BELGIQUE - Répondant récemment à des questions parlementaires à la Chambre le trafic ferroviaire, le secrétaire d'Etat, Bruno Tuybens (SP.A, Entreprises publiques), a livré des chiffres sur les retards enregistrés par les trains de la SNCB. Et même si selon lui, le groupe ferroviaire ne dispose pas de toutes les statistiques détaillées, environ 8,1 % des trains du service intérieur sont arrivés à destination avec un retard de plus de 5 minutes en 2005 (en dessous de 5 minutes, la SNCB considère que le train est à l'heure).
Par ailleurs, les chiffres indiquent également que l'an dernier, 7,8 % des trains sont arrivés à la gare de destination avec plus de 5 minutes de retard, mais le retard est inférieur à 30 minutes. Les trains dont le retard dépasse au moins une demi-heure représentent 0,3 % de l'ensemble du trafic intérieur.
Mais d'après le Comité consultatif des usagers (CCU) de la SNCB, ces chiffres masquent la réalité des retards qui pénalisent les navetteurs. D'après son président Philippe Janssens, la référence des 5 minutes ne tient pas compte des retards en cours de route qui font que des voyageurs ratent (souvent?) leurs correspondances. «La SNCB se battra bec et ongles pour conserver cette référence des 5 minutes, car elle a des répercussions sur la tarification et les compensations», commente Philippe Janssens. Il demande une révision du système de comptabilisation des retards pour une plus grande justesse vis-à-vis des usagers (lire ci-contre). «La référence des 5 minutes est plus réaliste et est également appliquée dans les pays voisins comme la France et les Pays-Bas. De plus, personne n'est parfait», dit la porte-parole d'Infrabel, gestionnaire des infrastructures et qui centralise les informations relatives notamment aux retards.
La comptabilisation des retards de plus de 5 minutes, mais inférieurs à 30 minutes, est récente. La SNCB ne dispose donc que des chiffres de 2005 et pas ceux des années précédentes. Mais les données relatives à des retards de maximum 5 minutes sont disponibles. En 2005, environ 92 % sont arrivés avec un maximum de 5 minutes contre 93,2 % en 2004 et 92,6 % en 2003 (même pourcentage en 2002). En 2000, le chiffre était de 90,7 % contre 91,2 % pour 2001. «La ponctualité a baissé en 2005 par rapport à 2004 en raison des gros travaux d'infrastructures et des conditions climatiques (été chaud, hiver froid) qui ont eu un impact sur le trafic», précise-t-elle.
L'an dernier, des trains ont été purement supprimés au grand dam des usagers qui, parfois, ne sont pas prévenus ou ne le sont qu'à la dernière minute. En 2005, 8 346 trains ont été supprimés, d'après M. Tuybens. «Cela représente 0,663 % du nombre total des trains. La suppression d'un nombre important de ces trains est intervenue sur la dernière partie de leur trajet du fait que le matériel et le personnel doivent être réutilisés immédiatement», a-t-il souligné.

D'après Bruno Tuybens, 8,1 % des trains accusaient un retard de plus de 5 minutes en 2005 en trafic intérieur. Pour les usagers, il faut faire sauter le verrou des 5 minutes, qui fausse la réalité. "C'est la même référence chez nos voisins", retorque la SNCB.





