Dimanche 12 août 2007

logo-rff.JPGlogo-sncf.jpg  FRANCE - Deux ans après son rachat par la ville de Bobigny, pour un euro symbolique, et son inscription à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques, l'ancienne « gare de la douleur » voit s'esquisser le paysage qui en fera, à l'horizon 2010, un lieu de mémoire. Les premiers travaux commenceront en septembre sur ce site unique en France, la seule gare de déportation désaffectée et préservée presque en l'état. Sa mise en valeur complétera une géographie du souvenir déjà tracée au fil des anciens camps d'internement, dont celui de Drancy, à deux kilomètres de là.

Bobigny a gagné son triste rang de « gare de déportation » le 18 juillet 1943, lorsqu'un premier convoi de 1 126 prisonniers a pris la direction de l'Allemagne, vers l'un de ses camps de l'horreur. Vingt autres convois suivront durant la guerre, emportant 22 407 personnes, dont sont revenues seulement 1 515. Un peu en retrait du bâtiment voyageurs, posée comme une pâtisserie grise entre des chemins de rails, la gare de marchandises était l'ultime étape avant Auschwitz.

Lorsque le projet, évoqué une première fois il y a près de vingt ans, aura abouti (voir repères) , la friche de l'avenue Henri-Barbusse n'aura pas seulement rang de mémorial. Elle deviendra aussi lieu « d'éducation citoyenne » et d'événements culturels comme celui initié, au printemps 2005, par la compagnie théâtrale de la Pierre Noire avec les « Lignes de vie », un parcours scénographique sur le thème de la déportation. D'ici là, la ville aura peut-être convaincu la SNCF de lui rétrocéder l'ensemble du terrain de 3,5 ha (Bobigny n'a acquis que 1 450 m 2 et la gare voyageurs).

La halle marchandises, d'où partaient les convois, sera réhabilitée mais en la laissant délibérément vide, « pour évoquer l'absence de tous ceux qui, un jour, ont embarqué devant ce bâtiment », expliquent les coordinateurs du projet. Bien avant cela, une étape cruciale sera franchie en septembre : le début de la restauration du bâtiment voyageurs, sur lequel planche Anne Bourgon. Le permis de construire a été signé en avril dernier, le mois prochain commencera un chantier estimé, pour la seule restauration extérieure, à près de 500 000 €, et pour lequel a été ouverte une souscription publique. « Hormis la toiture à refaire, les façades côté voies vont être consolidées et brossées, nettoyées minutieusement mais conservées telles quelles », précise Anne Bourgon.
 
Autre travail majeur à la rentrée : le lancement d'une étude sur la dépollution du site. Truffé d'hydrocarbures et de métaux lourds comme le plomb ou le cuivre, le terrain devra être remis en état.
 



Parce que des choses innommables ont été aussi faites avec le train... l'ancienne « gare de la douleur » de Bobigny voit s'esquisser le paysage qui en fera, à l'horizon 2010, un lieu de mémoire. Les premiers travaux commenceront en septembre sur ce site unique en France, la seule gare de déportation désaffectée et préservée presque en l'état.
par Le parisien.fr publié dans : REPORTAGE
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Mercredi 8 août 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - Si la multiplication des offres de billets de train à tarif réduit, notamment celles de l'iDTGV, permet aux usagers avertis de tirer leur épingle du jeu, beaucoup d'usagers se plaignent de l'incohérence et de l'opacité du système.

Le voyageur désireux de réserver un billet de TGV peut constater, à la même date et parfois pour le même train, d'importantes différences de prix. Par exemple, sur le Paris-Marseille du mercredi 15 août à 6 h 20, on trouvait, un mois avant le départ, des billets à 35 euros (Prem's en deuxième classe), 44 euros ("promo d'été" en première classe) et 76,80 euros (plein tarif, heures creuses, en seconde). Sur les trois TGV suivants, le Prem's et la "promo d'été" montaient à 49 euros et le tarif normal passait à 94 euros. L'iDTGV de l'après-midi était à 38,90 euros en seconde et à 44,90 euros en première. Et celui du soir ramenait au même prix la seconde (38,90 euros) et la première classe (39 euros).

En dehors des cartes de réduction, il existe trois sortes de billets bon marché : les "découverte séjour", les Prem's et l'iDTGV. Le "découverte séjour" nécessite de passer la nuit du samedi au dimanche sur le lieu de destination et propose, selon la période et l'horaire, trois niveaux de réduction. Ceux-ci sont de 15 %, 25 % et 35 %.

Les Prem's, vendus trois mois à l'avance sur Internet ou au guichet, ne sont ni échangeables ni remboursables. Leur tarif est progressif : on trouvera un Prem's Paris-Marseille à 35 euros deux mois à l'avance et à 83 euros quinze jours avant le départ.

Filiale de la SNCF créée en novembre 2004, l'iDTGV permet de voyager à petits prix sur des destinations situées à plus de trois heures de Paris. La location est ouverte six mois à l'avance, exclusivement sur Internet. Règle du jeu : les prix augmentent au fur et à mesure que le train se remplit. Lorsque la demande reste faible, ils restent donc stationnaires. Cela explique pourquoi des clients trouvent parfois à la dernière minute des billets très bon marché (40 euros en première, par exemple) alors que d'autres auront dû dépenser 59 euros deux mois auparavant.

"Le prix du billet en iDTGV est toujours inférieur au plein tarif de la SN
CF", indique-t-on à la direction de l'iDTGV. Pourtant, une voyageuse qui a tenté, une semaine à l'avance, de réserver un Paris-Toulon pour le samedi 21 juillet a eu la surprise de se voir proposer, sur l'iDTGV de 7 h 54, une place en seconde à... 139,90 euros, soit 37,20 euros de plus que le plein tarif à l'heure de pointe. Quant au prix d'appel de l'iDTGV (19 euros), il n'est accessible qu'à un petit nombre de dates.

Le billet iDTGV est nominatif, incessible et non remboursable. On ne peut l'échanger - obligatoirement par téléphone - que s'il n'a pas été imprimé, moyennant 10 euros auxquels s'ajoutera un supplément, si la nouvelle réservation est plus chère. C'est pourquoi il est recommandé d'attendre le dernier moment pour imprimer son billet chez soi : en cas d'empêchement, on peut modifier, sans frais, le nom du titulaire pour en faire profiter quelqu'un d'autre.

Censé circuler en dehors des heures de pointe, l'iDTGV investit maintenant les créneaux les plus demandés sur certaines destinations comme Marseille et Perpignan, au risque de léser les abonnés et possesseurs de cartes de réduction commerciales donnant un accès prioritaire. Pour réduire les frais d'exploitation, la rame de l'iDTGV est, en effet, toujours accolée à un TGV régulier, diminuant d'autant la capacité d'accueil des autres voyageurs. Ces derniers sont alors contraints de se rabattre sur les trains suivants ou précédents, même si la rame de l'iDTGV n'est pas pleine ! Se risquer à bord d'un iDTGV avec un billet "normal" donne lieu à une amende de 46 euros.

La direction d'iDTGV explique que ces changements d'horaire ont pour but de ramener les passagers de l'avion vers le rail. L'iDTGV sert aussi de test pour capter une nouvelle clientèle. La SNCF, qui n'avait pas mesuré toutes les conséquences de ses innovations tarifaires, promet pour octobre une nouvelle offre, à la fois plus simple, plus claire et plus respectueuse des possesseurs de cartes commerciales.
 



Pas toujours très cohérents les tarifs IDTGV ? Le voyageur désireux de réserver un billet de TGV via ce service peut constater, à la même date et parfois pour le même train, d'importantes différences de prix. Un peu de transparence messieurs de la SNCF, siouplait...

par Le Monde.fr publié dans : REPORTAGE
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Jeudi 12 juillet 2007

logo-sncf.jpg FRANCE La fédération CGT des cheminots appelle les salariés de la SNCF à des manifestations le 31 juillet (sans parler pour l'heure de grève) et propose aux autres syndicats de se joindre à ce mot d'ordre pour faire pression sur les députés qui examineront le projet de loi sur le service minium. 

"Tout ne sera pas dit et écrit après le vote au Sénat et à l'Assemblée", a prévenu mercredi le secrétaire général de la CGT-Cheminots Didier Le Reste, interrogé par l'Associated Press.

Le projet de loi a été transmis au Sénat (où il doit être examiné à partir de mardi prochain) sans que les principales demandes des organisations, formulées auprès du ministre du Travail Xavier Bertrand, n'aient été prises en compte. Le projet doit être présenté à l'Assemblée à la fin du mois de juillet. Le texte dans sa version actuelle prévoit toujours une déclaration individuelle 48 heures avant la grève et un vote à bulletin secret sur la poursuite de celle-ci au bout de huit jours de conflit social. Par ailleurs, le principe du non-paiement des jours de grève figure toujours dans l'article 9 du texte, ce que les syndicats considèrent comme une "provocation" dans la mesure où cette disposition existe déjà.

"Je ne suis pas surpris. Mais je dis qu'il faut que le gouvernement et les parlementaires ne raisonnent pas à court terme, c'est-à-dire qu'ils ne s'imaginent pas que parce qu'on est en période estivale tous les problèmes vont être réglés", a prévenu Didier Le Reste. "Nous allons placer les débats à l'Assemblée nationale à partir du 31 juillet sous le contrôle et la pression des salariés, avec des manifestations locales ce jour-là, et à proximité de l'Assemblée à Paris. Nous proposons aux autres syndicats de se joindre à ce mot d'ordre", a-t-il précisé.

"Le droit de grève n'est pas négociable", ont déclaré l'ensemble des syndicats de cheminots dans un communiqué commun jeudi dernier. Et de prévenir: "Toute atteinte qui lui serait portée amènerait à une réaction immédiate et unitaire des fédérations syndicales de cheminots. Le gouvernement porterait seul la responsabilité de ce conflit".
 


ça sente pas trè bon... Il ne s'agit pour l'instant que d'un appel auprès des salariés de la SNCF pour des manifestations le 31 juillet, mais la CGT Cheminots se dit prête à une réaction immédiate et unitaire des fédérations syndicales de cheminots en cas d'une atteinte au droit de grève... affaire à suivre durant les prochains mois !

par Associated Press publié dans : REPORTAGE
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Dimanche 8 juillet 2007

logo-sbb.gif SUISSE - C'est donc confirmé : les tarifs des CFF vont prendre l'ascenseur dès le 9 décembre. Dans la douleur et au terme d'une rude bataille entre l'ex-régie fédérale et Monsieur Prix. Ce dernier, Rudolf Strahm, vient de donner son accord du bout des lèvres à la hausse réclamée par le biais de l'Union des transports publics (dont les CFF représentent deux tiers du revenu). On a certes évité le pire, puisque l'augmentation sera moins importante que ne le laissait craindre le patron des CFF, Benedikt Weibel, en novembre dernier, lorsqu'il annonçait une hausse proche de 10%. 

La facture des usagers n'augmentera «que» de 3,1% pour les billets, et de 3,6% pour les abonnements généraux. Et Rudolf Strahm a tenu bon en refusant, au grand dam des CFF, l'augmentation des suppléments de distance sur les grandes lignes. Le surveillant des prix estimant que, dans ce domaine, les chemins de fer fédéraux étaient déjà largement bénéficiaires. Reste que malgré cette demi-victoire de Monsieur Prix, les usagers n'auront pas le choix: pour continuer à prendre le train, il faudra une nouvelle fois mettre la main au porte-monnaie. 

Pour justifier ce renchérissement, les CFF invoquent une amélioration de l'offre. «Nous allons investir 500 millions de francs dans le matériel roulant, explique le porte-parole Jacques Zulauff. Nous améliorons ainsi l'offre, particulièrement en Suisse centrale. Nous augmentons aussi les cadences sur certaines lignes, nous allons créer de nouveaux arrêts et nous mettons progressivement en place de nouvelles salles d'attente. Nous devons aussi améliorer la sécurité des usagers, la sécurité technique et améliorer les accès pour les handicapés.» 

Autant d'arguments qui font grincer des dents en Suisse romande. Parce que si le tarif est le même pour tout le monde, c'est surtout en Suisse allemande que l'amélioration de l'offre se fera sentir. Les Romands paieront donc plus cher un service qui, pour eux, ne sera p as forcément meilleur. De quoi faire bondir la Fédération romande des consommateurs (FRC). «Nous sommes partis au quart de tour, fulmine encore la présidente, Monika Dusong. Ce qui nous rend perplexes, c'est que Monsieur Prix fait la même analyse que nous: cette hausse n'est simplement pas justifiée. Les investissements des CFF sont constants et ils font des bénéfices globalement corrects. Les gains de productivité devraient permettre aux CFF d'absorber la hausse du coût de la vie sans la répercuter sur les usagers.» 

Et Monika Dusong de déplorer l'opacité du système tarifaire des CFF: «C'est un réel problème démocratique et c'est très préoccupant. Il suffit qu'une structure de prix soit opaque pour que Monsieur Prix soit empêché de faire son travail!»  Un phénomène qui, pour la présidente de la FRC, n'est pas isolé. «Je constate que les anciennes régies fédérales - les CFF, Swisscom, La Poste - essaient de constituer des tréso rs de guerre avec des bénéfices remarquables, pour être aptes à résister à la concurrence. Dans le cas des CFF, les usagers des grandes lignes monopolistiques risquent de financer les domaines concurrentiels comme le trafic de marchandise. Cela fausse la concurrence.» 

Les milieux écologistes montent également aux barricades contre ce renchérissement des transports publics. «Cette augmentation m'énerve, lâche la fondatrice d'écologie libérale, Isabelle Chevalley. On s'approche du point critique chaque fois qu'on augmente le prix du billet de train. Le jour où ce point critique sera atteint, les gens risquent de changer leurs habitudes et de préférer utiliser leur voiture. On sait dans quel sens il faut aller, et les CFF vont exactement dans l'autre sens. Le train devrait rester beaucoup moins cher que la voiture pour être attractif.»  Pour l'écologiste libérale, il y a d'autres moyens de financer le rail. «Notre projet, c'est que la taxe CO2 sur les carburants (qui n'est encore qu'un projet, n.d.l.r.) serve en partie à assainir le secteur des transports.»

Un assainissement que le Vert genevois Ueli Leuenberger appelle également de ses voeux: «La Suisse a besoin d'organiser de véritables états généraux sur l'environnement et les transports publics. Cela permettrait d'évaluer les besoins et de faire des choix sur la base de priorités clairement affirmées.» Selon l'écologiste, «ce ne sont pas directement ces 3 ou 4% d'augmentation qui vont décourager les gens. On a évité le pire puisque la hausse n'est pas celle de 10% avancée il y a six mois. Mais c'est le signal psychologique que l'on donne à la population qui pourrait être décourageant. Augmenter les tarifs sans fournir les garanties que l'on terminera Rail 2000, ça n'est psychologiquement pas très malin.» 

Le signal envoyé à la population préoccupe aussi l'Association transports et environnement (ATE). «Une hausse des prix est synonyme de perte d'attractivité, estime Noëlle Petitdemange, porte-parole de l'ATE. Il va devenir de plus en plus difficile pour le train de séduire de nouveaux utilisateurs. Et si on augmente les prix, il faut que les prestations s'améliorent. Nous ne nions pas que ce soit un peu le cas depuis Rail 2000, mais il reste toujours des gens debout tous les jours entre Lausanne et Genève, et il n'y a toujours pas un train par demi-heure sur la ligne du pied du Jura.» L'ATE est également d'avis que les CFF doivent trouver d'autres sources de financement. «Nous pensons par exemple à une autre affectation de l'impôt sur le carburant. Au lieu d'un pot commun destiné à construire des routes, une partie des recettes de cet impôt pourrait être affectée aux transports publics, pour en améliorer l'offre. Et la future taxe CO2 sur les carburants pourrait financer en partie l'infrastructure ferroviaire.»

Une proposition qu'avait déjà formulée le conseiller national socialiste vaudois Roger Nordmann. Lequel tient toutefois à clarifier les choses: «Ma proposition est d'affecter 40% des recettes de la future taxe CO2 au financement de l'infrastructure ferroviaire, qu'il ne faut pas confondre avec l'exploitation de cette infrastructure. Les billets et les abonnements servent à entretenir le matériel roulant et à payer les salaires. J'ai une certaine compréhension pour les CFF, qui ont une politique favorable pour les familles. Mais je les attends au tournant: s'ils augmentent les prix, ils doivent remplacer les vieux trains dans les cinq ans, et offrir à tous une place assise.» Y parviendront-ils ? réponse à partir du 9 décembre prochain.
 

cff-train-voyageurs.jpg

Le Monsieur Prix suisse ayant donné son accord cette semaine, le billet de train augmentera de 3,1% dès la fin de l'année, et l'abonnement général de 3,6% aux CFF. Une hausse qui provoque un véritable tollé : «Injustifié !» crient les défenseurs des consommateurs, qui attendent une contrepartie. Quant aux milieux écologistes, ils craignent que les usagers ne finissent par choisir la route plutôt que le rail...

par Lematin.ch publié dans : REPORTAGE
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Mercredi 4 juillet 2007

logo-sbb.gif SUISSE - Les CFF et Monsieur Prix déterrent la hache de guerre. Rudolf Strahm, le préposé fédéral à la surveillance des prix, a certes accepté la hausse générale des tarifs demandée par les entreprises de transport public, mais il a refusé le renchérissement sectoriel demandé par les CFF sur les lignes les plus fréquentées. Et s'il a accepté l'adaptation générale moyenne de 3,5%, c'est faute d'avoir trouvé l'argumentation juridique qui lui aurait permis de la refuser.

L'abnégation dont Rudolf Strahm a fait preuve dans son examen de la requête n'a pas manqué de surprendre les CFF. Monsieur Prix convient lui-même que sa détermination a été source d'«irritations». Paul Blumenthal, directeur du trafic voyageurs aux CFF, parle d'une décision «singulière, spéciale et difficile».

Le projet de hausse des tarifs, formellement déposé par l'Union des transports publics (UTP) - qui regroupe 250 entreprises, mais dont les CFF représentent le gros morceau - est donc validé. Dès le 9 décembre, date du prochain changement d'horaire et de la mise en service complète du Lötschberg, le prix des billets augmentera de 3,1% et celui des abonnements de parcours de 3%. Les abonnements généraux seront 3,6% plus chers en moyenne, alors que les cartes journalières verront leur prix grimper de 14%.

Quelques exemples ? Un trajet Lausanne-Genève en deuxième classe avec le demi-tarif passera de 10 francs suisses à 10 fr. 30. L'abonnement général grimpera de 2990 à 3100 francs suisses en deuxième classe et de 4700 à 4850 francs suisses en première. Le prix de l'abonnement demi-tarif ne changera pas.

Les services de Rudolf Strahm ont tenté de passer ces augmentations au scanner. Faute de données comparatives suffisantes, «nous n'avons pas pu constater d'abus de prix général», a-t-il expliqué mardi, non sans un visible regret. Le motif de l'évolution de l'indice des prix, invoqué par les CFF, ne lui paraît pas valable, car «ils peuvent la compenser par les gains de productivité réalisés».

La Fédération romande des consommateurs a immédiatement condamné cette hausse. Elle ne l'accepterait que si les CFF amélioraient véritablement leur offre, condition qui ne lui paraît pas remplie. «C'est inexact. Nous améliorons l'offre et le nombre de trains», réplique Vincent Ducrot, responsable des grandes lignes aux CFF. «Nous avons prévu 500 millions ces prochaines années pour moderniser le matériel roulant, acquérir de nouveaux trains avec des planchers surbaissés ou équipés de climatisation. Tout cela a un coût qu'il faut financer sans l'aide des collectivités publiques», ajoute Paul Blumenthal.

Si la hausse générale est acceptée, Monsieur Prix a en revanche refusé les adaptations sectorielles prévues sur les tronçons les plus fréquentés, soit Genève-Lausanne, Lausanne-Fribourg, Berne-Zurich, Zurich-Bâle, Zurich-Winterthour Berne-Lucerne, le nouveau tunnel du Lötschberg étant un cas à part. Cela prive les CFF d'«une somme en millions à deux chiffres».

Pour ces lignes, les CFF demandaient un supplément de distance (voir encadré). Pour Rudolf Strahm, cette requête n'est pas justifiée. Après avoir scruté les comptes et les projections financières des CFF, il est arrivé à la conclusion que «les bénéfices du trafic longue distance sont très élevés et le seront aussi à l'avenir» 

Les CFF contestent cette interprétation. «Nous avons une autre interprétation des gains à réaliser sur le trafic longue distance. Les CFF sont tenus de dégager des bénéfices et d'assurer leurs investissements. La question de savoir quel bénéfice les CFF doivent dégager est politique. Elle devra être clarifiée», réagit Paul Blumenthal.

Dans l'immédiat, Monsieur Prix et les CFF ont signé un accord. Celui-ci prévoit de geler les renchérissements sectoriels pendant un an, le temps de clarifier certaines questions. Cette décision concerne aussi les autres entreprises de transport, tout aussi déçues de la décision de Rudolf Strahm. «Pour faire face à nos besoins futurs, seules les mesures sur les prix nous permettent d'agir. Sinon nous devrons nous poser la question de la réduction des prestations», menace le directeur de l'UTP, Peter Vollmer.

Le problème reviendra donc sur le tapis. Un nouveau système tarifaire devra être négocié. Mais pas question d'abandonner le système intégré, qui valide l'abonnement général sur le réseau de toutes les entreprises du pays.
 



Les billets et les abonnements généraux, à l'exception du demi-tarif, coûteront entre 3 et 3,6% plus cher l'an prochain en Suisse. Pas question en revanche de renchérir certains tronçons sous prétexte qu'ils sont très fréquentés : Monsieur prix veille au grain...
par letemps.ch publié dans : REPORTAGE
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Mercredi 4 juillet 2007

 FRANCE - Après celui de la vitesse ou le confort, les constructeurs de trains s'engagent sur le front de la sécurité. Au sein du pôle de compétitivité I-Trans, le groupe canadien Bombardier vient ainsi de lancer le projet Procab pour Protection Cabine. Objectif : étudier le comportement du conducteur, et à terme celui des passagers, en cas d'accident ferroviaire. 

« Jusqu'à présent, on cherchait uniquement à comprendre les réactions de la structure du train lors d'un choc », explique Pascal Matthieu, responsable des essais chez Bombardier. « Maintenant, nos clients comme la SNCF, veulent connaître les conséquences des crashs sur les occupants. » Dans la cabine de la motrice, le conducteur est protégé par un espace de survie indéformable comme les pilotes de Formule 1. Pourtant, en cas de choc violent, il peut subir des blessures graves en heurtant un certain nombre d'équipements tels que les manettes ou les arêtes du pupitre de commande... « Actuellement, on ne connaît pas grand-chose sur les conséquences corporelles d'une collision », reconnaît Pascal Matthieu. 

Grâce à Procab, Bombardier devrait combler ses lacunes. « Nous cherchons à améliorer la protection du conducteur pour qu'il sorte indemne et conscient de l'accident dans tous les cas de figure », explique Yves Ravalard, directeur scientifique du pôle de compétitivité I-Trans. « Car après une collision, il doit prendre très rapidement des décisions pour assurer la sécurité des voyageurs : faire évacuer les rames en cas d'incendie par exemple. Nous devons donc trouver des solutions pour perfectionner les équipements du pupitre de commande : changer la position de certaines manettes, utiliser des matériaux qui amortissent mieux les chocs, concevoir des formes moins agressives... » 

Le site de Crespin près de Valenciennes, où est installée la rampe de lancement des crash-tests, va être équipé d'outils informatiques s'appuyant sur la réalité virtuelle, afin de simuler différents types d'accidents. Ensuite, des essais avec des mannequins biomécaniques vont être mis en place. Bombardier se donne 3 ans pour mener à bien un projet qui représente un investissement de 3,2 millions d'euros. 

« Nous voulons adapter au train ce qui existe pour les crash-tests automobiles », précise Yves Ravalard. Problème : la cabine de la motrice ne dispose ni de volant ni de ceinture de sécurité pour maintenir le conducteur sur son siège. « Nous allons donc devoir mettre au point nos propres mannequins ». Ce qui représente, au bas mot, un ou deux ans de recherches. 

Bombardier n'est pas le seul à conduire des études sur la sécurité. Si Alstom reste discret, le constructeur français n'en travaille pas moins sur le sujet. Il aurait même pris une bonne longueur d'avance sur son concurrent canadien, selon Pierre Huss directeur des essais. « Nous travaillons déjà depuis de longs mois en méthode mixte, c'est-à-dire en réalisant des essais expérimentaux et des simulations numériques. Dès 2004, nous avons commencé à étudier les conséquences corporelles lors des crashs que nous effectuons à Reichshoffen en Alsace à l'aide de mannequins biomécaniques. »

Alstom et Bombardier poursuivent un même objectif : trouver des solutions concrètes et industrialisables pour améliorer la sécurité et la protection du conducteur et des passagers. « Avec l'acoustique et l'aérodynamique, les crash-tests constituent l'un des points stratégiques sur lequel les constructeurs peuvent marquer des points », avoue Pierre Huss
 



Pour étudier les effets des collisions, les constructeurs de trains font appel à des mannequins biomécaniques ainsi qu'à la simulation virtuelle. Exactement comme l'industrie automobile avec les tests d'EuroNCAP. Au suivant, siouplait...

par Eric publié dans : REPORTAGE
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Mercredi 27 juin 2007

logo-sncf.jpg FRANCE - ares encore en travaux, salles d'attente sous-dimensionnées, TGV pratiquement tous complets, trains non accessibles avec un abonnement de travail pour les passagers transfrontaliers... Les motifs de mécontentement des voyageurs sont nombreux depuis la mise en service (le 10 juin) du TGV Est européen. Le taux de remplissage des rames a frisé les 100 % avec 500 000 passagers transportés en seize jours d'exploitation. Du jamais vu.

« C'est un énorme succès, bien au-dessus de nos prévisions, reconnaît Mireille Faugères, directrice de Voyageurs France Europe à la SNCF, cette fréquentation exceptionnelle traduit l'effet curiosité, ainsi que le succès remporté par les offres promotionnelles affichées à 10 ou 15 eur. » Chaque jour en effet et ce, jusqu'à la fin de l'été, 5 000 places sont proposées à ces tarifs sur les 35 000 disponibles au total.

La dernière mise en service d'une ligne à grande vitesse - c'était le prolongement du Paris-Lyon jusqu'à Marseille et Montpellier en 2001 - avait été marquée par des incidents d'exploitation engendrant de nombreux retards. Là, ce sont d'autres dysfonctionnements qui sont apparus.

La desserte Paris-Reims alimente les critiques les plus vives : trains systématiquement complets, et pas assez nombreux aux heures de pointe, notamment entre 17 h 27 et 18 h 57 au départ de Paris. « Depuis hier, le train de 7 h 45 au départ de Reims est assuré par une rame double et, dès jeudi dernier, celui de 18 h 57 au départ de Paris a été doublé. Par ailleurs, tout l'été, les vendredis, samedis et dimanches, onze TGV vont être doublés», explique la responsable du réseau grandes lignes qui considère que, globalement, avec 85 % des trains à l'heure, la ponctualité est satisfaisante. Il n'empêche : les passagers trouvent intolérable de subir une quinzaine de minutes de retard sur un trajet de 45 minutes.

Deux éléments expliquent cette sous-capacité. L'Est est desservi avec des rames de 360 sièges à un seul niveau, et non par des duplex de 516 places réservés au Sud-Est et à l'Atlantique. Enfin, seuls 46 trains sont à ce jour en service. Les six manquants arriveront à raison de un par mois.

Air France avait anticipé la mise en service du TGV Est en réduisant de 12 à 8 le nombre de ses vols quotidiens depuis Orly vers Strasbourg et Mulhouse. Ces lignes devraient transporter à terme 500 000 passagers au lieu d'un million par an. Mais, deux semaines après le démarrage du TGV, la compagnie nationale observe un remplissage de ses appareils supérieur à 75 %. C'est donc que l'effet TGV ne joue pas à plein. Les tarifs, souvent attractifs, avec par exemple un aller simple à 49 eur (dont 32 eur de taxes), n'y sont sans doute pas étrangers.

À la Sanef, société qui gère l'autoroute A4 Paris-Strasbourg, on ne note pas de chute de trafic, mais plutôt une modification des comportements et, en particulier, une augmentation des trajets de moyenne distance. Ces cabotages d'une centaine de kilomètres pourraient s'expliquer par la suppression de trains Corail de ville à ville. Ce transfert vers la route contredit les beaux discours environnementaux de la SNCF...
 
 
TGV-EST-1.jpg

Le taux de remplissage des rames a frisé les 100 % lors des seize premiers jours d'exploitation. Du jamais vu ! Et pour cause :Le succès de la nouvelle ligne à grande vitesse dépasse les prévisions. Du coup, les rames sont bondées et la SNCF n'a pas de solution miracle pour augmenter sa capacité.

par Le Figaro publié dans : REPORTAGE
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