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PASSION-TRAINS

CENSURE : la SNCF joue les éteignoirs sur la ligne Paris-Le Mans

17 Janvier 2011 , Rédigé par Leparisien.fr / Lexpansion.com Publié dans #REPORTAGE

logo SNCF FRANCE - Vendredi soir, en pleine heure de pointe à la gare de Paris-Montparnasse, le train 8135 à destination du Mans s'apprête à partir. Quelques 150 à 200 abonnés refusent de présenter leur titre de transport au moment du contrôle et se regroupent dans la voiture bar avec un badge "abonnés en grève". Ils répètent cette opération matin et soir. Leur pétition en ligne a réuni près de 8000 signataires ce lundi.

 

Lancée par un collectif ad-hoc, soutenue par l'AVUC (Association des Voyageurs Usagers des chemins de fer de l'Ouest), ce mouvement exaspère la SNCF et met l'entreprise dans un tel état qu'elle empêche les journalistes de faire leur travail. Pourtant, un appel national à la "grève de la présentation des titres de transport" est lancé pour demain, mardi.

 

Ces usagers en colère dénoncent un service rendu en perpétuelle dégradation alors que les tarifs ne cessent d'augmenter. "On cumule 55h de retard sur l'année", indique Michel Pottier, le président de l'AVUC. "Cela a des conséquences professionnelles importantes" rajoute-t-il. Avec ses collègues abonnés de la ligne, il réclame des compensations pour les retards et des investissements pour l'entretien des voies et des rames.

 

Les abonnés ont l'impression d'être confrontés à un mur lorsqu'ils s'adressent à la SNCF. "Si je décide de changer ma réservation deux minutes après le délai imparti avant le départ du train, la SNCF m'applique une pénalité de 10€ alors que si mon train arrive 29 minutes en retard, je n'ai droit à rien" explique-t-il. "Et puis les retards "imputables à la SNCF" sont de plus en plus rares" réduisant ainsi leur droit à dédommagement.

 

A bord, la solidarité entre voyageurs est palpable. Pendant le trajet, 55 minutes au total, plusieurs passagers viendront manifester leur approbation auprès des responsables de l'association. Les agents de contrôle de la SNCF se montrent tout aussi compréhensifs. De fait, le collectif de grévistes usagers insiste sur la communauté d'intérêts entre eux et les salariés de la SNCF : "ils subissent les mêmes conditions que nous" dit Michel Pottier qui veut un "vrai service public" du transport ferroviaire.

 

La SNCF n'a pas souhaité réagir officiellement. Sous couvert d'anonymat, un haut cadre de l'entreprise dit pourtant "comprendre le mécontentement des usagers" mais rappelle que ces usagers du TGV "ne sont pas les plus mal lotis" et minimise les conséquences. On reconnait également un déficit de communication sur les causes des retards, dont beaucoup serait dû, selon ce responsable, à des causes externes à la SNCF. La séquence de ces dernières semaines, où plusieurs incidents importants ont été rapportés, est ravageuse pour les personnels de l'entreprise qui se sentent dévalorisés, rapporte ce cadre. Le ras-le-bol est perceptible alors que les investissements prennent du temps à se concrétiser pour les usagers. Ce cadre, dont l'inquiétude est perceptible, ajoute que "tout n'est pas la faute à la SNCF" même si la colère des usagers du TGV, le fleuron de l'entreprise, inquiète.

 

A noter que La presse avait également été conviée par le collectif à médiatiser l'événement. Seulement voilà : La SNCF n’aime pas que les journalistes couvrent les mouvements de grogne de ses usagers. Une équipe de France 2 et un reporter de l’Express.fr n'ont donc tout simplement pas pu suivre le début du périple de ces passagers très remontés. Les agents de la communication de la SNCF accompagnés de 6 agents de la police ferroviaire leur ont en effet bloqué l’accès à la voiture bar du TGV Paris-Le Mans où était regroupé les usagers. «Ces équipes ne nous avaient pas fait parvenir leur demande d’autorisation de tournage dans les temps, explique-t-on au siège de la SNCF. Nous restons en très bon contact avec France 2, il n’y a donc pas de sujet».

 

Et de mettre également en avant des raisons de "sécurité"... Les journalistes, en tout cas, sont restés à quai.
 

 

Des abonnés de la ligne Le Mans-Paris ne présentent plus leurs titre de transports lors des contrôles à bord des trains. Ils appellent à étendre ce mouvement mardi. Du coup, La SNCF s'inquiète... et tente de censurer la presse qui voulait faire un reportage sur la grogne des usagers. Des méthodes staliennens d'une autre époque... et qui de toute façon désserve pluis la SNCF qu'autre chose, puisqu'il se trouvera toujours un voyageur pour signifier son mécontentement devant un objectif. La preuve en images ! Dommage que la SNCF ne consacre pas plus d'énergie à résoudre le problème...  plutôt qu'à essayer de le cacher.

 

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