Dimanche 10 septembre 2006
FRANCE - La SNCF va continuer à durcir son système informatique Mosaïque pour éviter de nouveaux cas d'escroqueries de la part de vendeurs de billets, a indiqué à l'AFP samedi un porte-parole de la direction. "Nous continuons à durcir le système informatique pour éviter que de tels événements se reproduisent", a déclaré ce porte-parole.
Trente employés, accusés d'escroquerie pour avoir vendu des "billets virtuels", ont déjà été licenciés dans le courant du premier semestre 2006, selon le syndicat Sud Rail et la direction. La SNCF n'est pas en mesure d'estimer le préjudice subi.
Mi-2005, la verbalisation d'un client qui avait acheté un de ces billets "virtuels" dans une gare d'Ile-de-France et qui, sûr de son bon droit, avait porté plainte, avait provoqué le déclenchement d'une enquête de la SNCF. "L'enquête nous a permis de déceler des incidents informatiques. Les vendeuses questionnées ont expliqué qu'elles créaient un bug informatique qui leur permettaient de sortir des billets qui ne sont pas pris dans la comptabilité et qu'elles vendaient ensuite à leur propre compte", explique ce porte-parole du groupe.
Actuellement, "les investigations en cours se poursuivent et concernent plusieurs centaines d'agents dans toute l'Ile-de-France. Cela ne semble pas être un réseau mais plutôt dû à du bouche à oreille" entre vendeurs, a-t-il ajouté.
Selon la direction, tout est désormais rentré dans l'ordre. "Depuis qu'il y a eu des licenciements, on assiste à une remontée des ventes et à un arrêt des anomalies informatiques", dit ce porte-parole.
Sud Rail avait dénoncé vendredi des "procédures disciplinaires" engagées par la direction de la SNCF dans le cadre de cette affaire.
"Certains vendeurs ont effectivement avoué avoir profité de la faille, nous ne le contestons pas", avait fait valoir le responsable du syndicat Didier Fontaine. "Mais la majorité des vendeurs qui font aujourd'hui l'objet de procédures clament leur innocence, et il n'y a aucune preuve contre eux", selon lui.
Ce responsable avait indiqué à l'AFP que le nombre de salariés concernés par ces sanctions "et donc menacés de licenciement, pourrait être de 60 à 300 (sur une population totale de près de 2.000 vendeurs) selon un document interne de la direction de juin 2006".

Chasse au bug informatique à la SNCF - 60 à 300 agents indélicats auraient profité d'un dysfonctionnement pour se remplir les poches en imprimant de faux billets... et créer un préjudice que la SNCF ne peut toujours pas chiffrer à ce jour.