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PASSION-TRAINS

EMPLOI : Cherche femmes désespérément aux CFF

8 Février 2011 , Rédigé par Lenouvelliste.ch Publié dans #EMPLOIS

logo-sbb.gif SUISSE - Rappelez-vous Jean Gabin dans «La bête humaine» et mettez ce souvenir au musée. Il est fini le temps où seul un homme pouvait incarner un pilote de locomotive.

 

L'électronique a remplacé le charbon et la profession s'est ouverte aux femmes. Encore timidement il est vrai, si bien que les CFF ont décidé de se donner les moyens de recruter davantage de femmes en proposant une formation à temps partiel. «Ce n'est pas un apprentissage de second choix, souligne Stephanie Kriesel, porte-parole de «login», l'organisme auquel les CFF confient la formation de leur personnel. Il durera simplement un an et demi au lieu d'un an». Les cours débuteront en août. Dans un premier temps, ils auront lieu seulement à Zurich. Les Romandes devront patienter.

 

Cette formation à temps partiel s'adresse aux détenteurs d'un CFC ou d'une maturité. Elle peut aussi être suivie par les hommes, mais ce sont les femmes qui sont le public cible principal. Pour les CFF, il ne s'agit pas seulement de mettre en pratique une politique d'égalité mais d'élargir leur champ de recrutement. Les besoins sont énormes. «En raison des départs à la retraite et de l'élargissement de l'offre ferroviaire, nous aurons besoin de 1000 mécaniciens supplémentaires au cours des dix prochaines années», indique le porte-parole des CFF, Jean-Philippe Schmidt.

 

Pour Peter Moor, du Syndicat du personnel des transports (SEV), les CFF ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes s'ils sont confrontés à de tels besoins. «Entre 1995 et 2005, ils n'ont presque pas formé de nouveaux mécaniciens en raison d'une politique de réduction des engagements. Ils ont attendu trop longtemps pour redresser la barre». Le syndicaliste applaudit cependant cette ouverture aux femmes. «La possibilité d'une formation à temps partiel est une bonne idée. Pour nous, l'important est que le niveau des exigences ne soit pas réduit». Il ne partage pas les craintes du syndicat concurrent, le Syndicat des mécaniciens de locomotives et aspirants (VSLF). Ce dernier redoute une flexibilisation des horaires au détriment du personnel en place.

 

Depuis que les CFF ont confié la formation à login, il y a une demi-douzaine d'années, diverses expériences ont été tentées en matière de recrutement. En 2006, login avait imaginé un modèle comparable à celui des pilotes d'avion formés dans des écoles privées. Les personnes aspirant à conduire une locomotive étaient invitées à payer elles-mêmes leur formation, soit un investissement de l'ordre de 50 000 francs. Un montant faramineux pour un métier dont le salaire de départ est d'environ 5500 francs suisses par mois, d'autant qu'il n'y avait pas de garantie d'emploi à la clé. L'expérience a rapidement tourné court.

 

«Pendant la période de recrutement, nous avons reçu un mandat de formation des CFF, raconte Stephanie Kriesel. Tous les candidats de la classe libre ont alors transféré leur candidature sur cette offre de cours. En définitive, aucun d'eux n'a eu à payer quoi que ce soit. Ils ont au contraire été rémunérés par les CFF pendant leur formation».  A la même époque, les CFF ont aussi testé une formation à temps partiel pour des étudiants, afin de soulager les mécaniciens circulant sur le RER zurichois. «Nous avions engagé 10 étudiants dont 4 travaillent encore pour nous parallèlement à leurs études», indique Jean-Philippe Schmidt.

 

Là aussi, l'expérience n'a pas été reconduite. «Ce n'était pas une solution durable», souligne le syndicaliste Peter Moor. «A l'époque, nous avions combattu ce projet car il était évident que les étudiants changeraient de métier après avoir obtenu leur diplôme. La situation est différente avec les femmes. Tant mieux si le temps partiel leur permet d'entrer plus facilement dans la profession».

 

 

Les CFF doivent former 1000 mécaniciens supplémentaires en dix ans. Pour séduire les femmes, ils proposent une formation à temps partiel... mouais, pourquoi pas ?

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