Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
PASSION-TRAINS

REPORTAGE : Le ton monte entre Alstom et Bombardier"

30 Août 2006 , Rédigé par Challenges Publié dans #REPORTAGE

 FRANCE - C'est un énorme contrat, avec 4 milliards d’euros à la clé pour le vainqueur. D’ici une poignée de semaines (début octobre probablement), la SNCF va indiquer qui, des constructeurs Alstom, Bombardier ou Siemens, elle a choisi pour lui fournir les 330 "automotrices" dont elle a besoin pour renouveler son parc de locomotives en Ile-de-France.

Le choix devait être arrêté avant l’été. Il a finalement été repoussé à la rentrée. En juillet, les esprits se sont échauffés: l’hebdomadaire spécialisé Villes & Transports annonçait que le canadien Bombardier avait été retenu comme "meilleur candidat". Et qu’il était donc sur le point de décrocher le gros lot. La SNCF s’est fendu d’un communiqué rappelant que le "marché n’a pas été attribué et qu’aucun choix ni décision n’ont été effectués". "L’appel d’offres est toujours en cours", poursuivait le document.

En attendant le verdict, le ton monte entre le français Alstom et son concurrent canadien. Certes, intox, coups bas et rumeurs font partie du lot dans ce genre de compétition, où chacun joue très gros. Mais parfois, la violence des attaques laisse pantois…

Témoin ce document que Challenges s’est procuré: une note interne d’Alstom, datée de 2005, dans laquelle le constructeur français accuse son rival d’utiliser son usine de Crespin dans le Nord pour obtenir des marchés en France. Et de délocaliser ensuite la production dans d’autres usines du groupe en Pologne, en Belgique et en République Tchèque: "La tactique de Bombardier consiste (…) à se présenter comme 'français' pour remporter des marchés avec l’étendard de l’usine de Crespin (…) puis de 'siphonner' ladite usine vers ses centres délocalisés", accuse la note. Qui poursuit, au sujet de deux précédents appels d’offres lancés par la SNCF et la RATP et remportés par Bombardier: "Pour ces deux marchés (…) l’ensemble des prestations (…) devait être à l’origine réalisé dans l’usine de Crespin.

Toutefois, après la signature du contrat, Bombardier a décidé de délocaliser dans ses usines de Ceskà-Lipa, Bruges et Wroclaw". Bilan, selon le français: l’équivalent de plus de 800 emplois sur un an perdus pour les salariés français!

Craignant de perdre un contrat en or, Alstom n’hésite pas à tirer sur la corde patriotique. Et de crier au loup devant le plombier polonais, ou son avatar: l’ouvrier suédois. "Si Alstom gagne ce marché, le contrat sera effectué en France, poursuit la note. En particulier les parties électriques et électroniques (…) qui contiennent la part de valeur ajoutée la plus forte. Si Bombardier gagne ce marché, (…) la délocalisation représentera alors 780.000 heures qui, ramenées sur une année, correspondent à plus de 470 emplois (…). Les parties électriques et électroniques seront intégralement réalisées en Suède".

Interrogée par Challenges, la direction de Bombardier Transport France "dément formellement". "Ces affirmations n’ont pas de sens et sont inexactes, déclare un porte-parole de l’entreprise. Les trains produits pour le marché français sont conçus et construits à Crespin. D’ailleurs, à Crespin, il y a 1.600 personnes. On ne les emploie pas pour tourner des boulons!"

"Bien sûr qu’il y a des délocalisations", corrige Jean-Charles Wery, délégué CGT de Bombardier à Crespin, qui évalue à "entre 30 et 40%" la charge transférée dans les autres usines du groupe. "Nous essayons de nous battre contre cela. Mais ces affirmations sont exagérées, tout simplement parce qu’Alstom fait exactement la même chose!"

La vérité, c’est qu’Alstom est en mauvaise posture. Selon nos informations, la direction de Bombardier était, début juillet, à deux doigts de révéler qu’elle avait remporté le marché. Alstom aurait formulé un recours auprès de la SNCF. Un audit sur les propositions chiffrées des candidats aurait été effectué début août.

En attendant la décision, qui devrait être avalisée lors d’un prochain CA de la SNCF, la direction de Bombardier a, en tout cas, annoncé mardi matin aux syndicats qu’elle procédait à des recrutements au service études et à une refonte de son organisation interne en Europe. Pas vraiment un signe d’inquiétude. Officiellement, pourtant, Bombardier se garde bien de jouer les fanfarons. Non sans raison: dans un dossier si sensible politiquement, rien n’est jamais acquis…

 

Qiui d'Alstom ou de Bombardier remportera la galette parisienne ?  réponse début octobre...

Commenter cet article

crapet 30/08/2006 20:34

je suis d'accord avec l'analyse que fait alstom sur bombardier,  
 un exemple toute  la fournir d'énergie des éléments ainsi que la chaine de motorisation  qui va de la captation  aux  moteurs de traction  n'est pas fabriquées en france  mais en allemagne (Ex AEG) suisse (ex ABB)contrairement à alstom qui fabrique tout ces équipements en métropôle.L 'usine de crespin n'a qu'un rôle d''intégrateur(faible main d'oeuvre).
 les franciliens sont-ils prêts  à  payer des impôts pour que le travail soit fait à en dehors de notre pays . il serait intéressant de leur poser la question.
le gouvernement canadien a t-il consulté alstom pour le dernier marché du métro de Montréal  !!!.