Jeudi 30 août 2007

logo-rff.JPG FRANCE - C'est le plus grand chantier depuis la création de la ligne à la fin du XIXeme siècle. A partir de lundi, la réfection complète de 21 kilomètres de la voie ferrée va démarrer. Le chantier durera près de deux mois. Trois sections sont concernées: La Bâtie Neuve-Prunières (10 km), Savines-Embrun (9,5 km) et La Roche-de-Rame-L'Argentière-la-Bessée (1,5 km).

«Ce sera une voie totalement neuve qui pourra durer une cinquantaine d'années», indique Michel Croc, directeur régional de Réseau ferré de France (RFF).Les rails, les traverses et le ballast seront remplacés. Le confort sera amélioré. Fini le "catac-que-poum". Place aux rails fixes, moins bruyants et longs de 280 mètres.

L'idée est aussi de gagner du temps de trajet en supprimant deux ralentissements liés au mauvais état de la voie. «Nous devons gagner douze minutes et demie», affirme Michel Croc. Enfin, ce chantier de 12 millions d'euros assure la pérennité de la ligne. «Il ne faut pas oublier qu'il était question il y a quelques années de supprimer la ligne entre Gap et Briançon et de remplacer entre ces deux villes les trains par des cars», note Joël Giraud, député PRG et vice-président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur. 

Ce chantier intervient dans le cadre global de la rénovation de la ligne des Alpes. En 2006, une première opération avait été engagée sur cinq kilomètres de voie. A l'époque, les travaux s'effectuaient la nuit et, au matin, les ouvriers rendaient la voie aux trains. Pour le chantier de cet automne, RFF, la SNCF et la Région ont fait le choix de fermer complètement la ligne. Elle rouvrira le 26 octobre prochain.«Nous assurerons une continuité totale pendant cette période de fermeture avec des cars qui remplaceront les trains aux mêmes horaires», explique Claude Steinmetz, directeur délégué au TER.

D'autres travaux devraient ensuite être entrepris sur la ligne, notamment sur les sections Aspres-Sisteron et Manosque-Aix. A terme, l'objectif est de mettre Briançon à un peu moins de quatre heures de Marseille. «Le conseil régional souhaite que nous arrivions à mettre en place un train toutes les heures entre Aix et Gap,» avance Joël Giraud. Ce sera à l'horizon 2008. D'ici là, les passagers devront prendre leur mal en patience. Avec les travaux sur la ligne entre Aix et Marseille, l'itinéraire jusqu'à la cité phocéenne est un vrai parcours du combattant qu'on effectue en cinq heures environ. «Nous sommes dans une période de travaux. Il est vrai que cela péjore certaines lignes, concède Joël Giraud. Mais il faut savoir s'armer de patience».

La voie unique handicape aussi la ligne des Alpes. Pendant que la SNCF, RFF et la Région tenaient leur conférence de presse hier à Embrun, on annonçait un retard de 30 minutes sur un train arrivant de Briançon. Les trains ne pouvant se croiser, une autre rame attendait patiemment en gare d'Embrun de pouvoir continuer sa route... 
 

 

C'est le plus grand chantier depuis la création de la ligne à la fin du XIXeme siècle. A partir de lundi, la réfection complète de 21 kilomètres de la voie ferrée va démarrer. Avis aux usagers : il faudra prendre le car...

par ledauphine.com publié dans : REPORTAGE
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Dimanche 26 août 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - "On veut entamer notre droit de grève alors que c'est davantage de dialogue social qu'il faudrait", affirme Angel André, conducteur de trains à la SNCF depuis 19 ans, qu'inquiète le projet de loi sur le service minimum dans les transports.

Affecté au dépôt de Clermont-Ferrand, Angel André, 45 ans, conduit des trains de voyageurs et de marchandises sur les lignes reliant la capitale auvergnate à Nîmes, Lyon et Paris. "Dans le texte du gouvernement, examiné depuis lundi par les députés, "l'essentiel n'y est pas: je n'y vois rien de mieux pour le dialogue social", souligne Angel André, qui est aussi délégué CGT. "A Clermont, le vote des reconductions de grève à bulletin secret, on le fait déjà, et ma paie des jours de grève m'a toujours été retirée", dit-il en évoquant deux dispositions du texte.

L'obligation de se déclarer gréviste quarante-huit heures avant le conflit revient, pour Angel André, à "réduire le préavis de grève de cinq jours à trois jours". "Chez nous, on est solidaires: on se déclarera tous grévistes, ce qui n'empêchera pas les gars de changer d'avis au dernier moment". "On a toujours le droit de faire grève, mais d'une certaine façon il est entamé", estime le conducteur de trains. "Et derrière, il y aura une suite car comment assurer un service minimum si on ne peut pas obliger les gens à travailler?".

Angel André "imagine mal" être un jour réquisitionné pour conduire ses trains. "Si deux gendarmes viennent me chercher le matin, dans quel état d'esprit je serais pour conduire un train de passagers?", s'interroge-t-il. "Et s'il y a un accident?".

"Le service minimum, c'est quand la circulation de tous les trains n'est pas assurée et ça on le vit déjà au quotidien", affirme-t-il en dénonçant l'insuffisance du matériel. "J'ai parfois refusé de partir : les chefs de service poussaient les voyageurs à l'intérieur de l'autorail alors qu'il aurait fallu une rame Corail avec quatre voitures pour tous les transporter".

Certains trains, pendant les grèves, ne circulent pas faute de locomotives en état de marche alors que les conducteurs qui y sont affectés ne sont pas grévistes, souligne-t-il. "Et la SNCF dit aux usagers que c'est +suite à un mouvement social+".

En décembre, 99% des 170 conducteurs de son dépôt ont fait grève pendant douze jours, pour protester contre une "délocalisation" de leur charge de travail au profit des agents de conduite de la région parisienne. "Nous nous sommes heurtés à la porte bloquée de la direction qui ne voulait pas nous recevoir, regrette Angel André, et on n'a pas voulu nous donner un médiateur". "Pour améliorer la situation dans les conflits, c'est vraiment du dialogue social qu'il faut".

"J'aimerais qu'on trouve d'autres solutions que la grève, avec moins d'impact sur les usagers", continue-t-il. "Mais je sais pertinemment que chaque fois que j'ai fait grève, c'était pour défendre mes droits".
 



On veut entamer notre droit de grève alors que c'est davantage de dialogue social qu'il faudrait, affirme Angel André, conducteur de trains à la SNCF depuis 19 ans, qu'inquiète le projet de loi sur le service minimum dans les transports. Son inquiètude est légitime, mais celle de l'usager qui a peur pour son emploi parce qu'il arrive en retard au travail vaut elle moins pour autant ? le débat reste ouvert...

par Eric publié dans : REPORTAGE
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Samedi 25 août 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - Une crue millénale, une inondation jamais connue, de mémoire d'homme… Décembre 2003, des quartiers entiers d'Arles passent jusqu'à dix jours sous un mètre d'eau. Les dégâts sont considérables pour la commune et pour les Arlésiens, estimés à 350 millions d'euros. Le tribunal administratif de Marseille aura, peut-être un jour, à dire qui doit payer. 

Communiqué en juillet, le "prérapport final" des trois experts désignés par le tribunal pointe la faute de la SNCF. La cause de l'inondation tient à la rupture des ouvrages de protection des passages creusés, en 1983, sous la digue SNCF au niveau de Mas Teissier et des Ségonnaux. En vue de la circulation des TGV, la SNCF avait été contrainte de supprimer les passages à niveaux qui traversaient la voie ferrée, construite en 1845 sur ce remblai longeant le Rhône. Une véritable muraille de Chine qui a toujours protégé Arles des fureurs du fleuve. 

Trois tunnels sont donc percés, encadrés de "merlons", des diguettes construites pour protéger ces passages et censés assurer la même protection que le remblai SNCF. En décembre2003, -rupture ou infiltration, le diagnostic diverge- ils ont cédé sous la pression de l'eau. Là-dessus, il n'y a "aucun doute", notent les experts. Neuf heures plus tard, des quartiers entiers au Nord d'Arles étaient submergés. En revanche, le remblai du XIXe siècle et n'ayant été l'objet que de quelques travaux de confortation, a fait la preuve de son efficacité, en dépit de la puissance de la crue. Lors de leur construction, il y a vingt-quatre ans, "ni la SNCF, ni le service de Navigation n'ont pris en compte" les données d'une étude de la Société du canal de Provence, incluse dans la Déclaration d'utilité publique, précédant la construction des trois trémies. 

L'étude donnait une côte de la crue millénale au-dessus de 10,40 mètres Nivellement Général de la France alors que la SNCF tablait sur une cote de 9,90mètres NGF. "Erreurs de diagnostic dans la conception des merlons des trémies pour assurer une protection équivalente à celle du remblai SNCF", tranchent les experts. Ceux-ci s'interrogent également sur la nature même des travaux: "L'absence de prescriptions techniques spécifiques à la conception d'une digue, la construction de ces merlons comme de simples remblais, constituent des faits supplémentaires qui permettent de retenir l'hypothèse d'"une rupture par défaut de conception mécanique".

Gilles Vicario, juriste au Service de navigation, se veut prudent: "Nous devons d'abord vérifier si nous avons eu connaissance, à l'époque, de l'enquête du Canal de Provence". Si la SNCF semble placée en première ligne dans cette quête des responsabilités, les communes d'Arles et de Tarascon sont "blanchies" par les experts. "Aucune décision, aucune action de la ville d'Arles, n'est susceptible d'avoir été à l'origine des inondations ou d'avoir aggravé le phénomène".

Quant à la municipalité de Tarascon, accusée d'avoir fait ouvrir une brèche dans la digue canal des Alpines - avec l'accord de la préfecture, soutient la commune-, les experts considèrent que cette décision "n'a pratiquement pas modifié la suite des événements". L'éventuelle audience du tribunal administratif qui aurait à trancher sur les responsabilités n'est pas pour demain. De nouvelles réunions sont programmées à l'automne. 

La SNCF soutient qu'elle n'a "commis aucune faute dans la conception et l'entretien des ouvrages" qui ont cédé. Selon Me Régine Scapel, défenseure de la SNCF, "la hauteur des merlons a été calée après avis du Service de navigation, et de la Compagnie de navigation du Rhône". Aux juges de trancher…
  



Aaaaaaah Arles... son soleil, ses ferias... et son joli petit port de pêche. En 2003, une crue millénale, jamais connue de mémoire d'homme, summerge la ville dont certains quartiers passeront jusqu'à dix jours sous un mètre d'eau. "La faute à la SNCF" sselon  les experts... à Dame nature, selon l'opérateur ferroviaire. La justice aura le dernier mot.

par La Provence.fr publié dans : REPORTAGE
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Mercredi 22 août 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - Francis Bastien est allé se coucher vers 7 heures du matin, après avoir passé la nuit entière à repeindre, avec une petite équipe, l'extérieur d'un vieux wagon en vert foncé. Ces stakhanovistes du train, tous bénévoles, appartiennent à l'Association des jeunes pour l'entretien et la conservation des trains d'autrefois (Ajecta), créée en 1968. Tous semblent vouer une passion à ce passe-temps aussi compulsive que des enfants face à leur train électrique d'antan. Les plus mobilisés ne sont pas tous cheminots. 

Francis Bastien est électricien de formation. Ce dimanche matin estival, on croise aussi un chauffeur routier, un journaliste de La Vie du rail, un postier ou une opticienne. Ils sont installés à quelques encablures de la gare de Longueville (Seine-et-Marne). Sur un site où poussent des herbes folles, un enchevêtrement de rails supporte une cinquantaine de wagons de toutes sortes, vieux ou flambant neufs. Ce faisceau de rails mène à une magnifique rotonde, imposante, à charpente en bois et construite au début du siècle dernier. D'immenses volets de fer cachent le saint des saints, une collection d'une douzaine de locomotives à vapeur, toutes en état de marche.

"Plus c'est gras, plus ça huile, mieux c'est"
, explique Frédéric Moeneclaey, journaliste et membre de l'association, un chiffon à la main, en train d'astiquer les pistons des machines à vapeur. Toutes les locomotives ont un nom ou un matricule (040 Nord, 130B, 030 Rimaucourt...), une longue histoire - parfois près d'un siècle d'utilisation -, que les responsables d'Ajecta ne se lassent pas de raconter.

Certaines de ces machines ont été utilisées au cinéma dans Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet ou L'Accompagnatrice de Claude Miller. Pour Les Femmes de l'ombre, le réalisateur Jean-Paul Salomé a tourné au printemps à Longueville, en rase campagne et en gare d'Austerlitz, à Paris. Amener une locomotive à vapeur dans une gare parisienne, ce n'est pas rien. Le matériel doit être aux normes, il faut louer à une filiale de la SNCF "un sillon" : l'accès aux rails et un créneau horaire ainsi que les prestations d'un agent et d'un cadre chargé de la sécurité. Complication imprévue du tournage due à une maladie d'une actrice, il a fallu ramener une seconde fois la locomotive gare d'Austerlitz. "Filmer une locomotive qui fait de la fumée nécessite souvent des négociations avec le responsable de la gare, car le personnel se plaint", raconte Francis Bastien.

Pour La Chambre des officiers de François Dupeyron, le départ des soldats pendant la première guerre mondiale, gare de l'Est, à Paris, avait été reconstitué à Longueville. Des quais avaient été construits. Au cinéma, quand un passager monte dans un wagon, il en descend, à l'arrivée, au même endroit.

La SNCF aiguille les producteurs sur des associations comme l'Ajecta pour les tournages d'époque, mais gère directement les tournages dans des trains actuels. Comme ceux, cette année, de nombre de réalisateurs tels Etienne Chatiliez, Tonie Marshall, Dany Boon, Anne-Marie Etienne, Arnaud Desplechin, Amos Gitai ou encore Robert Guédiguian. 

"Les producteurs louent le nombre de places ou de wagons dont ils ont besoin. Parfois, il faut un TGV entier. Souvent, on place les équipes de tournage en queue de train, pour qu'elles soient tranquilles",
explique Philippe Laylle, responsable du pôle productions et tournages de la SNCF. "On refuse certains projets pour des questions de normes de sécurité, si l'image de la SNCF est écornée ou si l'on montre des scènes de violence, comme à la gare du Nord, par exemple", dit-il. Du train, oui, mais qui fait rêver.
 



Quand les locomotives jouent le starlettes... Le spectacle est assuré dans les gares ! mais tourner un film incluant de telles scènes s'avère parfoit complexe : Le matériel doit être aux normes, il faut louer à une filiale de la SNCF un sillon,  l'accès aux rails et un créneau horaire, ainsi que les prestations d'un agent et d'un cadre chargé de la sécurité.

par Le Monde.fr publié dans : REPORTAGE
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Mardi 21 août 2007

logo-sbb.gif SUISSE - Samedi 25 août, les trains fileront à nouveau sur deux voies, et non sur une seule comme annoncé, entre Flamatt et Wünnewil. Sans se croiser. Intercity et régionaux rouleront ainsi sur le tronçon hors d'usage depuis le 11 août à la suite d'un affaissement de terrain qui a malmené la digue de soutien du chemin de fer.

Après deux semaines d'attente et quelques aménagements provisoires, Berne revient à portée de rail. Mais la prudence reste de mise. La vitesse sera limitée à 50km/h sur le tronçon en cause. Du coup, toutes les mesures urgentes vont être levées et l'horaire habituel reprendra ses droits: finis les cars et le doublement de la cadence le long du Jura. 

La crise touche à sa fin. Les travaux d'assainissement peuvent démarrer et dureront effectivement six à neuf mois. Les CFF envisagent dans la foulée la possibilité de dédommager leur clientèle privée de liaison. On connaîtra le moment venu la nature du geste de réparation. 

Très actif depuis l'interruption de la ligne, Beat Vonlanthen s'est réjoui le premier de la bonne nouvelle sur les ondes de la TSR. Nouvelle confirmée officiellement lundi matin par les porte-parole de l'ancienne régie. Dimanche soir, lors de l'émission «Mise au point» tournée en gare de Flamatt, le conseiller d'Etat, responsable de l'économie et des transports, a évoqué des pressions du gouvernement fribourgeois sur la direction des CFF. 

Pour Beat Vonlanthen, il était vital d'accélérer l'heureux dénouement. Fribourg est un canton en pleine croissance démographique, dont l'essor dépend de moyens de communication performants, à mille lieues du destin à la périphérie productive du pays que d'aucun lui promettent. Une coupure prolongée du trafic avec Berne aurait eu des conséquences inimaginables, tant économiques que psychologiques. 

Ces pressions n'ont eu aucun impact sur la décision des CFF, précise en revanche Vincent Ducrot, responsable du trafic voyageurs grandes lignes. C'est l'avis des géologues et l'avancement des travaux qui ont été déterminants, explique encore l'homme qui incarne depuis mercredi passé les chemins de fer face aux médias. 

Vincent Ducrot a su faire valoir son bilinguisme, ses attaches fribourgeoises et sa connaissance des dossiers ferroviaires. Au point que quelques critiques fustigent l'absence d'une intervention, même symbolique, du nouveau patron des CFF, Andreas Meier, aux commandes depuis le début de l'année. 

De l'aveu de responsables des CFF, l'option technique l'a emporté sur une approche plus «politique» de l'affaire. D'abord la sécurité, en somme, au risque de mécontenter les usagers confrontés à des informations distillées au compte-gouttes pour éviter faux espoirs et marches arrière. 

Il faut dire que les pendulaires fribourgeois commençaient à trouver les trajets un peu longs dans les bus lancés sur l'autoroute au milieu de leurs camarades en voiture. Le va-et-vient motorisé a d'ailleurs suscité l'amertume d'Ecologie libérale, championne du covoiturage que personne n'a pris la peine d'encourager. 

Pas loin, la ligne Fribourg-Payerne, bloquée à la hauteur de Grolley, va également reprendre du service. Dans un certain anonymat, elle était aussi en panne depuis dix jours, coulée à son tour par les intempéries de la semaine passée. 
 



Le trafic se normalise plus vite que prévu sur la ligne touchée par les intempéries. Intercity et régionaux rouleront ainsi sur le tronçon hors d'usage depuis le 11 août à la suite d'un affaissement de terrain qui a malmené la digue de soutien du chemin de fer, mais les travaux d'assainissement qui peuvent désormais démarrer dureront entre six à neuf mois.

par Letemps.ch publié dans : REPORTAGE
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Samedi 18 août 2007

logo-sncf.jpglogo-db.gif  FRANCE / ALLEMAGNE - Une fois de plus, la comparaison semble cruelle. Au moment même où le gouvernement français marche sur des oeufs pour faire passer une loi sur le service minimum qui vise surtout la SNCF, l'équipe d'Angela Merkel annonce, sans que cela émeuve personne outre-Rhin, une privatisation partielle des chemins de fer allemands. Quelque 20 % du capital de la Deutsche Bahn (DB) devraient être mis en Bourse en 2008. Cette part pourra monter à 49,9 % dans un second temps.

Une SNCF encalminée dans ses problèmes sociaux face à une DB moderne et conquérante : l'image est un grand classique. Sauf que les choses ne sont plus aussi simples. C'est en Allemagne et non en France qu'un syndicat de cheminots menace actuellement de se lancer dans une grève dure pour obtenir 31 % d'augmentations salariales. Même SUD-Rail n'oserait pas aller aussi loin. Sans l'intervention de la justice et d'une médiation, le trafic serait actuellement bloqué.

Par ailleurs, dans certains domaines, la SNCF n'a rien à envier à sa voisine allemande. Dans le transport de voyageurs, notamment. "Nos 430 TGV, c'est trois fois plus que la flotte de Die Bahn", remarque Guillaume Pépy, directeur général exécutif de la SNCF, dans le rapport annuel 2006. De plus, le taux d'occupation des TGV français est nettement supérieur : 75 % de ce côté-ci du Rhin contre environ 50 % au-delà. Même les résultats financiers ne tournent pas forcément au désavantage de la société française. Certes, bien qu'elle gagne de l'argent, celle-ci est moins rentable : son excédent brut d'exploitation est cinq fois moindre alors que son chiffre d'affaires (21,9 milliards d'euros) atteint les deux tiers de celui de la DB (30 milliards).

Néanmoins, son endettement est également bien moindre : 5 milliards d'euros contre 23 milliards pour la DB. Même rapportée aux fonds propres, la situation de la SNCF est meilleure que celle de la DB. Ces chiffres ne doivent évidemment rien au hasard. Depuis plusieurs années, les deux entreprises mènent des stratégies étonnamment différentes.

Nommé en 1996 à la tête d'une entreprise structurellement déficitaire et endettée à l'extrême (200 milliards de francs), Louis Gallois a deux priorités : désendetter la SNCF, notamment en cédant toutes les activités périphériques au transport ferroviaire ; et trouver pour celui-ci un modèle économique lui permettant de gagner de l'argent, sachant que, socialement, les suppressions d'emplois ne pourront pas être massives. Dix ans après, c'est chose faite. L'entreprise est désendettée - en grande partie, mais pas uniquement, grâce à la création de Réseau ferré de France - et, depuis 2004, elle gagne de l'argent. Son point fort : le transport de voyageurs, notamment le TGV dont la rentabilité atteint 10 %. Son point faible : le fret, qui reste lourdement déficitaire (260 millions d'euros). Et une inconnue : l'avenir de Geodis, sa filiale de transport et de logistique qui est cotée en Bourse mais dont elle ne détient que 45 %. Belle entreprise, Geodis mène une stratégie autonome, dans laquelle le rail n'occupe qu'un aspect marginal. La SNCF ne sait qu'en faire : la vendre revient à tirer un trait sur cette activité rentable, en prendre le contrôle et l'intégrer coûterait cher et risquerait de l'étouffer. Résultat : depuis dix ans, la SNCF regarde Geodis comme une poule observe un couteau.

Franchissez le Rhin : la situation est quasiment inverse. Arrivé en 1999 à la tête d'une entreprise pléthorique depuis la réunification allemande, Hartmut Mehdorn taille dans les effectifs et, tirant les conséquences de l'arrivée de la concurrence dans le rail et de l'élargissement de l'Union européenne, mise surtout sur le transport de marchandises. Grâce aux multiples acquisitions effectuées depuis 2003 - d'où son niveau d'endettement -, le groupe peut se définir aujourd'hui comme un" global player sur le marché des transports et de la logistique". Le train n'est plus, pour lui, qu'un mode de transport parmi d'autres, au même titre que l'avion ou le bateau.

Bénéficiant de l'engouement pour les produits "made in Germany", il transporte aux quatre coins du monde ce que ses compatriotes produisent. Il se considère comme le numéro deux mondial du secteur - on peut penser qu'il a pour ambition de devenir le premier - et se compare moins à la SNCF qu'à l'américain UPS, l'allemand DHL (propriété de la Deutsche Post) ou l'armateur français CMA-CGM.

Pour la SNCF, qui, selon M. Pépy, voudrait "être le leader de la mobilité et des échanges en Europe, pas moins", l'intérêt d'une alliance avec la DB dans le fret est évident. La présidente, Anne-Marie Idrac, l'a indiqué explicitement. D'autant plus que la DB n'hésite pas à faire son marché en France. Mais une "alliance" serait, dans les faits, une absorption pure et simple de Geodis par la DB. Et rien ne dit que les Allemands ont davantage intérêt à s'allier avec la SNCF qu'avec Veolia Transport, CMA-CGM ou le groupe Bolloré, très présent dans le transport et la logistique. Contrairement au transport aérien où les grandes alliances mondiales sont constituées depuis des années, la consolidation du transport ferroviaire européen n'en est qu'à ses débuts. Tout le monde discute avec tout le monde.

Après dix ans de convalescence, la SNCF ne vit plus sous perfusion. Sauf en cas de nouvelle grève majeure à l'occasion de la réforme à venir des régimes spéciaux de retraite, l'entreprise a des atouts à faire valoir dans le cadre de la libéralisation en cours. Sa situation financière lui permet même de procéder, de nouveau, à des acquisitions, puisqu'elle peut s'endetter de 1 ou 2 milliards d'euros supplémentaires. Mais la situation n'est plus la même qu'il y a dix ans. Fin des monopoles oblige, elle se trouve face à de nouveaux concurrents, privés ou en passe de l'être, beaucoup plus agressifs. Effective depuis le 1er avril 2006, la libéralisation du fret pourrait, en moins de trois ans, faire perdre à la SNCF 10 % de ce marché. De plus, ces concurrents disposent de marges de manoeuvre financières encore plus importantes. Les acquisitions sont donc chères.

A l'heure où le développement durable est érigé en priorité politique, il est impensable que la SNCF se retire du fret et se concentre sur le trafic voyageurs. Nécessairement, l'entreprise va donc avoir besoin d'argent. L'ouverture de son capital n'est pas à l'ordre du jour. Les cheminots y verraient sans doute un casus belli, et la mariée n'est pas encore assez belle pour les marchés. Ce serait pourtant la meilleure preuve que la SNCF est devenue une entreprise comme les autres... comme la DB.



Deux modèles, deux stratégies... et deux conceptions radicalement opposées du monde ferroviaire. Mazette... On en apprend décidément tous les jours sur Passion-trains !

par Le Monde publié dans : REPORTAGE
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Jeudi 16 août 2007

y8400.jpg Résidant à Saint-Charles-Borromée depuis 30 ans, Michel Brousseau et son épouse, Anne-Marie Desroches, ont entrepris d'y aménager un jardin aquatique pour, comme on dit, passer le temps. Cinq ans plus tard, ceux-ci peuvent fièrement admirer un îlot comprenant deux étangs, une cascade, des fleurs par milliers …et deux impressionnants réseaux ferroviaires. 

«J'ai travaillé plus de 15 ans chez Breuvages Kiri de Saint-Félix-de-Valois. J'ai toujours aimé le bord de l'eau. J'aurais bien voulu déménager près du fleuve Saint-Laurent, mon épouse, non. Nous avons donc convenu d'amener l'eau dans la cour.» 

Habile de ses mains, Michel Brousseau a entrepris de réaliser un premier étang avec jet d'eau. Le relief de sa grande cour a vraiment changé lorsqu'il s'est fait livrer cinq voyages de terre et des centaines de pierres des champs disposées en couronne. «Je n'aime pas rester à rien faire. Le travail, disent-ils, c'est la santé. Mais lever toutes ces roches m'a occasionné des hernies», a-t-il raconté au journal. 

Anne-Marie Desroches-Brousseau est responsable du volet végétal qui nécessite deux sinon trois heures d'entretien par jour. Elliotis, Rudbechia, Oeillets des montagnes et Hémérocailles égayent l'aménagement paysager qui a valu bien des compliments au couple. 

Michel Brousseau confie avoir attendu d'avoir 63 ans avant de s'offrir un premier train électrique. Il a choisi parmi les plus beaux, à l'échelle 1/32e. Sa locomotive à vapeur fait près de deux pieds de long. Grâce à une télécommande, le Charlois décide des mouvements du convoi de marchandises, le tout avec un complément sonore très réaliste. 

Les Lanaudois ont cinq petits-enfants qui s'amusent à plein avec leurs petits camions dans ce terrain de jeux. À la tombée du jour, le couple s'installe dans le solarium afin d'admirer les fontaines illuminées et le train de passagers qui semble presque habité. Pour des raisons de sécurité, les trains et wagons sont remisés chaque nuit. 

«Cet aménagement, je l'ai fait pour m'amuser, surtout pas pour m'en vanter. C'est toute une science d'ajuster les rails. L'un des circuits fait 125 pieds, l'autre 60 pieds», explique Michel Brousseau. 

Faut-il s'en surprendre ? Le couple envisage d'autres améliorations l'été prochain.

 


Bricoleur à ses heures, Michel Brousseau et son épouse, Anne-Marie Desroches, ont entrepris d'aménager un jardin aquatique pour, comme on dit, passer le temps. Cinq ans plus tard, ceux-ci peuvent fièrement admirer un îlot comprenant deux étangs, une cascade, des fleurs par milliers …et deux impressionnants réseaux ferroviaires. "Ouais c'est cool... l'année prochaine, on entamera la construction d'une gare de triage, d'un port, d'un aérograre et, si il reste un peu de place, d'une zone industrielle. On s'éclate..."
par laction.com publié dans : REPORTAGE
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