BELGIQUE - "L'avenir économique de la Botte de Givet ou la région dinantaise passe, en l'absence de grosses industries, par le développement de son secteur tertiaire. Que faire dans ce domaine sans infrastructures de communication dignes de ce nom ?" Claude Wallendorf, maire de Givet, n'a pas caché sa déception face à la sourde oreille qu'oppose la Région wallonne à la réouverture de la ligne ferroviaire Dinant-Givet. En désespoir de cause, il est venu plaider pour sa réouverture auprès des partenaires belges censés être les plus à l'écoute, à savoir la Ville de Dinant.
Le tronçon dont il est question est long de 22 kilomètres, dont 85 % en territoire belge. Il a été sacrifié au nom de la rentabilité, en 1989. Hormis quelques soubresauts touristiques, la ligne n'a plus fait l'objet de la moindre exploitation régulière. D'après une étude de faisabilité commanditée en 2001, l'impérieuse remise en état de ce tronçon et l'investissement en matériel roulant représenteraient un coût d'au moins 21,9 millions d'euros. Pour une fréquentation quotidienne estimée à 400 voyageurs. "Selon nos calculs, le déficit d'exploitation qui en résulterait ne sera pas plus élevé que sur les autres lignes de Champagne-Ardennes", confie Karim Zibat, responsable d'un des bureaux d'étude en charge de cette analyse. Pas de quoi donc freiner le maillage ferroviaire entre Namur et Reims. Surtout dans l'optique de l'arrivée des TGV à Reims, voire à Charleville-Mézières en 2007.
"Quant aux arguments entendus en Belgique relatifs à l'éventuelle concurrence de cette ligne avec la ligne Athus-Meuse ou par rapport à la cohabitation impossible avec le Ravel, ils sont totalement fallacieux", rétorque Claude Wallendorf. "Les dispositions de la ligne empêcheraient totalement d'y convoyer le fret. Le dégagement le long de la voie serait par contre suffisant pour y aménager le Ravel".
Autant d'arguments qui ont trouvé un écho favorable auprès des élus du Collège échevinal dinantais. Les uns, gagnés par un brin de nostalgie, les autres conscients de l'opportunité économique d'être davantage accessibles à une clientèle française de plus en plus prononcée à Dinant.

Plaidoyer pour la réouverture de la ligne ferroviaire Dinant-Givet en Belgique abondonnée en 1989 pour cause de rentabilité - vers un retour du train dans la région des 3 vallées ?





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