FRANCE - La SNCF est revenu ce mercredi sur son projet de réduire les dessertes de trois lignes de trains Corail qui avait suscité un tollé cet été, notamment dans les régions de gauche, qui ont maintenu leurs critiques contre l'absence d'engagement de l'Etat.
Le ministre des transports Dominique Perben a réuni à Paris le président de la SNCF Louis Gallois et les responsables de l'Association des régions de France (ARF). La SNCF a proposé de maintenir un certain nombre de trains Corail (les trains interrégionaux, ou TIR) - et d'en remplacer d'autres par des trains express régionaux (TER) dont elle assumerait la charge, normalement du ressort des régions. "A chaque suppression de Corail, la SNCF fera la proposition de créer un train régional dont elle prendra en charge les coûts de fonctionnement", a résumé M. Perben. Le président de l'ARF, Alain Rousset, a pour sa part déclaré "On a ouvert un dialogue, il y a eu des avancées, la bataille du Corail de l'été a payé".
Les propositions ont emporté l'adhésion des régions, qui n'auront pas la charge des TER remplaçant les Corail. Mais ces mêmes régions, presque toutes dirigées par le PS, ont critiqué l'attitude de l'Etat, absent "un peu comme Ponce-Pilate qui se lave les mains de ses propres responsabilités", toujours selon M. Rousset. "M. Perben a reconnu qu'il s'agissait de lignes nationales", mais "quels sont les moyens que met l'Etat ?" a-t-il demandé.
"C'est l'Etat et la SNCF qui assument la situation des trains à vocation nationale", avait auparavant déclaré M. Perben, alors que Louis Gallois, le président de la SNCF avait pour sa part souligné que "L'Etat n'investierait pas dans les TIR, car ces dépenses étaient entièrement à la charge de l'entreprise".
Alors grande avancé ? oui et non ; selon Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénée et responsable des transports au sein de l'ARF, la situation sur le fond n'a pas bougé : "alors que les régions supportent le déficit des TER, M. Perben a confirmé que le gouvernement n'entend pas combler celui des Corail", a t'il affirmé, ce à quoi le président de la SNCF a répondu, je cite : "Sur les dessertes qui avaient été en cause, j'ai indiqué que la SNCF était tout à fait disposée à assurer une péréquation dès lors que cette péréquation restait à un niveau raisonnable". Le président de la SNCF a par ailleurs ajouté que toutes les économies que étaient réalisées sur les TIR par des meilleurs aménagements seraient réinvesties sur les TIR, et qu'il avait fait des propositions qui visent à assurer un service, soit par des TIR, soit par des TER, et dont la SNCF assurerait le financement.
Toujours au niveau des critiques à l'encontre du gouvernement, le président de la région Centre M. Michel Sapin a pour sa part stigmatisé l'attitude de l'Etat qui selon lui reste immobile sur le dossier, alors que la SNCF a largement reculé. "Le gouvernement laisse la SNCF se débrouiller avec les régions, mais il y a des limites à la débrouillardise de la SNCF", a-t-il dit, ajoutant que "le vrai sujet" est "le financement de la modernisation de l'appareil ferroviaire".
"Il faut que l'Etat revienne dans le jeu sur le service SNCF et aussi sur l'état des voies, qui est dramatique", a renchéri Alain Rousset, estimant que "le coût de modernisation des Corail est de l'ordre de 2 milliards d'euros".
Du côté des syndicats enfin, la CGT-cheminots s'est félicité des "reculs du gouvernement et de la direction de la SNCF qui sont le fruit" des différentes "mobilisations".

Suppression des trains Corail - la SNCF recule, mais les régions critiquent la passivité de l'Etat...







