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PASSION-TRAINS

ACTU : La SNCF menacée par la libéralisation du fret

30 Décembre 2006 , Rédigé par L'expansion Publié dans #ACTU

 FRANCE - La SNCF a du souci à se faire au moment où le fret ferroviaire s'apprête à être totalement libéralisé dès lundi prochain, 1er janvier. Pour l'heure, en France, ce marché pèse 2 milliards d'euros annuels, dont 99,5% au profit du transporteur national. Mais les concurrents privés, Veolia Environnement en tête, entendent bien lui disputer cette manne, afin de s'intégrer eux-même dans une logique multiservices vis-à-vis de leurs clients industriels. Au début du mois, le groupe dirigé par Henri Proglio rappelait ainsi que son objectif à cinq ans était d'osciller entre 300 et 400 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Autant dire une perspective de 20% d'un marché jusque là chasse gardée de l'ancien monopole. D'ores et déjà, Veolia s'emploie à s'affranchir de la SNCF en formant ses propres cheminots pour piloter sa flotte de « locotracteurs ». A la SNCF, justement, Olivier Marembaud, le nouveau patron de la division, doit présenter début janvier son plan de relance pour la période 2008-2010. La branche sera encore déficitaire en 2006, avec une perte de l'ordre de 220 millions comparable à celle de 2005.

L'ouverture totale à la concurrence du transport ferroviaire de marchandises n'est jamais que l'ultime étape d'un long processus ardemment défendu par Bruxelles. Et ce pour booster un marché de plus en plus attaqué par la route et l'aérien. Selon les statistiques « maison » de l'UE, la part de marché du fret ferroviaire est tombée en treize ans de 20% à 8% au sein des Quinze. En 2003, l'exécutif européen a commencé par faire sauter un premier verrou, celui des grandes lignes internationales ; puis un deuxième en janvier 2006, avec l'ouverture de tous les tronçons internationaux.

Reste que les grands pays à forte tradition ferroviaire ne partent pas tous sur un pied d'égalité. La France demeure distancée. L'Allemagne et le Royaume-Uni, qui ont anticipé le phénomène de libéralisation de leur rail il y a une décennie, ont en effet une bonne longueur d'avance. Jacques Barrot, le commissaire aux Transports, notait d'ailleurs que dans ces pays, « le fret ferroviaire a repris des parts de marché » notamment entre 2003 et 2004.

 

 

Le 1er janvier marquera la libéralisation totale du secteur. Autant dire des soucis en perspective pour la SNCF, dont les concurrents, notamment Veolia, se veulent ambitieux...

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