Sunrise, Orange, assurent faire de ce problème une priorité. «Nous mettons en place depuis quelques années des réseaux d'une nouvelle génération (UMTS), qui va permettre de doubler la
capacité des réseaux et de désengorger certains axes», explique Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom. Mais il relativise: «Les clients ne se plaignent pas du réseau, bien au contraire.»
Même son de cloche chez Orange.
Il est vrai que 99% de la population bénéficie d'une couverture pour la téléphonie mobile - l'une des meilleures performances en Europe. Reste que si la population est bien couverte, c'est loin
d'être le cas des axes de transports très fréquentés.
Bref : on l'aura tous compris, pour téléphoner sans bug avec son mobile, il ne faut pas bouger ! Logique...

Difficile d'éviter les coupures de communication lorsqu'on téléphone depuis un wagon suisse. L'axe Genève-Berne, par exemple,
est encore truffé de trous. Les opérateurs peinent face aux complexités techniques. Et les CFF lambinent, et c'est pas les copines qui diront le contraire....
"- Jennifeeeeeeeeeer je t'entend très maaaaal, T'es oùùùùùùeuh ?
"- A côté de toi, Cindy :. T'es louuuuurde-euh... (mon dieu mais qu'elle est conne, cette Cindy !)