FRANCE - "Strasbourg à peu près à deux heures de Paris, c'était un rêve. Il a été réalisé". Premier commentaire enthousiaste de François Fillon, samedi
en fin de matinée, peu après son arrivée à Strasbourg... A bord de la rame inaugurale avec Alain Juppé, le Premier ministre a effectué un parcours de 2 heures et 46 minutes à 320 km/h entre la
capitale et la grande ville alsacienne. Vantant au passage "un beau symbole de la capacité de notre pays à innover lorsqu'il se rassemble, un symbole de la France européenne, du savoir-faire des
entreprises françaises, un symbole qui donne confiance en l'avenir".
Un parcours inaugural très médiatique... même si le premier transport commercial sur la nouvelle ligne TGV, dimanche matin, sera en fait allemand. C'est en effet un ICE, train à grande vitesse de
la Deutsche Bahn, qui empruntera la ligne en partant à 6h43 de la gare de l'Est à Paris pour rejoindre Francfort 3h50 plus tard. Quatre-vingt-treize allers-retours sont prévus pour ce premier
jour d'exploitation.
Après 20 ans d'attente, les 300 km de ligne à grande vitesse ont été construits en cinq ans entre Paris et Baudrecourt en Moselle pour un coût total de 4 milliards d'euros. Une trentaine de
villes des régions Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace seront desservies à 320 km/h, contre 300 km/h pour les autres lignes à grande vitesse, plaçant Reims à 45 minutes de Paris, contre 1h40
actuellement, Metz et Nancy à 1h30 contre 2h45 aujourd'hui, et Strasbourg à 2h20 contre 4h. Pour la première fois, des TGV français circuleront également en Allemagne pour assurer en 6h15 la
liaison Paris-Munich. Trois nouvelles gares ont été construites sur la nouvelle ligne: Champagne-Ardenne, à 5 km de Reims, Meuse-Voie Sacrée à Trois-Domaines (Meuse), à équidistance entre
Bar-le-Duc et Verdun (Meuse), et celle d'interconnexion de Lorraine à Louvigny (Moselle) entre Metz et Nancy.
Avec cette nouvelle ligne, la SNCF espère augmenter de 65% sa fréquentation vers l'Est qui devrait passer de huit millions de voyageurs actuellement à 11,5 millions d'ici à 2010. Au total, depuis
l'ouverture des ventes le 10 avril, la société nationale a vendu 615.000 billets pour le TGV Est.
Le TGV Est s'annonce comme un accélérateur de développement économique et de désenclavement. Reims estime avoir déjà gagné plus de 2.000 emplois mais la capitale de la région Champagne Ardennes
craint parallèlement un "effet TGV à l'envers" qui ferait d'elle une banlieue-dortoir de Paris. Bar-le-Duc, la petite préfecture de la Meuse, espère au contraire accueillir une clientèle
résidentielle travaillant en région parisienne tandis que Metz mise sur le Centre Pompidou de Metz, antenne décentralisée du musée Beaubourg de Paris, qui devrait attirer 300.000 visiteurs par an
à partir de 2008. A Strasbourg, "l'effet TGV" devrait aussi se faire sentir dans l'immobilier après la mise en service de la ligne.

La rame inaugurale du TGV Est, partie de Paris à 7h36 ce matin est arrivée à Strasbourg vers 11 heures avec à son bord, François Fillon et Alain Juppé.
L'arrivée du TGV-Est risque de bouleverser l'économie et la physionomie des régions qu'il dessert. Avec cette nouvelle ligne, la SNCF espère en effet augmenter de 65% sa fréquentation vers l'Est
qui devrait passer de huit millions de voyageurs actuellement à 11,5 millions d'ici à 2010.



ROYAUME-UNI - La première ligne de transport ferroviaire régulière, alimentée par du bio-carburant a été
mise en démonstration mardi en Grande Bretagne, avec le futur premier ministre Gordon Brown à son bord, dans une perspective de lutte contre le réchauffement climatique.


