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ALLEMAGNE - Qui a dit que les sociétés nationales de chemins de fer étaient des gouffres à argent public ? En 2006, la Deutsche Bahn (DB) a balayé ces critiques d'un autre temps. En Europe, un opérateur ferroviaire d'Etat peut être efficace. Il peut même se transformer en machine à cash.
Le bénéfice net de l'opérateur public allemand s'est ainsi inscrit en hausse de 270 %, à 1,7 milliard d'euros, l'année dernière. Le chiffre d'affaires a bondi de 5 milliards d'euros, à 30,1 milliards. La situation opérationnelle et financière de DB Group est si bonne que la direction envisage sans complexe une introduction en Bourse en 2008.
En 1993, l'entreprise publique, née de la fusion des chemins de fer est et ouest-allemands, croulait pourtant sous une dette de 33,5 milliards d'euros. Elle a été, comme en Belgique, reprise par l'Etat. En 10 ans, la DB a réduit son effectif de 25 %, avant de dégager son premier bénéfice en 2004. «Contrairement à d'autres opérateurs historiques, la DB ne s'est pas assise sur sa position de force, souligne André Clodong, expert en transport. Elle a négocié un vrai virage culturel en plaçant des commerciaux à la tête de l'entreprise. A l'inverse, la SNCF et la SNCB sont demeurées des entreprises dominées par les ingénieurs.»
Toutes les lignes d'activité de la DB sont aujourd'hui bénéficiaires. Le chiffre d'affaires des opérations ferroviaire de fret (via la filiale Railion) a crû, l'année dernière, de 13 %. L'opérateur de fret allemand est n° 1 en Europe, devant les chemins de fer français dont le volume de marchandises transportées a reculé de 30 % en cinq ans.
Ciel bleu aussi dans la division passagers de la Deutsche Bahn, dont les ventes progressent. Au niveau européen, le groupe mise désormais sur son service de trains rapides InterCity Express (ICE). La DB espère en faire un concurrent du TGV. «Aujourd'hui, l'ICE relie à près de 300 km/h l'Allemagne à toutes les capitales voisines, détaille un porte-parole de la DB. Nous ouvrirons bientôt un service qui mettra Paris à quatre heures de Francfort, avant Copenhague à la fin de l'année.»
Depuis quelques années maintenant, l'ICE dessert Bruxelles-Midi trois fois par jour. La DB ne communique pas de chiffres sur la fréquentation de cette ligne bruxelloise. «Ils sont bons», assure-t-on laconiquement à Berlin. Notons que le service Thalys Bruxelles-Cologne peine à décoller. Les responsables de la DB sont néanmoins confiants : «Avec quatre heures de trajet, le train est compétitif par rapport à l'avion, que ce soit en termes de confort ou de prix», insiste le porte-parole des chemins de fer allemands.
C'est dans le secteur de la logistique que la Deutsche Bahn a pris son amplitude internationale. Contrairement à la SNCF et à la SNCB, les chemins de fer allemands ont réussi leur migration vers les services logistiques complexes (groupement, traçabilité, expédition par air, mer et terre). Le groupe international Schenker, racheté en 2002, contribue pour près de moitié au chiffre d'affaires du groupe (13,2 milliards d'euros). Le 2e opérateur logistique de la planète après DHL (propriété de Deutsche Post) déploie 65 % de son activité en Europe. Le reste se distribue à part égales entre l'Amérique du Nord et l'Asie.
Le boom des échanges mondiaux, notamment, ont gonflé les ventes de Schenker en 2006, 46 % supérieures à celles de 2005. Peut-on encore parler d'un lien avec le transport ferroviaire ? «Oui, rétorque-t-on à la DB. Schenker est le 1er expéditeur européen par rail grâce à notre spécialisation, par exemple dans le secteur automobile.»

La Deutsche Bahn croulait sous les dettes en 1993. Aujourd'hui, le groupe croît rapidement en Europe dans les services à grande vitesse et la logistique. Comme quoi on peut être une société nationale de chemins de fer et gagner de l'argent... Du coup, Hartmut Mehdorn,le patron de la DB, se lâche : " Aaah si je n'avais pas été patron des chemins de fer allemands, je me serais bien vu à la tête d'un casino..."
L'auteur n'a pas besoin de faire de plus amples recherches : pour cela, il y a les lecteurs qui réagissent. Merci à Paux-Courrouges d'avoir apporté sa contribution en réagissant à cet article : Passion-Trains est fait pour ça !
Slts
Eric
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Mais au lieu de gober les communiqués de presse, l'auteur aurait pu faire quelques recherches, qui lui auraient appris:
Que plus de la moitié de l'excédent obtenu l'est sur les services régionaux et de banlieues, toujours concédés majoritairement de gré à gré et sans mise en concurrence des divers prestataires possibles.
Que depuis la "Bahnreform" qui l'a vue succéder à la Bundesbahn, la DB a engrangé en subventions d'investissements presque autant que RFF s'est vu imposer comme dette. Cela tourne toujours autour de 3 milliards annuels. Alors que les TGV payent en péage plus que ce que coûtent leurs LGV, les trains allemands payent les leurs en monnaie de singe, puisque la DB s'est vue offrir l'essentiel de ses lines nouvelles.