FRANCE - Le
TGV Est sera mis en service dimanche 10 juin, ses premiers voyageurs découvriront de nouvelles gares et d'autres remaniées à cette occasion. Sur les 21 gares de centre-ville accueillant le train
rapide, 17 ont été rénovées, quatre se sont contentées d'améliorer leur signalétique. L'objectif consistait à rajeunir les bâtiments, à leur "redonner du volume" et éventuellement une identité
commune, tout en tenant compte de leurs caractéristiques "historiques et géographiques", explique Jean-Marie Duthilleul, directeur de l'architecture de la SNCF.
Trois gares ont été particulièrement remodelées: Paris Est, Strasbourg et Nancy. A la gare de l'Est, l'espace a été entièrement repensé. Des escaliers roulants reliés au sous-sol ont fait leur
apparition dans le hall central afin de "réimplanter le métro dans la gare", selon l'architecte.
A Strasbourg, une verrière a été posée devant l'édifice. Cette "bulle" de 125 m de long sur 23 de haut, accolée à la façade de style néo-roman de la fin du XIXe siècle, couvre la nouvelle zone
d'échange entre trains et tramways. En retard, le chantier de la verrière ne sera achevé qu'à 80% pour l'ouverture de la nouvelle ligne. Le 31 mai, l'inauguration s’est déroulée en plein
chantier. La gare métamorphosée doit accueillir 60.000 voyageurs par jour, au lieu de 40.000. Un cube de verre est aussi en construction à côté de la gare de Nancy. Il servira à terme de
hall pour les voyageurs, dont le nombre devrait augmenter de 40%, pour passer de 5 à 7 millions par an, selon le maire de la ville, André Rossinot.
Trois gares d'interconnexion, consacrées aux trajets province-province sans passer par Paris, ont également été bâties pour la Lorraine, la Meuse et la région Champagne-Ardenne. Le site de
Bezannes (Marne), inauguré vendredi 1er juin, semble le plus complet des trois. Située à cinq kilomètres au sud-ouest de Reims - contre une trentaine de kilomètres séparant Metz ou Nancy de la
gare Lorraine -, la gare Champagne-Ardenne doit être desservie dans quelques années par un tramway projeté par la mairie de Reims. Construite cinq mètres au-dessus du sol, elle est située dans
une zone appelée à un fort développement. Constituée d'un sobre volume de 700 m2, la gare offre, "côté vignes", une vue imprenable sur la montagne de Reims grâce à une baie vitrée sur les 50
mètres de long du bâtiment. "Côté ville", le bâtiment est porté par un voile en pierre de Courville. Cette gare est dédiée aux liaisons interrégionales et des extensions seront possibles en
fonction du trafic. L'investissement s'est élevé à 9 millions d'euros. La construction d'un quartier "en pleine nature" est prévue entre Reims et Bezannes, indique Jean-Marie Duthilleul.
Marchands de biens et commerçants rémois escomptent aussi un "effet TGV" en centre-ville. Le 10 juin, Paris ne sera plus qu'à 45 minutes de Reims et Roissy à une demi-heure. L'argument est repris
pour attirer des sociétés par le quartier d'affaires, le Clairmarais, que seule la gare sépare de la place d'Erlon, vitrine du centre ville.
A Nancy, comme à Strasbourg ou Metz, le TGV s'accompagne d'une valorisation immobilière. Un palais des congrès verra le jour d'ici à trois ans à côté de la gare de Nancy. "Quinze hectares sont en
outre susceptibles d'être aménagés autour de la gare" d'ici à 15 ans, souligne André Rossinot. L'offre de bureaux sera alors supérieure, pour satisfaire une demande d'entreprises du secteur
tertiaire attirées par un rapprochement avec la capitale (1h30 de trajet contre 2h50).
Dans la série "J'en apprends tous les jours avec Passion-trains", voici aujourd'hui la nouvelle verrière de la gare de Strasbourg. Fans des bâtiments ferroviaires, n'hésitez plus : voici une occasion en or d'aller "buller" dans la capitale alsacienne...







