FRANCE - Le président Nicolas Sarkozy a adressé au nouveau patron de la SNCF Guillaume Pepy sa feuille de
route dans laquelle il lui fixe cinq chantiers-phares, notamment le fret et les trains régionaux en Ile-de-France, dans une lettre de mission rendue publique jeudi.
L'envoi d'une lettre de mission au président de la SNCF par le chef de l'Etat constitue une première selon l'Elysée. Nicolas Sarkozy lui demande aussi d'élaborer un plan stratégique avant l'été
2008. "Le développement et la modernisation de l'entreprise seront les objectifs prioritaires du mandat qui vous est confié, ainsi qu'une priorité effective de l'action des pouvoirs publics",
écrit aussi M. Sarkozy. "La SNCF doit, après une période de redressement économique, changer de rythme pour entrer, toute entière, dans l'ère du développement et de la concurrence",
poursuit-il.
Premier chantier : construire un leader du fret et de la logistique dans le monde, alors que l'activité fret de l'entreprise publique est en pleine déconfiture financière depuis des années. Le
président de la république estime que le groupe SNCF devra assurer la pérennité, la viabilité et la croissance du mode ferroviaire.
Deuxième priorité : améliorer les transports régionaux en faisant des déplacements ferroviaires quotidiens un nouveau modèle de service public. "Il vous est demandé d'améliorer fortement la
fiabilité, la qualité et l'attractivité des services de transport du quotidien, notamment en Ile-de-France", écrit le président. Selon lui, "il est urgent d'intensifier (dans cette région) la
remise à niveau des transports ferroviaires en accélérant les projets d'infrastructures et de services, en mobilisant de nouveaux moyens, et en augmentant sensiblement les investissements de la
SNCF, y compris sur le réseau RER".
Guillaume Pepy, nommé mercredi président de la SNCF en Conseil des ministres, devra aussi accélérer le développement du TGV en France, comme l'a prévu le Grenelle de l'Environnement, et en
Europe, où la concurrence s'ouvre dès 2010. "Il faut également exporter le savoir faire français, notamment d'ingénierie, au moment où l'intérêt pour la grande vitesse devient mondial", insiste
M. Sarkozy. "Notre pays peut être le leader mondial du ferroviaire", assure-t-il.
Parmi les chantiers du nouveau dirigeant de la SNCF, figurent aussi la modernisation et la rénovation du réseau ferré national, propriété d'une autre entreprise publique, Réseau ferré de France
(RFF), mais entretenu par la SNCF, moyennant finances. A ce sujet, le président de la République s'est prononcé en faveur d'une simplification des relations avec RFF.
Le président charge aussi la SNCF de mettre en oeuvre les engagements du Grenelle, en développant des transports plus propres. En outre, le président indique que Guillaume Pepy devra négocier les
éléments clefs d'un pacte de modernisation sociale avec les personnels et leurs organisations syndicales. "Ce pacte devra naturellement faire une place à la reconnaissance des efforts et
résultats des cheminots dans les succès de leur entreprise", poursuit Nicolas Sarkozy. En 2005 et 2006, les syndicats majoritaires de la SNCF se sont opposés à des accords d'intéressement.
Enfin, le président souligne que tous ces efforts se feront grâce aux moyens financiers supplémentaires de l'entreprise.

La voix de son maitre : Le président de la République a reçu le nouveau patron de la SNCF Guillaume Pepy, le 22 février 2008 à l'Elysée, et lui a transmis
ses instructions pour les cinq à venir. "Voilà... Tu sais ce qu'il te reste à faire maintenant... et surtout n'oublies pas de redécorer un TGV en Gucci / Yves St Laurent : Carla va adorer pour
aller faire son shopping à Milan.."






