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PASSION-TRAINS

400 rescapés du séisme dans les Abruzzes vivent dans des trains

29 Avril 2009 , Rédigé par francesoir.fr Publié dans #REPORTAGE

 ITALIE - Des serviettes de toilette accrochées aux fenêtres des wagons lits en guise de rideaux, des pulls entassés dans les filets, des chaussures alignées sur les tablettes. Bienvenue dans le compartiment numéro trois du wagon numéro six du rapide Rome-Milan bloqué depuis trois semaines en gare de L’Aquila.

Le 6 avril, la terre tremblait dans les Abruzzes et 300 personnes mouraient sous les décombres des maisons emportées par le séisme. A L’Aquila et dans les villages détruits, la protection civile montait les tentes, installait les douches et les cuisines. Alors que les Italiens rivalisaient pour offrir un peu de solidarité aux sans-abri, la compagnie des chemins de fer mettait trois trains composés chacun de 6 wagons à disposition des rescapés. Le 9 avril, quelque 400 personnes abandonnaient les tentes et se réfugiaient dans les trains.

Catia a 39 ans. Avant, elle était aide à domicile. Aujourd’hui elle n’a plus rien ; plus qu’une couchette où elle passe la moitié de ses journées en faisant des ronds avec la fumée de ses cigarettes pour passer le temps. « Je suis arrivée il y a une dizaine de jours. Ici on est mieux que sous la tente », raconte Catia en rongeant ses ongles. Le regard perdu, elle raconte la douleur des autres « qui apparemment ont l’air de s’en sortir alors que dans leur tête ils sont en train de mourir à petit feu ». Elle dit la longueur du temps qui ne veut pas passer dans les wagons-lits, les répliques qui secouent les trains, la colère des gens qui n’ont pas voulu voir un pape qui a préféré, dit-elle, partir en vacances « alors qu’ici on était en train de crever ».

Sur la voie n° 3, dans un autre train, un couple âgé a transformé un compartiment en chambre à coucher. Giacomina sommeille sur la couchette du haut. Son mari Fiorindo qui vient à peine de fêter ses 88 ans se coupe les ongles. « On va rester pendant des mois dans cette couchette. Alors, autant s’organiser » confie Giacomina en rangeant les pull-overs de son mari dans le filet accroché au-dessus de la porte coulissante. Pour ce vieux couple, les jours sont aussi moches que les nuits. La peur, les crises d’angoisse, le froid, l’ennui. « Heureusement qu’on a des amis avec lesquels on peut jouer aux cartes, regarder un peu de télévision, boire un café et discuter de comment c’était avant », raconte Fiorindo. Lui, il en est au moins à son troisième tremblement de terre. « Mais celui-là, c’est le plus terrible, car pour la première fois j’ai cru que j’allais mourir », se rappelle Fiorindo.



La compagnie des chemins de fer italienne a mis trois trains à la disposition des sans-abri de L’Aquila. Depuis dix jours, quelque 450 personnes dont une trentaine d’enfants vivent dans les compartiments. Bon c'est pas le grand luxe, mais c'est mieux que le camping proposé par Silvio Berlusconi....

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