Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
PASSION-TRAINS

ACCIDENT : La SNCF estime son préjudice à 43 000 euros !

27 Juillet 2011 , Rédigé par Lunion.presse.fr Publié dans #FLASH INFO

logo SNCF FRANCE - Cette nuit-là, le 7 avril dernier, vu son état à l'issue de la joyeuse soirée pierrade largement arrosée, qu'il venait de passer à Linay, David Mondot, de Carignan, aurait mieux fait d'écouter les sages conseils de ses amis et rester dormir chez eux. Mais, n'habitant pas loin et comme il se sentait tout à fait apte à conduire - l'alcool rend souvent euphorique - il n'en fit qu'à sa tête et se mit au volant.

 

Malgré une vaine tentative de freinage, dont témoignèrent plusieurs jours après, les traces de gomme sur la chaussée, il perdit le contrôle de sa voiture, qui s'en alla alors finir sa course en travers des rails. Dans une position telle, qu'il lui fut impossible d'avancer ou de reculer, ses roues patinant à en fumer, sur le lit de pierre du ballast.

 

Par chance, David Mondot n'était pas assez soûl, pour ne pas se rendre compte de la situation. Il quitta au plus vite son véhicule accidenté, essaya vainement d'appeler à l'aide ses amis qu'il venait de quitter, car le téléphone ne « passait » pas et activa le dispositif d'alerte d'urgence de la borne SNCF, mais celle-ci - affirma-t-il - ne fonctionnait pas.

 

Toujours est-il qu'à peine quelques minutes s'étaient-elles écoulées - le temps pour lui de s'éloigner de quelques mètres - que surgit de la nuit, dans le hurlement de son klaxon, un train de marchandises de 1 200 tonnes, lancé à quelque 100 km/h (93 exactement), sur la voie numéro 1, dans le sens Sedan-Longuyon, voie en travers de laquelle se trouvait, précisément, la R 19 de David Mondot. Inutile de dire que le choc fut effroyable et que la Renault, traînée sur quelque 800 mètres, avant que le convoi puisse s'arrêter, fut littéralement pulvérisée. Fort heureusement, il ne s'agissait donc que de dégâts matériels et l'automobiliste en fut quitte, ce jour-là, pour une belle frayeur rétrospective…

 

Hier, toutefois, devant le tribunal correctionnel, David Mondot se sera peut-être bien fugitivement demandé, s'il n'aurait pas mieux valu qu'il fut broyé dans l'accident. En effet, il va probablement en avoir pour toute sa vie, à payer les conséquences de sa soirée arrosée, car la SNCF envisage de lui réclamer… 43 000 € ! L'avocat des chemins de fer, Me Alain Roch a, en effet, énuméré toutes les raisons de ce chiffrage, qui peut sembler exorbitant mais qui, a-t-il argumenté, s'explique en fait aisément. Sans même parler du préjudice moral du conducteur de train, qui demeure aujourd'hui encore traumatisé, car ayant découvert l'obstacle au dernier moment, il a été persuadé d'avoir tué quelqu'un, jusqu'à ce que David Mondot, lui-même, le rassure, l'accident a entraîné jusqu'au matin une importante perturbation dans le trafic, avec six trains immobilisés, jusqu'au dégagement de l'épave.

 

D'autre part, comme chaque fois qu'il y a un choc, la locomotive a dû subir toute une procédure de vérifications en tous genres, tandis qu'une équipe d'agents s'assuraient que la voie n'avait subi aucun dommage, par le frottement de la voiture poussée… D'où ce décompte qui sera plaidé définitivement le 28 octobre prochain, lors d'une audience consacrée aux intérêts civils, au cours de laquelle il y a peu de chances que la SNCF rabaisse de beaucoup ses prétentions. D'autant moins qu'hier, malgré les efforts de Me Alexandra Joliot-Froissart, pour tenter de convaincre le tribunal, que si le système d'alarme avait fonctionné, le train aurait pu s'arrêter à temps et qu'il n'y aurait pas eu tous ces dégâts, la juge Jennyfer Picoury a estimé, comme le substitut du procureur, que la responsabilité de l'accident incombe totalement à David Mondot, dont l'ivresse l'a empêché de rester maître de son véhicule.

 

Dès lors, qu'il ait essayé de prévenir ou non ; que les barrières du passage à niveau aient été baissées ou non, ne changent rien à l'affaire a dit la juge, en le condamnant à six mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans, à une amende de 500 € pour conduite en état d'ivresse (il était à 1,08 g), à une suspension de permis de quatre mois et, donc, à l'indemnisation de la SNCF.

 

 

Petite cuite, grands effets…A l'issue d'une fête chez des amis à Linay dans les Ardennes, il avait perdu le contrôle de sa voiture, qui s'était immobilisée au milieu de la voie, juste avant le passage d'un train de marchandises. Bilan : la SNCF lui réclame 43.000 eros pour couvrir ses frais. "T'avais pas le budget pour prendre une cuite, Robert..."

Commenter cet article