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PASSION-TRAINS

DRAME DU PARIS-MUNICH : Un steward, la SNCF et la Deutsche Bahn jugés

13 Mars 2011 , Rédigé par dna.fr Publié dans #ACTU

logo SNCF logo DB FRANCE / ALLEMAGNE - Plus de huit ans après l’incendie du train de nuit Paris-Munich qui avait fait 12 morts en novembre 2002, la SNCF, la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn (DB) ainsi qu’un steward sont jugés à partir de demain à Nancy pour blessures et homicides involontaires.

 

L’incendie s’était déclaré peu après 1h le 6 novembre 2002 alors que le train venait de quitter la gare de Nancy. Des vêtements suspendus au-dessus d’une plaque chauffante avaient pris feu dans la cabine du steward, Volker Janz, dans le wagon-lit de la DB situé en tête du train de nuit. Paniqué, le steward avait couru prévenir ses homologues français, situés plusieurs wagons plus loin. Il avait alors verrouillé la porte reliant le compartiment aux autres voitures, enfermant les passagers. Douze d’entre eux avaient succombé et huit avaient été blessés en échappant aux flammes, notamment en brisant avec des moyens de fortune les fenêtres de sécurité.

 

Outre la responsabilité du steward, qualifiée de «considérable, tant dans la survenue que dans l’aggravation du sinistre» par le juge d’instruction, l’enquête a mis en évidence les manquements de la DB. Son wagon présentait un système de fermeture inadapté, un manque d’extincteur ou une signalisation insuffisante des marteaux brise-vitres. Notamment, les portes ne pouvaient être ouvertes de l’extérieur car elles étaient munies de crochets anti-intrusion pour empêcher l’agression des voyageurs.

 

L’avocat de la DB, M e Vincent Asselineau, a pourtant récusé l’ensemble des charges et estimé que ce système était «conforme à la loi». Egalement renvoyée devant le tribunal correctionnel, la SNCF est prévenue d’avoir fait «circuler un train ne comportant pas de moyen de communication entre les différents wagons composant le convoi et entre les wagons et la locomotive», et d’avoir laissé «circuler un wagon n’étant pas conforme aux normes de sécurité», selon l’accusation. «Des moyens de communication banals, tels que téléphone, interphone ou talkie-walkie étaient envisageables», avait noté le magistrat instructeur.

 

L’avocat de la société française, M e François Robinet, a indiqué qu’il contestait «la responsabilité pénale de la SNCF». «Le wagon incendié n’est pas celui de la SNCF, mais celui de la DB». «Est-il à la SNCF, qui a inclus ce wagon dans l’une de ses rames, de vérifier qu’il était conforme à l’UIC (International Union of Railways) ? Non, car il y a un accord qui laisse à la charge des sociétés propriétaires de vérifier cette conformité», a-t-il fait valoir.

 

Le procès doit durer deux semaines. Plusieurs victimes ont indiqué qu’elles se désisteraient de leur constitution de partie civile, après avoir conclu une transaction financière avec la SNCF. Pour l’un des avocats des parties civiles, M e David Metaxas, qui représente la fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT), «la question est de savoir si ce drame était évitable ou pas: si la réponse est oui, alors le steward, mais surtout la DB et la SNCF sont coupables».

 

Volker Janz encourt trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, alors que les deux compagnies risquent 225 000  € d’amende chacune.

 

 

Le drame à l'époque avait fait 12 morts et 8 blessés... Plus de huit ans après l’incendie du train de nuit Paris-Munich en novembre 2002, la SNCF, la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn (DB) ainsi qu’un steward sont jugés à partir de demain à Nancy pour blessures et homicides involontaires. Le stewart encourt trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, alors que les deux compagnies risquent 225 000  € d’amende chacune... à la justice de se prononcer.

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