EUROTUNNEL - Le Tribunal de commerce de Paris a donné son feu vert hier à l'ouverture d'une procédure de sauvegarde au bénéfice d'Eurotunnel. Plombée par une dette de plus de 9 milliards d'euros, alors que l'exploitation dégage des bénéfices, le groupe franco-britannique a réuni plusieurs fois ses créanciers pour trouver une solution amiable, sans succès jusqu'ici. Après l'échec des négociations, l'opérateur du tunnel sous la Manche avait demandé, le 13 juillet dernier, la protection de la justice. Il a donc obtenu satisfaction. Une première pour une entreprise française de grande taille.
Prévue par la loi du 26 juillet 2005, la procédure de sauvegarde est destinée à "faciliter la réorganisation de l'entreprise afin de permettre la poursuite de l'activité économique, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif". Elle place l'entreprise qui en bénéficie sous observation d'administrateurs judiciaires et peut aboutir à un plan de sauvegarde, s'apparentant ainsi au chapitre 11 américain sur les faillites. Eurotunnel se retrouve donc aujourd’hui dans une position plus confortable avec la possibilité, pendant une période de six mois, de poursuivre normalement son activité sans être en cessation de paiement et à l'abri des demandes des créanciers.
Une solution accueillie avec "grande satisfaction" par le PDG du groupe, Jacques Gounon. "La procédure nous donnera l'opportunité de finaliser le plan sur lequel on a travaillé depuis 15 mois. Nous avons vraiment une solution en vue", a-t-il souligné. Une bonne nouvelle également pour les actionnaires, même "si le sentiment d'avoir été floué persiste". "Nous sommes très satisfaits de cette procédure. Nous espérons voir tout remettre à plat dans la négociation. Mais le sentiment d'avoir été floué persiste", a déclaré Joseph Gouranton, le président de l'Adacte, association qui représente une partie des actionnaires individuels d'Eurotunnel. "Les gens sont fous de rage. 95% des 4 milliards d'euros investis par les actionnaires ont été perdus", a-t-il ajouté.
Si aucun accord n'intervient entre les créanciers et la direction du groupe, sous l'égide du tribunal, le groupe sera placé en redressement judiciaire. "Ce n'est pas la procédure de sauvegarde seule qui peut sauver Eurotunnel, mais une volonté de toutes les parties", a rappelé M. Gounon, qui reste cependant confiant. "J'ai la conviction que les conditions sont maintenant réunies pour que la restructuration financière d'Eurotunnel puisse être mise en oeuvre dans les délais impartis", a-t-il déclaré à l'issue de la décision du tribunal.
6 mois de répit pour Eurotunnel : le tribunal de commerce de Paris a accepté hier de lancer une procédure de sauvegarde pour le groupe Eurotunnel. Un nouveau délai pour renégocier avec les créanciers la dette du groupe franco-britannique qui s'élève à 9,1 milliards d'euros…