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PASSION-TRAINS

REPORTAGE : un accident qui ne pardonne pas en Indre-et-Loire

30 Août 2006 , Rédigé par La Nouvelle République / Bertand G. Publié dans #REPORTAGE

 FRANCE -  "Un choc terrible. J'avais une batterie en charge dans mon garage. J'ai cru qu'elle avait explosé", raconte cet homme qui habite près de la voie ferrée, au lieu dit « Greux », à Montlouis-sur-Loire, le long de la départementale 140. « Nous voyons souvent des automobilistes forcer les barrières, passer malgré la signalisation qui leur indique qu'un train arrive. C'est effrayant ! », ajoute une voisine. Elle a également entendu le choc.

Ces deux réflexions de témoins résument le drame qui s'est déroulé avant-hier soir à 21 h 45. Un train de voyageurs n'a pu éviter une voiture qui s'engageait sur la voie, alors que les barrières étaient fermées, visiblement. Dans l'automobile, deux jeunes hommes, tués sur le coup. Le conducteur, Nicolas Plault, 25 ans, habitait Montlouis-sur-Loire. Son passager, Luc André, 34 ans, était de La Ville-aux-Dames. Tous deux étaient sans emploi. Dans le train express régional, qui circulait dans le sens Vierzon - Tours, les vingt-huit passagers n'ont rien vu et n'ont pas été blessés. Ils ont pu rejoindre Tours et Saint-Pierre-des-Corps, leur destination finale, en taxi, pris en charge par la SNCF. 

« Un accident épouvantable. J'y étais. C'est la première fois qu'il y a un mortel, à un passage à niveau sur le territoire communal », raconte le maire de Montlouis-sur-Loire, Jean-Jacques Filleul, très affecté, hier, après avoir rencontré la famille du jeune Plault. « La voiture était encastrée dans le TER. Elle a été traînée sur 500 m. La visibilité à cet endroit est bonne. A priori, il y a eu une imprudence, même s'il faut laisser les enquêteurs faire leur travail. Une certitude : quand je suis arrivé, les feux fonctionnaient, les barrières étaient abaissées. Le conducteur du train n'a rien pu faire. Il était à 100 km/h à ce moment-là, ce qui est normal. »

Le passage à niveau de Greux fait partie de ces 172 PN en Indre-et-Loire dits « SAL », à signalisation automatique lumineuse, avec feu clignotant, sonnerie (alerte sonore et visuelle, donc), puis fermeture des barrières. Des demi-barrières pour éviter que les automobilistes, qui ne les respectent pas et les franchissent en chicane, se retrouvent piégés sur la voie comme c'était le cas autrefois avec les anciennes barrières métalliques, explique Philippe Selivantieff, directeur délégué aux infrastructures SNCF de la région de Tours. On ne peut pas mettre un gendarme devant chaque passage à niveau, conclut-il.

Le capitaine Martin, qui commande la compagnie d'Amboise, et ses hommes sont retournés, hier, sur les lieux de l'accident. « Aucune trace de fracture des barrières. En revanche, il y a, sur la voie, les traces d'une voiture qui passe, en chicane. L'automobile a été percutée de plein fouet. » Un dépistage d'alcoolémie et de stupéfiant a été effectué sur les victimes. L'enquête a été confiée à la brigade des recherches.

 

La collision entre le TER Vierzon-Tours et une voiture, lundi soir à Montlouis-sur-Loire a eu lieu au passage à niveau de Greux, route de Saint-Martin-le-Beau. L’automobiliste est passé, malgré la signalisation et les barrières baissées. On connait la suite...

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