FRANCE - Après quinze ans d'attente et cinq ans de travaux, les habitants de l'est de la France vont avoir leur TGV. La SNCF inaugurera jeudi la ligne grande vitesse est-européenne entre Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) et Baudrecourt (Moselle), qui mettra Strasbourg à 2 h 20 de Paris contre 4 heures encore aujourd'hui. Mais les consommateurs devront patienter jusqu'au 10 juin pour se rendre à Strasbourg en 2 h 20.
Les travaux orchestrés par Réseau ferré de France (RFF), l'établissement public qui gère les infrastructures ferroviaires françaises, ont été titanesques. Longue de 300 kilomètres, la ligne a mobilisé 4 000 personnes. 12 000 poteaux caténaires ont été posés et 338 viaducs construits. 64 millions de mètres cubes ont dû être déblayés. C'est neuf fois plus que lorsque le tunnel sous la Manche a été creusé.
« Ce projet a été porté par une volonté politique inédite en dépit du taux de rentabilité très bas de cette nouvelle ligne, commente Guillaume Pépy, directeur général exécutif de la SNCF. Le politique a pris le pas sur l'économique. » Le projet a coûté 4 milliards d'euros financés par l'État français à hauteur de 40 %, les collectivités locales (17 %), Réseau ferré de France (23 %), l'Union européenne (8 %) et le Luxembourg (6 %). « Cette ligne est la première à faire l'objet d'un partenariat public avec Réseau ferré de France comme maître d'ouvrage, se félicite Hubert du Mesnil son président. Le financement est également original puisqu'il a été réalisé dans le cadre d'un partenariat avec toutes les collectivités publiques concernées sans oublier l'Union européenne et le Luxembourg. » Avant 1997, de tels projets étaient financés par la seule SNCF qui devait s'endetter. Depuis la création de Réseau ferré de France, ils le sont dans le cadre d'un partenariat public, comme pour la ligne du TGV Est, ou d'un partenariat public-privé pour la future ligne Sud Europe Atlantique (Paris-Bordeaux).
Malgré la fin des travaux, camions et pelleteuses ne vont pas quitter l'est de la France de sitôt. « Cette ligne n'est qu'une première étape, assure Hubert du Mesnil. Nous préparons sans attendre les travaux du deuxième tronçon qui permettra d'aller à grande vitesse jusqu'à Strasbourg. » Les 106 derniers kilomètres avant Strasbourg permettront de rouler à grande vitesse dès 2014. Les voyageurs gagneront encore une demi-heure sur ce trajet, réalisé en 1 h 50. L'étape suivante sera une ligne à grande vitesse reliant Strasbourg, Luxembourg et Bruxelles. Puis à l'horizon 2020, une ligne TGV entre Paris et Budapest devrait parachever le projet de « Magistrale pour l'Europe », vaste corridor ferroviaire entre Paris et Budapest.
« Cette gigantesque ligne reliera entre eux 34 millions de citoyens et dix aéroports, explique Dominique Perben, ministre des Transports. C'est une grande avancée pour l'Europe : il ne nous faudra plus que 4 h 30 pour accéder aux principaux centres économiques de la Bavière. » La SNCF réfléchit à des TGV de nuit. « Imaginez dix heures de voyage de nuit à 300 km/h, le lendemain vous pouvez être à Budapest ou Bratislava », observe Guillaume Pépy. Les compagnies aériennes ont du souci à se faire.

La ligne à grande vitesse est-européenne sera inaugurée jeudi. La SNCF est également décidée à relier Paris à Budapest... Alors, bientôt des TGV partout en Europe ? (Photo : denshaotaku365.canalblog.com)

FRANCE - Au tour du Languedoc-Roussillon de découvrir les trains de la concurrence. Le 9 mars dernier, le premier train privé, exploité par la société Euro Cargo rail (filiale du britannique EWSI), a foulé les rails régionaux, où il circulait dans le cadre de son parcours entre Vintimille (Italie) et Hendaye (frontière espagnole) pour le compte 


