Samedi 8 octobre 2005
Les fédérations syndicales (CGT, Sud Rail, Unsa, FO et Fgaac), représentant plus de 83% des cheminots, avaient brandi dès le 30 septembre quelques heures après la signature de cet accord minoritaire brandi, une menace de dénonciation. Ils sont passés à l'acte vendredi.
Les cinq fédérations ont décidé non seulement de ne pas donner leur accord à ce texte mais de faire valoir leur droit d'opposition en considérant "qu'en aucun cas, l'intéressement ne peut correspondre aux attentes des cheminots, à leurs demandes et revendications", ont-elles indiqué dans un courrier commun à la SNCF.
"Je suis consterné mais non surpris par cette décision et j'espère que les cheminots sauront s'en souvenir à l'occasion des prochaines élections professionnelles" a déclaré à l'AFP, Bernard Aubin, secrétaire général adjoint de la CFTC-cheminots, signataire de l'accord.
En février 2002 un sondage sur l'intéressement, effectué par la SNCF dans le cadre de son projet industriel avait récolté les faveurs de 74% des cheminots, a rappelé le responsable CFTC.
"Les cheminots qui ont manifesté en nombre et qui ont fait grève à 35% le 4 octobre sont mécontents de leur pouvoir d'achat mais n'ont jamais revendiqué l'intéressement et la SNCF (avec cet accord) a donné une mauvaise réponse à un véritable problème" a déclaré à l'AFP, Didier Le Reste secrétaire général de la CGT-cheminots.
"La mise en place de l'intéressement dans les entreprises de service public précède souvent l'ouverture du capital au privé", a fait valoir pour sa part Eric Falempin (FO), pour tenter de justifier son droit d'opposition.
L'Unsa a elle déclaré "refuser la logique sous-tendue par un accord d'intéressement basé sur les résultats financiers". La Fgaac s'est félicité d'une "première dans l'entreprise".
Toutefois face aux "risques" de grogne d'une base privée de quelque 300 à 350 euros promis par cet accord, selon la CFTC, les fédérations non-signataires ont indiqué dans leur courrier "exiger" (rien que ça !) le versement aux cheminots de cette somme prévue au titre de l'année 2004, qui n'est selon elles qu'un juste retour au titre de leur investissement.
Les cinq fédérations demandent par ailleurs que les négociations salariales 2006 soient avancées et réclame "une autre politique salariale" à la SNCF. "Si d'aventure la SNCF ne souhaitait pas verser la somme prévue pour 2004 les cheminots iront la chercher", a prévenu M. Le Reste. "Un "tract pétition" pour exiger cette prime sera envoyé prochainement à tous les cheminots", a de son côté indiqué à l'AFP Rémy Abgrall (SUD rail).
L'accord pluriannuel d'intéressement (2005-2007) signé le 30 septembre dernier par quatre syndicats minoritaires (CFDT, CFTC, CFE-CGC et Sncs) et donc rendu caduc, prévoyait une prime pour l'ensemble des 165.000 salariés de l'entreprise d'un montant minimum de 100 euros, et qui aurait pu atteindre des valeurs égales ou supérieures à 200 euros si tous les indicateurs économiques et de qualité de service étaient au vert. Il était même prévu qu'une prime exceptionnelle de 160 euros» soit versée à tous les agents au titre de la performance de l'année 2004... Bref, un beau gachi.

par Tageblatt.lu / Eric
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