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PASSION-TRAINS

ANALYSE : bilan et avenir du système ferroviaire français

28 Octobre 2008 , Rédigé par ifrap.org Publié dans #REAGISSEZ !

 FRANCE - Juin 2008, la SNCF annonce fièrement le redressement de ses comptes : mais comment cette entreprise publique à la réputation budgétaire désastreuse depuis de nombreuses années peut-elle présenter soudain des résultats en excédent au point de pouvoir verser à son actionnaire unique, l’Etat, un dividende de 131 millions d'euros ? Une analyse détaillée des comptes montre en fait que le système ferroviaire français ne survit que grâce aux 12 milliards d’euros de subventions que versent chaque année l’Etat et les collectivités locales.

Economiquement, la SNCF n’est pas en mesure d’équilibrer ses comptes. Car la productivité de l’opérateur français reste très en deçà de ses principaux concurrents européens et internationaux. Pour être dans la moyenne des principales compagnies étrangères le groupe SNCF devrait réduire son personnel de 30% c’est-à-dire employer 142 000 salariés au lieu des 201 000 qu’elle emploie actuellement.

Les causes de cette inefficience sont connues. Depuis 1981 et surtout depuis 1995, la direction générale a fait le choix d’attribuer les gains de productivité tirés de la réduction du réseau à la politique sociale particulièrement généreuse de l’entreprise. Ainsi, s’agissant des retraites, le régime très favorable, même après la réforme de 2007, permet aux cheminots de partir entre 50 et 55 ans. Une décision qui coûte chaque année à la SNCF 4,9 milliards d’euros. En pratique, les cotisations ne suffisent pas et la collectivité verse l’équivalent de 9000 euros par retraité.

Cette politique n’est bien sûr pas sans conséquence : incapable de s’adapter, la SNCF a dû céder du terrain dès que son activité a été confrontée à la concurrence : ainsi en est-il du fret où les prix de revient des nouveaux entrants sont 20 à 30 % moins chers et où la SNCF va encore perdre 300 millions € en 2008. Mais en matière d’entretien et de gestion du réseau également, les services de la SNCF coûtent très cher à RFF pour qui elle est gestionnaire déléguée
.

Ces retards en matière d’adaptation de son organisation sont dus à une réglementation rigide qui encadre le travail des cheminots et à la menace sociale qui pèse en permanence sur l’entreprise. Les principaux syndicats, dans une surenchère dangereuse, préfèrent jouer la carte de l’immobilisme. Quant à la direction générale, elle pousse pour que les conflits les plus brûlants soient réglés directement entre l’Etat et les centrales syndicales. Les pouvoirs publics, tétanisés par la dette publique et les perspectives de paralysie économique qu’entraînent les grèves, n’assument pas leur rôle d’actionnaire.

Il semble que la seule façon de faire bouger le choses soit de poursuivre l'ouverture à la concurrence
qui est prévu dès 2010 sur le trafic voyageurs international. La prochaine étape sera l’application du règlement européen 1370 qui pourrait donner aux régions cette possibilité. Une ouverture intéressante pour des collectivités qui sont nombreuses à se plaindre des conditions d’application des conventions signées avec la SNCF, pour des billets au final très fortement subventionnés.

Sans une action déterminée des acteurs en jeu, la SNCF pourrait vivre dès 2009 des heures difficiles. L’existence d’un exploitant ferroviaire performant est pourtant un atout pour le développement économique.

Pour redresser la SNCF, l’iFRAP propose donc :

- De clarifier les relations avec son actionnaire et responsabiliser la direction générale de SNCF
- Ouvrir son capital, y compris à ses salariés, pour financer son redéploiement, une fois sa situation d’exploitation assainie 
- Aligner les conditions d’emploi des nouveaux embauchés sur la nouvelle convention collective des autres entreprises d’exploitation ferroviaires (les salariés actuels ayant le choix entre l’ancien et le nouveau statut pendant 3 ans) S’agissant de RFF, il faut lui donner les moyens d’accomplir sa mission et de parvenir rapidement à un équilibre de son exploitation 
- Prendre la responsabilité effective de la maintenance et de l’exploitation du réseau 
- Adopter une tarification économique équilibrée des péages 
- Ouvrir l’entretien du réseau à des entreprises
autres que la SNCF

L'IFRAP (Institut français pour la recherche sur les administrations publiques) lance un débat sur la SNCF avec une question choc : Peut-on sauver la SNCF de la faillite programmée ? Un condensé à découvrir, à lire sur Passion-Trains... et pour réagir aussi : Cet article vous inspire ? alors laissez vos commentaires... réagissez !

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Dontenvill Denis 29/10/2008 19:31

Bonjour,L'article date bien du 28 octobre 2008 ? J'ai peine à croire, que quelqu'un puisse diffuser de telles informations totalement fausses, notamment celle concernant l'effectif total de la SNCF. Les effectifs ne sont pas de l'ordre de 201000 et sont depuis belle lurette de moins de 160 000 cheminots. En ce qui concerne la retraite un autre chiffre est inexacte. Le financement du régime de retraite repose sur les cotisations patronales et salariales de l'ordre de 1,860 G€ et les financements extérieurs (tel que la contribution d'équilibre de l'état.....) sont de l'ordre de 2, 806 G€. Soit une chartge totale de 4,8 millirds d'€. Tous les régimes de retraite, spéciaux, bénéficient de compensation d'équilibre de l'état. Depuis la réforme des retraites de 2007, cette compensation au lieu de baisser augmente sensiblement (9% par an). Le ministre du Travail actuel espère que celle-ci baissera à partir de 2012. Ceci n'est pas évident ! Les cheminots ont toujours la possibilité de partir à la retraite dès 55 ans, mais il se confirme sur le terrain que les cheminots restent en activité. Avant la réforme une clause couperet (quel beau nom) permettait à la SNCF de mettre d'office à la retraite les cheminots à 50 où 55 ans. Ceci n'est plus le cas ! Les cheminots restent et améliorent par le prolongement de leur activité professionnelle leur potentiel retraite. La SNCF est confrontée à une gestion prévisionnelle de l'emploi très aléatoire. Quant à la concurrence que suggère fortement votre article, rien ne prédit pour le consommateur une baisse de la tarification. Les opérateurs ne se bousculent pas au portillon. De par son infrastructure, il est plus difficile de faire circuler des trains avec de l'énergie renouvelable que du courant vert chez EDF, GDF.   

Eric 31/10/2008 19:24


Une analyse perspicace, et dont je vous remercie !  D'autres lecteurs auraient ils un commentaire aussi riche  à laisser sur cet article ? tous les avis sont bon à prendre : exprimez
vous !

Eric