FRANCE - Le premier TGV reliant Paris à la Côte d'Emeraude en moins de trois heures arrive jeudi à Saint-Malo, une ville en pleine restructuration qui espère attirer de nouvelles entreprises, au delà des retombées attendues pour le tourisme.
Rendue possible par l'électrification de la ligne entre Rennes et la Cité Corsaire, la nouvelle desserte TGV assurera deux liaisons aller-retour par jour au départ de Paris et Saint-Malo. Elle permettra aux voyageurs d'éviter un changement à Rennes et de gagner environ 25 minutes, ramenant le temps de trajet à 2h56.
"Le TGV est un atout considérable en termes d'image et d'accessibilité, pour nos projets de développement dans les nouvelles technologies bio-marines", se réjouit René Couanau, député-maire UMP de Saint-Malo. L'économie de cette agglomération de 80.000 habitants est traditionnellement tournée vers la mer, le troisième port de Bretagne accueillant 1,5 million de passagers par an et une flotte moderne de pêche.
M. Couanau espère que le TGV favorisera l'essor de sa nouvelle technopole de 20 hectares, où il veut "développer la recherche de nouveaux produits alimentaires, cosmétiques et de santé, issus de la biologie marine, dans le cadre du pôle de compétitivité Mer".
Saint-Malo a également profité de l'arrivée de la grande vitesse pour restructurer son centre-ville. Une gare moderne a été construite à 300 mètres de l'ancienne, libérant 5 hectares de friches pour de nouveaux logements et bureaux, autour d'une esplanade qui doit devenir le nouveau coeur de la ville.
Mais, à court terme, le TGV vise surtout la clientèle touristique, "car c'est là qu'il y a le plus de demande", explique Catherine Menusier, chargée de communication à la SNCF.
"Plus courte et plus pratique", la nouvelle liaison permettra d'attirer une nouvelle clientèle parisienne et étrangère de court-séjour, estime François Vertadier, directeur du Comité du tourisme de Bretagne. Il cite notamment Dinan, Dinard et le Mont-Saint-Michel. Cette dernière destination profitera d'ailleurs d'un arrêt TGV à Dol-de-Bretagne, à seulement 20 minutes en autocar du deuxième monument le plus visité de France avec plus de 2 millions de touristes par an. M. Vertadier avertit cependant que la région devra améliorer son système de transport public régional, "adapté à ceux qui vont travailler mais pas aux touristes". Une fois à Saint-Malo, "il faudrait qu'un touriste puisse se déplacer sans automobile, grâce à une offre coordonnée de transports en commun. Nous y travaillons".
Pour Gérard Lahellec, vice-président communiste de la région en charge des transports, le TGV à Saint-Malo n'est qu'une "première étape avant le prolongement de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Le Mans et Rennes pour mettre la pointe de la Bretagne à trois heures de Paris".
La LGV, pour laquelle les collectivités bretonnes cherchent 900 millions d'euros, doit relier Paris à Rennes en 1h30 et à Saint-Malo en 2h15 à l'horizon 2012.

La ville de Saint-Malo désormais à moins de 3 heures de Paris - La nouvelle liaison devrait permettre d'attirer une nouvelle clientèle parisienne et étrangère de court-séjour...