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PASSION-TRAINS

ACHEMINEMENT : La SNCF transporte son ballast... par la route

29 Avril 2009 , Rédigé par ladepeche.fr Publié dans #ACTU

 FRANCE - Le « ferroutage », on connaît : les camions sont chargés sur les trains, et libèrent d'autant le réseau routier. L'inverse en revanche n'a pas encore été baptisé, mais il faudra y songer puisque la formule est désormais en usage… Ainsi pour les travaux prévus dans le « plan rail » sur la voie ferrée entre Rodez et Tessonière, la SNCF fait appel... au transport routier.

Pour ce chantier, 100 000 tonnes de ballast seront nécessaires. Le ballast en provenance de la carrière de Bagnac est acheminé petit à petit vers divers sites de stockage (à proximité de la voie ferrée) ; 30000 tonnes ont déjà fait le voyage… en camions ! Et au total, « un minimum de 70 000 tonnes passera par route » indique un représentant du personnel. « C'est un minimum, parce que rien ne garantit que le reste sera acheminé par le rail ». Autrement dit, environ 3 500 camions (peut-être plus) chargés de ballast sont « jetés » sur les routes de l'Aveyron. « Ce choix est d'autant plus surprenant que la SNCF avait demandé au conseil régional de financer des travaux entre Figeac et Bagnac dans le but d'acheminer son ballast. à ce jour, nous n'avons pas fait le moindre wagon ».

Plus largement, le fret aveyronnais ne semble plus intéresser la SNCF. Excepté Umicore qui bénéficie encore du transport par le rail pour acheminer le zinc jusqu'à Viviez, les cargaisons sont jugées trop modestes, donc insuffisamment rentables. Adaptation à la concurrence oblige, l'entreprise entend « recentrer son activité de transport de marchandise sur les grands flux européens, c'est-à-dire entre la France, l'Allemagne, la Hollande et la Belgique », explique le délégué syndical.

Sur la centaine de cheminots en service à Capdenac, une dizaine étaient affectés au fret il y a un an ; « Il n'en reste aucun aujourd'hui. Le fret est désormais géré depuis Brive : un éloignement qui ne permet pas d'être réactif, de développer (ni même de maintenir) l'activité ». Lui et les cheminots voudraient que l'État tienne compte de la dimension « aménagement du territoire » et de l'environnement avant de considérer la SNCF comme une entreprise.

Mais quoi qu'ait pu annoncer le « Grenelle de l'environnement », les cheminots ont le sentiment que la réalité est bien différente. « Le transport routier apparaît systématiquement moins cher que le rail. Pour une raison simple : les ''coûts externes'' ne sont pas pris en compte : coût des routes pour les collectivités, congestionnement, pollution, risques d'accidents »…

« La situation à la SNCF se dégrade, le déficit continue à se creuser, notamment pour des raisons d'organisation, commente un délégué syndical CGT. L'entreprise se retire des ''petits'' territoires sans être encore présente (ou pas suffisamment) sur les grands flux. Dans ce contexte, la direction cherche à rogner les acquis sociaux des cheminots, sans doute pour se mettre au niveau de ses concurrents ».

Les cheminots français préféreraient que cette mondialisation « tire vers le haut » les conditions sociales des autres entreprises, plutôt que de laisser baisser les leurs. « Les trois derniers chantiers inscrits dans le ''plan rail'' ont été réalisés par des entreprises étrangères. Outre des conditions de travail déplorables (horaires de travail, sécurité sur les chantiers…), il y a trois morts à déplorer : un à Toulouse, un à Naussergues, un à Bagnac. Peut-être que les donneurs d'ordres feraient bien de se montrer vigilants eux aussi ».



Monde à l'envers : Pour aménager ses voies, la SNCF fait transiter son ballast..... par la route. "Beuh ?! et nous alors du coup, on fait quoi ? de la messagerie express ? " Va comprendre, Charles....

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